THE JUNGLE BOOK

THE JUNGLE BOOK
Jon Favreau, 2016

LE COMMENTAIRE

Quoi de plus beau que l’amour innocent entre un petit garçon et un gros chat? Voilà une image comme on aimerait en voir plus souvent sur les terrains de football. Il faut toute l’audace d’un enfant pour aller au delà de la peur de l’autre et établir enfin le contact avec le monde sauvage. Il faut aussi beaucoup d’amour. C’est ce que Marie-Ange Nardi n’avait pas réussi à donner à Francky.

LE PITCH

Sous la menace de Shere Kan (Idris Elba), Mowgli (Neel Sethi) décide de retourner au village des hommes, escorté par Bagheera (Ben Kingsley).

LE RÉSUMÉ

Les animaux de la jungle observent une trêve due à la canicule. Ils viennent tous se rafraîchir au même point d’eau. Le redouté Shere Kan découvre que les loups protègent un petit garçon, ce qui est contraire aux règles.

Well, let me remind you. A man-cub becomes a man, and man is forbidden!

Il menace ouvertement Mowgli et tous ceux qui essaieraient de le couvrir. Personne ne veut d’ennuis avec Shere Kan. Conscient du bordel qu’il est en train de causer, Mowgli décide de quitter ses amis pour retourner au village des hommes. Bagheera l’accompagne.

Furieux d’apprendre que Mowgli s’est enfui, Shere Kan tue Akela (Giancarlo Esposito) et prend la tête du clan des loups.

En chemin, Mowgli est hypnotisé par Kaa (Scarlett Johansson) mais Baloo (Bill Murray) lui sauve la vie in-extremis. Pour le remercier, Mowgli fait preuve d’astuces pour lui fournir du miel à Baloo. Tous les deux se la coulent douce jusqu’à ce que les singes kidnappent Mowglie pour l’emmener vers Kig Louie (Christopher Walken), un orang-outan géant. Ce dernier exige que Mowgli lui procure le feu, ce qui lui permettrait de devenir le maître absolu de la jungle. Il lui apprend également que Shere Kan a tué son père biologique ainsi que son père d’adoption.

Encore une fois Bagheera et Baloo sont là pour venir en aide à Mowgli et le sortir de ce mauvais pas.

Mowgli en a gros sur la patate. Une fois arrivé au village des hommes, il vole une torche puis retourne dans la jungle se venger de Shere Kan. En chemin, il laisse malheureusement quelques braises enflammer toute la jungle. Au cours d’une bataille intense, il viendra finalement à bout de Shere Kan.

Les éléphants se chargeront de détourner le fleuve pour éteindre l’incendie.

Puisqu’il a débarrassé les animaux de la jungle de Shere Kan, Mowgli est autorisé à rester en compagnie des ses amis Bagheera et Baloo.

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L’EXPLICATION

Le Livre de la Jungle, c’est chacun chez soi.

Si l’homme est un animal, il est un animal politique et la comparaison s’arrête là. Kant s’est donné bien du mal pour expliquer que les décisions prises par l’homme sont basées sur la raison et pas que sur l’instinct. L’homme n’est pas un animal. C’est comme ça. Nous vivons en société. On se dit bonjour dans la rue et on paie nos impôts. Ceux qui n’y arrivent pas sont exclus de cette société et mis derrière des barreaux en prison (sauf les plus riches). L’homme et l’animal, ça fait partie des plus vieilles partitions fondamentales du monde.

Il y a bien eu Manimal qui fut le seul à réussir une fusion délicate entre le monde humain et sauvage. D’habitude ça foire. Dans Jurassic Park ça ne fonctionne pas. Et ça n’a pas marché non plus pour Seth Brundle dans La Mouche.

Le Livre de la Jungle donne un petit coup de frais à Aristote d’abord puisque les animaux font preuve d’une diplomatie étonnante, en observant des trêves et en se réunissant en conseils. Le Livre de la Jungle met également Kant à l’amende : un homme ne se définit que par l’éducation qu’il a reçue, éducation qui ne peut être délivrée que par des hommes. Sauf que Mowgli a été élevé par des animaux. Il s’agit donc là d’un regard nouveau sur le monde animal, où nos conventions sont bousculées.

Jungle Book fait le pari d’un monde dans lequel nous pourrions tous vivre en harmonie. Car la jungle est à l’image de la vie, sauvage. On a tous notre nature. Certains sont plutôt des loups, d’autres plutôt des éléphants, et d’autres des singes. Et ça n’a rien à voir avec la couleur de peau, au grand dam d’Anne-Sophie Leclère.

Force est constater cependant qu’aujourd’hui on est encore très loin de ce rêve. En 2016, l’homme essaie toujours de dépasser le concept de race alors que la femme s’est mangée le mur (cf Nadine Morano). Au delà des questions raciales épineuses, les hommes et les femmes se disputent encore sur des questions vitales comme le montant de leurs salaires ou leur visibilité sur le grand écran. On considère les migrants comme un troupeau de cafards. Et puis tout simplement on n’est pas encore au clair avec nos amis les animaux (sauvages comme les tigres), notamment les Chinois.

Ce rêve est donc utopique. Shere Kan passe pour un gros connard. Accordons lui néanmoins le fait que les premiers à avoir brisé la règle, ce sont les loups. Shere Kan c’est un tigre et les tigres étaient encore en voie d’extinction il y a peu de temps. Il y a cinq fois plus de cadres à la Défense que de tigres dans le monde. Shere Kan connaît donc très bien la menace que représente l’homme puisqu’il s’est pris une torche dans le museau par le père de Mowgli.

Does my face not remind you of what grown man can do?

Alors évidemment on pourra toujours débattre du fait qu’il n’avait rien à faire dans cette grotte. Et qu’est-ce que le père de Mowgli faisait dans cette grotte d’abord? C’est un peu la même histoires que les requins qui chatouillent les planches des surfeurs. On oublie parfois que nous ne sommes que colocataires sur cette planète.

On croit que Shere Kan ne cherche qu’à faire régner la terreur alors que son but ultime est surtout de préserver le monde animal de la folie des hommes. Tout le monde se réjouit de voir Shere Kan sombrer dans les flammes du feu que Mowgli a déclenché par négligence. Personne ne s’inquiète du fait que Mowgli est responsable de la disparition de la forêt amazonienne.

Shere Kan montre les limites de la démocratie. Il est le dictateur nécessaire. Car une fois le dictateur tombé, tout le monde a l’illusion d’être libre et heureux sans savoir qu’un jour Mowgli va finir par foutre tout le monde dans un zoo. Et si Mowgli était un enfoiré?

Ce même Mowgli refuse de quitter le cocon familial. Il résiste et préfère passer son temps à s’amuser avec son copain Baloo qu’il n’hésitera pas à transformer en tapis de salon. Le Livre de la Jungle c’est l’intention de ne jamais vouloir grandir. Mowgli c’est Tangy. Et le problème avec les petits merdeux qui ne grandissent pas c’est qu’ils finissent par déconner. On a vu ce que ça a donné avec Michael Jackson. On a bien dansé le moonwalk. N’oublions pas comment l’histoire s’est terminée.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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