NEVERENDING STORY

NEVERENDING STORY
Wolfgang Petersen, 1984

LE COMMENTAIRE

Les jeunes ne lisent plus, c’est une réalité. En 2000, ils étaient 70% à déclarer aimer lire. 10 ans plus tard ils n’étaient déjà plus que 60%. Et ça continue de dégringoler. À l’aube de 2016 à peine plus de la moitié des jeunes seulement lit au moins une fois par semaine. Et ils sont déjà 14% à ne plus lire du tout! Tout le travail pédagogique de Dany Boon n’aura servi à rien, lui qui n’avait de cesse de répéter il faut lire!  En plus il s’agissait de lecture légère, mais la jeune génération n’en a rien à faire. Des jours sombres s’annoncent…

LE PITCH

Le jeune Bastien (Barret Oliver) se plonge dans la lecture d’un livre interdit : L’Histoire Sans Fin.

LE RÉSUMÉ

Alors qu’il est poursuivi par une bande de petits merdeux qui cherchent à le mettre dans une benne à ordures, Bastien réussit à se réfugier dans une bibliothèque. Un livre dont la couverture est ornée de deux serpents se mordant la queue retient son attention. Le bibliothécaire le met en garde contre ce livre supposé dangereux. Bastien qui n’en fait qu’à sa tête vole le livre et se cache discrètement dans le grenier de son école pour pouvoir le lire.

Très vite il est happé par l’histoire d’un jeune garçon Atreyu (Noah Hathaway) dont la mission est de venir en aide à une princesse et de sauver Fantasia, un monde fantastique qui se désagrège petit à petit. Chevauchant Falkor, son dragon, Atreyu est poursuivi par Gmork, un loup sanguinaire à la solde du néant. Le jeune guerrier va devoir passer de nombreuses épreuves, soutenu par Bastien avec lequel il commence à interagir comme par magie. Atreyu parvient au Royaume et retrouve la princesse mais il est déjà trop tard. Fantasia est en ruines.

La mission n’est cependant pas un échec total car la princesse se servait simplement d’Atreyu pour qu’il établisse un lien avec Bastien. Le monde peut renaître grâce à lui. Il va imaginer un nouveau Fantasia (pas celui de Disney), tout en se vengeant au passage des trois tocards qui voulaient le mettre dans les poubelles.

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L’EXPLICATION

Neverending Story c’est l’importance de l’imaginaire.

Le monde disparaît mais peut renaître du jour au lendemain grâce à l’imagination d’un petit garçon (pas d’une petite fille). Pour cela, il faut qu’il se permette de le faire, ce qui n’est pas gagné a priori.

Why don’t you do what you dream?

But I can’t. I need to keep my feet on the ground!

Garder les pieds sur terre… N’oublions pas que Neverending Story est basé sur un roman de Michael Ende et qu’il s’agit donc avant tout d’une histoire très allemande. Outre-Rhin on connaît l’importance de la discipline. On sent encore le poids de la double défaite de 18 et de 45 qui a coupé les ailes de l’aigle germanique. Là-bas on incite très tôt les petits monstres à ne pas faire n’importe quoi. C’est peut-être pour ça que la Mannschaft est si bien organisée aujourd’hui ou qu’on peut faire  une confiance quasi-aveugle en l’automobile allemande (cf les petits farceurs de chez Volkswagen). Alors que si on laisse l’esthétique des voitures aux loufoqueries des designers espagnols, ça fait des Seat et personne ne veut les conduire en dehors de Madrid. Faut pas oublier que l’Espagne c’est le pays de Desigual.

À travers Atreyu, Bastien va devoir passer toutes les épreuves de la vie qui vont faire de lui un homme-mon-fils :

Il va d’abord devoir se défaire des marécages de la dépression, accepter que la sale gueule qu’il voit dans le miroir est la sienne puis enfin passer son premier entretien d’embauche sous les yeux des deux recruteurs en leur prouvant qu’il peut avoir suffisamment confiance en sa propre connerie pour rejoindre le monde palpitant de l’entreprise. Il va devoir passer toutes ces épreuves sans pour autant perdre sa fantaisie et son sens de l’imagination.

Cette imagination ne se trouve pas forcément dans les jeux vidéos.

The video arcade is down the street. Here we just sell small rectangular objects. They’re called books. They require a little effort on your part, and make no bee-bee-bee-bee-beeps.

Il y a dans Neverending Story un questionnement sur la nature du divertissement. C’est l’industrie du livre allemande face à l’empire des jeux vidéos japonais. Le néant était sponsorisé par Nintendo et Sega. Il pourrait l’être par Pixar aujourd’hui. Le débat est ouvert. Certains penseront que les jeux immersifs et les films d’animation sapent tout le travail de projection que les enfants pouvaient encore faire à l’époque où le graphisme des jeux vidéos et dessins animés laissaient encore la place à l’imagination. D’autres voix s’élèveront au contraire pour défendre ces nouvelles technologies qui sont autant de nouveaux ponts pour emmener l’imaginaire encore plus loin. Encore une fois la verité doit se trouver quelque part au milieu. Car si les animations stimulent, il ne faut pas pour autant négliger la capacité de l’esprit à penser l’impossible à partir de presque rien. Les vrais créatifs n’ont besoin que d’un simple grain de sable pour exprimer leur talent. Les vrais créatifs ne coûtent pas cher!

Le message de Neverending Story c’est aussi que pour sauver le monde, il faut se bouger le cul.

If you want to save the world, you must hurry!

Et ça n’est clairement pas la génération d’obèses qui va y arriver, même si a priori c’est pas non plus en lisant des livres qu’on brûle des calories. Il apparaît néanmoins nécessaire de passer par la salle de gym avant d’aller à la bibliothèque.

Neverending Story c’est aussi la victoire revancharde des bons élèves qui se cachent des autres dans les bibliothèques et qui profitent d’avoir un moment de libre pour se planquer dans le grenier de leur école. Alors qu’il a réussi, Bastien n’oublie pas de faire passer un sale quart d’heure à ses tortionnaires. La vengeance est un plat qui se mange froid. Ça tombe bien, Bastien a déjà abandonné ses pauses-dej pour des sandwichs. Il y a tout un monde à inventer mais certaines personnes ne seront pas invitées.

Neverending Story incite enfin les jeunes à cultiver leur goût pour l’interdit. Qu’ils continuent à n’en faire qu’à leur tête. On regrettera simplement que la jeune génération privilégie aujourd’hui des heures de visionnage de YouPorn à la lecture saine du Kamasutra. Ça c’est encore une autre histoire sans fin.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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