BEVERLY HILLS COP

BEVERLY HILLS COP
Martin Brest, 1984

LE COMMENTAIRE

En ces temps sombres d’attentats, on a plus que jamais besoin que les forces de l’ordre soient crédibles. Parce que le flic rassure. Un poulet qui pointe son arme sur quelqu’un en souriant ne donne pas de grosses garanties. C’est pourquoi Henri Guaino voudrait que les flics portent des lance-roquettes.  C’est malheureux. Quel code impose aux flic d’être armés jusqu’aux dents? Dents qu’ils n’ont même pas le droit de montrer puisqu’ils doivent prendre un air grave quand ils sont en service. C’est comme si aujourd’hui les flics n’avaient plus le droit d’être heureux de faire leur travail!

LE PITCH

Le détective Axel Foley (Eddie Murphy) se rend à Beverly Hills pour retrouver les assassins de son pote Mike Tandino (James Russo).

LE RÉSUMÉ

À Détroit, Axel Foley est un électron libre. Son patron l’inspecteur Todd (Gilbert R. Hill) menace de le virer s’il continue ses conneries.

One more time and you’re out on the street. Do you understand me?

Axel retrouve Mikey Tandino, son copain d’enfance. Ce dernier se fait abattre le soir-même. Todd refuse que Foley soit chargé de l’enquête. Il décide de partir se mettre au vert à Beverly Hills, où travaillait son ami.

En Californie, Foley rend d’abord visite à sa copine Jenny Summers (Lisa Eilbacher) puis remonte assez rapidement jusqu’à Victor Maitland (Steven Berkoff), le patron de Jenny qui se trouve également être l’ancien employeur de Mikey. Visiblement agacé par les questions de Foley, Maitland le fait virer comme un malpropre.

Foley doit s’expliquer auprès du Lieutenant Bogomil (Ronny Cox) qui décide de lui coller une filature. L’inspecteur Rosewood (Judge Reinhold) et le sergent Taggart (John Ashton) peinent à suivre. Foley continue donc son investigation et découvre que Maitland, en plus d’être un collectionneur d’art, est également un trafiquant en tout genre (devises, cocaïne, etc.). Il comprend surtout qu’il est responsable de la mort de son copain Mikey.

Malgré toute la bonne volonté de Bogomil, Foley est obligé d’agir à sa façon pour pouvoir coincer Maitland. Ses techniques peu orthodoxes ne sont pas du goût du chef de la police Hubbard (Stephen Elliott) qui ordonne de faire escorter Foley en dehors des limites de la ville.

Tenace, Foley convainc Rosewood du bien-fondé de son entreprise. Il prend tous les risques en s’introduisant dans l’entrepôt de Maitland, grâce à l’aide de Jenny. Tous les deux finissent par se faire attraper. Jenny est kidnappée, Foley tabassé avant d’être libéré par Rosewood qui menait la garde. Taggart leur prêtera main forte alors qu’il se rendent chez Maitland pour libérer Jenny.

Au terme d’une fusillade digne des meilleurs jeux de shoot them up, Foley et Bogomil viennent à bout de Maitland. Le chef Hubbard demande des explications. Bogomil d’ordinaire si incorruptible montera une histoire de toute pièce pour sauver les fesses de tout le monde, les siennes y comprises. Il fera également une recommandation auprès de Todd pour que Foley puisse réintégrer la police de Détroit.

Rosewood et Taggart sont chargés de s’assurer que Foley s’en aille. Tous les trois iront prendre un dernier verre comme de vieux copains.

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L’EXPLICATION

Le Flic de Beverly Hills c’est le mélange des genres.

Le flic qui bosse en sous-marin à Détroit s’immerge dans les eaux claires de Beverly Hills. Lorsqu’il arrive sur Rodeo Drive, Axel se croit presque à Disneyland. Tout est beau et propre. Ça le change du Michigan.

This is the cleanest and nicest police car I’ve ever been in in my life.

