LONDON HAS FALLEN

LONDON HAS FALLEN
Babak Najafi, 2016

LE COMMENTAIRE

Paris a été outragé, brisé, martyrisé mais a fini libéré. Depuis Paris a le blues, surtout depuis les attentats. De l’autre côté de la Manche, ça a longtemps été la folie à London. On a loué la City pour sa modernité. Les JO de 2012 ont permis à la capitale britannique de montrer au monde qu’elle était toujours dans le coup. C’était avant le Brexit. Aujourd’hui les Anglais peuvent légitimement s’attendre au pire.

LE PITCH

Le Président Américain Benjamin Asher (Aaron Eckhart) doit se rendre à Londres en compagnie de son garde du corps attitré Mike Banning (Gerard Butler)

L’HISTOIRE

Depuis sa base du Nevada, la US Air Force dégomme une à une les figures du terrorisme international à l’aide de ses drones. Le marchant d’armes Pakistanais Aamir Barkawi (Alon Moni Aboutboul) est le prochain nom sur la liste. Un missile s’abat sur sa propriété le jour du mariage de sa fille.

2 ans plus tard, à la suite d’une crise cardiaque soudaine du Premier Ministre Britannique, les chefs d’état du monde entier sont conviés à Londres pour les funérailles. Cela laisse très peu de temps au président Asher pour se préparer. Il ne peut se soustraire au protocole, au grand dam de son responsable de la sécurité Mike Banning, qui était sur le point de claquer sa démission pour mieux mener sa future vie de papa.

Une fois à Londres, la délégation américaine se retrouve prise au piège des terroristes qui ont infiltré les forces de police. Ils abattent tous les chefs d’état présents pour l’occasion. Le président Français, Japonais, la chancelière Allemande et le président du Conseil Italien… passent tous à la moulinette. Sauf Asher qui parvient à s’enfuir grâce à l’aide de Banning.

Dans un Londres transformé en territoire ennemi, Banning essaie tant bien que mal de conduire Asher dans un refuge du MI5 où les deux hommes seront en sécurité. Au cours de cette chasse effrénée, Banning va malheureusement voir Asher se faire capturer par les terroristes, bien décidés à le décapiter en live sur YouTube devant des millions de personnes.

Le vice président Trumbull (Morgan Freeman) découvre qu’Aamir Barkawi n’est pas mort (à la différence de sa fille) et qu’il est à la tête de ce complot. Il a fait assassiner le Premier Ministre Britannique et fomenté toute cette histoire de funérailles uniquement dans l’unique but d’attirer le président américain dans ses filets et prendre sa revanche (crise cardiaque mon cul). Aamir Barkawi savoure et ne se prive pas de chambrer l’État Major Américain.

De son côté, Banning ne rigole pas. Et surtout il n’abdique pas.

There’s more than 100 terrorists in there!

Yeah? Well, they should’ve brought more men.

En compagnie des SAS, il pénètre le bunker dans lequel Asher est fait prisonnier. Il fait usage de toute sa technique pour venir à bout des ennemis et délivrer son Président.

How many times have you saved this man’s ass?

Barkawi promet une guerre éternelle et sans merci aux États-Unis. Trumbull est trop content de pouvoir lui dire de regarder par la fenêtre.

You think this war, this war that you started, you think it’s over? I’ll dedicate my life to your death. This war will not end.

Maybe you should look out your window.

Cette fois-ci le missile ne va pas rater sa cible.

Deux semaines après l’attaque de Londres, la ville est en reconstruction. Banning est devenu papa. Il écoute avec attention le discours de Trumbull.

To those who threaten our freedom: America will rise up. And make no mistake; we will find you, and we will destroy you.

Revigoré, il décide d’effacer sa lettre de démission une bonne fois pour toute.

L’EXPLICATION

La chute de Londres, ce sont les classiques revisités.

Captain America fait peau neuve. Il a changé de visage et de nom. Il s’appelle dorénavant Mike Banning, une sorte de GI Joe des temps modernes, en costume cravate et avec une oreillette.

L’URSS occupait jadis le rôle du méchant. Aujourd’hui, la Russie ne peut pas encore prendre officiellement la relève (même si le Président russe n’est pas invité aux funérailles, clin d’œil). La Corée du Nord n’a pas l’étoffe. Les terroristes sont donc parfaits en méchants invisibles et capables de frapper n’importe où. Et dans l’imaginaire collectif, le Moyen-Orient est remplis de barbus qui ne pensent qu’à faire sauter des bombes.

Ces vilains barbus sont gourmands et c’est bien là leur faiblesse. Ils perdent toujours du temps à palabrer au lieu de faire preuve d’efficacité.  Après avoir capturé le président, pourquoi vouloir lui trancher la gorger en live sur internet plutôt que de lui tirer une balle dans la tête? Les terroristes sont des romantiques, obsédés par la manière comme les Brésiliens sont passionnés par le beau jeu. Ces terroristes sont partout. Et ils ont aussi pour eux de renaître de leurs cendres comme le phénix. Quand y’en a plus, y’en a encore! Donc méfiance.

Aux grands maux les grands remèdes! Face à cette menace d’un nouveau genre, les circonstances exigent un nouveau genre de héros. Il s’agit du garde du corps, ou plutôt de l’ange gardien. Car Banning n’est pas qu’au service de Asher, il est aussi son ami. La sphère professionnelle et personnelle n’en finissent plus de s’entremêler. Banning est l’homme de la situation. Il est un prolongement de Mitch Buchannon. Il est le mec dont on a absolument besoin quand on est en danger, sinon on est foutu. Il est d’un réalisme à faire peur.

What if you don’t come back?

You’re fucked.

Banning est un soldat. Il n’abandonne pas. Au plus fort de la tempête il ne baisse pas les bras. À l’heure où les jeunes ne pensent qu’à changer de job et prendre leur augmentation, Banning rappelle l’importance des fondamentaux: faire son devoir avant tout et servir son pays (surtout quand le pays est gouverné par un de ses potes).

La chute de Londres est également à mettre en parallèle de la victoire écrasante de Washington. Les tours jumelles sont tombées. C’est au tour de l’Europe de brûler. Les gouvernements européens sont gangrenés par la canaille terroriste et totalement incapables de faire face à la menace. Un homme seul triomphe là où tout Scotland Yard échoue. C’est l’impérialisme Américain à son meilleur:

You know what you assholes don’t get? We’re not a fucking building! We’re not a fucking flag! We’re not just one man! Assholes like you have been trying to kill us for a long fucking time. But you know what? A thousand years from now, we’ll still fucking be here!

Hitler voulait un Reich qui durerait mille ans. Banning est plus ambitieux encore. Il veut croire en un empire qui ne disparaîtra jamais. Il mélange tous les ennemis de la nation: Des terroristes aux Nazis, en passant par le Viêt-Công, les Soviétiques, les Britanniques eux-mêmes (quel beau pied de nez) et les Indiens pendant qu’on y est… tous ceux qui se sont acharnés sur le mur américain et qui s’y sont cassés les dents. Ça donne de quoi refroidir les Mexicains.

Les classiques sont revisités, dans une certaine limite. Le Président et son garde du corps sont très WASP. Les États-Unis restent un pays de cow-boys, impénétrable et indestructible. On comprend mieux pourquoi ça se passe comme ça chez McDonald’s, pourquoi les ricains gagnent le plus de médailles aux JO, pourquoi les extra-terrestres atterrissent toujours dans leurs déserts plutôt que dans nos campagnes et pourquoi ce sont eux qui tuent le requin blanc à la fin du film.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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