25th HOUR

25th HOUR
Spike Lee, 2002

LE COMMENTAIRE

Ce n’est pas faire injure à Francis Huster que de dire que sa carrière de réalisateur n’a pas vraiment décollé. Les quelques films qu’il aura dirigés n’auront jamais eu le succès escompté. En même temps, le mec prend Jean-Paul Belmondo, il lui colle un animal et il contemple ce qui se passe… c’est à dire pas grand chose! Pas de toc toc toc badaboum me voilà ! Heureusement que Spike Lee ne s’est pas arrêté à un homme et son chien.

LE PITCH

Montgomery Brogan (Edward Norton) vit sa dernière journée avant de purger une peine de sept années de prison pour trafic de drogue, dans un New York post 11 septembre.

LE RÉSUMÉ

Monty était bien parti dans la vie : sa classe préparatoire lui avait permis de rencontrer sa future clientèle, son business d’héroïne était florissant, sa copine le faisait toujours fantasmer, sa bagnole ronronnait. C’est finalement son ami Kostya qui le balancera et la justice qui le condamnera à sept années de prison. Sept années ça ne parait pas énorme comparé à toutes ces peines de prison à perpétuité qu’on voit souvent dans les films. Alors que quand on y pense, sept années à l’ombre, ça fait quand même beaucoup trop. C’est comme casser une glace. Pire encore, c’est comme un mandat de François Mitterrand.

Monty décide de passer les quelques dernières heures de liberté sous caution qui lui restent avec les rares personnes en qui il a encore confiance : Jacob Elinsky professeur de littérature (Philip Seymour Hoffman), Franck Slaugherty trader à Wall Street (Barry Pepper) et sa copine Naturelle Riviera (Rosario Dawson). Cette nuit va permettre aux uns et aux autres de devoir faire face à la réalité. L’échéance qui guette Monty force tout le monde à arrêter cette comédie qui fait qu’on pense que tout va toujours bien dans le meilleur des mondes. Ça n’est pas le cas.

À la fin de cette trop courte nuit, Monty demandera à Franck d’apporter une conclusion en lui pétant la gueule afin de ne pas faire trop envie à ses futurs co-détenus sodomites en manque de petits culs.

Son père (Brian Cox) le conduira en prison, en lui racontant qu’ils pourraient filer tout droit sur l’autoroute de l’Ouest. Monty pourrait y recommencer sa vie. Il se laisse bercer par son père et se prend à imaginer une nouvelle vie, avec une nouvelle identité. Naturelle le rejoindrait. Ils auraient des enfants, puis des petits-enfants.

Son père prendra finalement la route de la prison d’Otisville (merci papa).

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L’EXPLICATION

La 25e heure c’est la fin de la récréation.

DJ Dusk ne mixera peut-être jamais du Etienne Daho, lui qui chantait pourtant avec beaucoup de justesse qu’un soir le rideau tombe et que c’est pareil pour tout le monde.  Monty va passer ses 24 dernières heures à faire le constat douloureux de son échec. Il a chié sa vie en beauté et la fête a un goût très amer. Dur de profiter du présent quand on a gâché le passé et qu’on risque certainement de perdre son avenir. Ses amis vont tracer leur route, sa copine va refaire sa vie et son père ne sera peut être plus là à sa sortie de prison.

La 25e heure c’est aussi l’histoire d’une grande hypocrisie. La fête finale va mettre en scène la culpabilité des uns et des autres qui s’en veulent de ne pas avoir été là pour leur ami ou leur fils. James, le père, s’en veut de s’être mis à picoler à la mort de sa femme. Naturelle s’en veut d’avoir accepté les billets pour Porto Rico tout en sachant qu’ils avaient été payés avec de l’argent sale. Jacob, naïf, essaie de se convaincre qu’un petit tour en prison et puis s’en va. Enfin Franck est le premier à dire Bye Bye Monty. Il n’est cependant pas foutu de lui dire les yeux dans les yeux, malgré ses supposées grosses couilles.

C’est pourtant bien Monty qui va aller en prison. Il ne peut plus se cacher. Il a été gourmand. Combien de fois il a pensé se ranger et demander à son pote Franck de faire fructifier son pognon? Il lui en fallait toujours un peu plus. Alors qu’il insulte toutes les communautés de New York, Monty finit par se traiter lui-même de pauvre con dans la glace.

Fuck you Monty Brogan. You had it all and you threw it away you dumb fuck!

Ça ne sert à rien de remettre toujours la faute sur les autres. Dans ce monde, on ne peut s’en prendre qu’à soi même. New York va se reconstruire, sans lui. C’est le moment de retrousser ses manches et endosser les responsabilités de ses conneries. Comme le dit très justement Jacob:

You got what you earned.

Qu’il est quand même tentant le discours du père avec ses envies de far west. Quel enfoiré au passage, car s’il y a bien quelqu’un censé représenter l’autorité et la raison c’est lui. Le papa se transforme en vilain tentateur. Son discours résonne pourtant. Combien de fois on aurait préféré sécher ses heures de colle pour aller jouer au foot? La 25e heure c’est cette heure en plus dont on aimerait profiter. On voudrait qu’elle ne s’arrête pas. Ce sont les arrêts de jeu, offerts par l’arbitre comme l’espoir de pouvoir marquer un dernier but.

Bizarrement, ce sont les truands qui vont être les plus honnêtes avec Monty en l’invitant à regarder sa peine en face, comme un homme. Ces sont les plus sournois qui vont lui tenir un discours de vérité. La prison n’est pas un endroit où on veut être.

I have been in three different prisons, Montgormery. Three different countries. And you know what I learned? I learned prison is a bad place to be.

En vrai on n’a pas toujours le choix. Bienvenue dans la prison de la vie. C’est pour ça qu’il faut savoir profiter de ce qu’on a quand on l’a, sans pour autant s’en satisfaire. Au moins essayer peut-être de vivre heureux avant la mort, comme disait Desproges.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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