Si Détroit n’était pas encore aussi sinistrée qu’aujourd’hui, le contraste avec Beverly Hills était pourtant déjà  saisissant à l’époque, ce qui rappelle à quel point le fossé continue de se creuser. Car depuis les usines automobiles ont fermé et les trottoirs de Beverly Hills ne sont pas beaucoup plus sales aujourd’hui qu’il y a trente ans. Ces deux mondes n’ont donc absolument rien à voir. Axel est un feu follet en baskets. Rosewood et Taggart sont des bons élèves en costume.

Cette rencontre va créer des tensions qui vont permettre un questionnement de l’autorité. Axel provoque. Il pousse Taggart à commettre une erreur qui peut le conduire au licenciement. Axel le sait. Il a aussi sa déontologie. Il ne va pas balancer sur un collègue. Il est la preuve qu’on peut parfois faire des entorses à la règle pour le bien de tous. Des fois, les coups de poing dans le bide ça arrive. Il faut savoir en donner et en encaisser, avec modération.

Car tout est une histoire de modération, qu’on aime Nicolas Hulot ou pas. Le vrai problème c’est précisément que Détroit et Beverly Hills sont extrêmes dans le bordel ou dans le rangement. À trop vouloir respecter la loi, les flics finissent par s’empêcher eux-mêmes de la faire respecter. La vérité se situe donc quelque part au milieu (dans le Kansas).

Cette rencontre permet de confronter les normes sociales et faire émerger un certain conservatisme qu’on pourrait facilement taxer de racisme. N’occultons par la dimension ethnique du Flic de Beverly Hills dans lequel un noir débarque dans une ville de blancs. D’autres tensions surgissent nécessairement.

I was gonna call the article « Michael Jackson Is Sitting On Top of the World, » but now I think I might as well just call it « Michael Jackson Can Sit On Top of the World Just As Long As He Doesn’t Sit in the Beverly Palm Hotel ‘Cause There’s No Niggers Allowed in There! »

Axel Foley subit la ségrégation jusque dans sa propre famille puisqu’il est le flic d’une police qui tire sur des gens qui lui ressemblent. Force est de constater qu’il ne reçoit pas le même traitement quand il est en civil. Il fait tâche.

Disturbing the peace? I got thrown out of a window!

On comprend vite que tout est une question de point de vue et que tout est sujet à interprétation. Mieux vaut ne pas se retrouver du mauvais côté de la barrière avec la mauvaise couleur de peau, la mauvaise religion ou le mauvais prénom. Ça fait beaucoup de choses quand on rajoute la sale gueule. C’était le cas en 1984. Ça l’est toujours en 2016.

Cette rencontre a pourtant du bon car elle bouscule les préjugés, donnant lieux à de belles histoires. Grâce à Axel, Bogomil découvre que certains mensonges donnent accès à des promotions. Grâce à Axel, Rosewood prend confiance en lui. Grâce à Axel, Taggart se décoince.

Encore que l’on peut se demander ce que Beverly Hills aura apporté à Axel en retour. Il s’agit presque là d’une intervention unilatérale. Axel est un bénévole. Ça ressemble encore à une sombre histoire d’esclavage tout ça. Axel se marre et fait des blagues, mais il se fait exploiter. Il n’y gagne qu’un billet retour pour Détroit.

Notons que si cette rencontre finit sur une bonne note, c’est parce que toutes les meilleures choses ont une fin. Chacun chez soi. N’oublions pas que cette belle rencontre a été favorisée par l’absence de frontières. Rappelons-nous en au moment où les Anglais se cachent derrière leur Manche et que Trump parle de construire des murs.

Notons enfin que tout ça est rendu possible par le bing bang, en l’occurrence la mort du copain d’Axel. À chaque chose malheur est bon. Foley n’aurait pas pu rencontrer Rosewood et Taggart si Mikey Tandino s’était fait une tendinite.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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