THE ASSASSINATION OF JESSE JAMES…

THE ASSASSINATION OF JESSE JAMES
BY THE COWARD ROBERT FORD

Andrew Dominik, 2007

LE COMMENTAIRE

Fut un temps le chemin de fer faisait rêver. On voulait céder à l’appel du rail et suivre cette voie qui nous poussait au train. Les gares étaient de véritables postes frontières. Les locomotives faisaient du bruit et crachaient de la fumée. 200km/heure c’était bien assez rapide. Et surtout les cheminots de l’époque c’était autre chose que les contrôleurs de la SNCF aujourd’hui. Ils avaient le swag – à défaut d’avoir le DEUG.

LE PITCH

Le redouté Jesse James (Brad Pitt) prend le jeune Robert Ford (Casey Affleck) sous son aile.

L’HISTOIRE

1881, Bob Ford essaie de copier son frère Charley (Sam Rockwell) en se faisant une place parmi les grands. Surtout il rêve de travailler au côté de Jesse James, la terreur du grand banditisme. Il a hâte de faire ses preuves.

I was hoping if I ran into you aside from those peckerwoods, I was hoping I could show you how special I am.

Bob participe à son premier braquage dans le Missouri. Le plan est foireux. Le train ne transporte en réalité que la moitié de la somme escomptée.

À la suite de quoi, Frank James (Sam Shepard) annonce que les frères James se rangent. Et Jesse s’en retourne à Kansas City en compagnie des frères Ford, Dick Liddil (Paul Schneider) et son cousin Wood Hite (Jeremy Renner) qu’il renvoie tous à l’exception de Bob.

Quelques temps plus tard, Liddil complote avec Jim Cummins pour livrer Jesse aux autorités et toucher une récompense. Jesse rend visite à un autre membre du gang, Ed Miller (Garrett Dillahunt), et découvre inopinément ce qui se trame. Il fume Ed Miller et se met à la recherche de Liddil.

Liddil essaie de convaincre Hite. Celui-ci est loyal envers Jesse. Il le paiera d’une balle dans la tête tirée par… Bob qui joue un double-jeu.  S’il semble faire allégeance au clan James en donnant Liddil à la police, Bob promet également de donner Jesse James mort ou vif aux autorités sous 10 jours, avec l’aide de son frère Charley.

It’s going to happen one way or another. It’s going to happen, Charley, and it might as well be us who get rich on it.

Bob, he’s our friend.

He murdered Ed Miller. He’s going to murder Liddil and Cummins if the chance ever comes. Seems to me Jesse’s riding from man to man, saying goodbye to the gang. Your friendship could put you under the pansies.

Charley et Bob retrouvent Jesse à St Joseph où ils planifient ensemble l’attaque de la banque de Platte City. Le matin du 3 avril 1882, Jesse lit les aveux de Liddil dans le journal. Il sait ce qui l’attend. Il se lève dans le salon et enlève son ceinturon. Bob s’approche de lui et le tue d’une balle dans le dos.

Bob et Charley envoient aussitôt un télégramme pour annoncer la mort du truand. Sur la récompense promise de 10,000 dollars, ils n’en toucheront que 500 chacun.

Les Ford deviennent néanmoins des célébrités et font des shows à New York.

Charley reste rongé par le remord écrira une lettre d’excuse à Zee James, la cousine de Jesse, pour la supplier de le pardonner, avant de se suicider.

Bob est moqué pour son manque d’honneur et finit par se faire abattre dans un saloon par un dénommé Edward O’Keeley – qui sera finalement innocenté par le gouverneur du Colorado en 1902.

L’EXPLICATION

L’assassinat de Jesse James c’est l’élève qui tue le maître.

Et ce faisant, il va beaucoup trop loin. Il est condamné à errer comme une âme en peine, comme tous ceux qui ont réalisé leur rêve. Car Jesse James est indéniablement l’idole de Bob Ford.

Can’t figure it out: do you want to be like me or do you want to BE me?

Il faut d’abord comprendre Robert Ford: un petit garçon chétif à la voix hésitante, bourré de complexes et qui vit dans l’ombre. Il est ce qu’on appelle communément un nobode.

I’ve been a nobody all my life. I was the baby; I was the one they made promises to that they never kept. And ever since I can recall it, Jesse James has been as big as a tree. I’m prepared for this, Jim. And I’m going to accomplish it. I know I won’t get but this one opportunity and you can bet your life I’m not going to spoil it.

Il ronge son frein. Personne ne le prend au sérieux. Ça ne l’empêche pas de nourrir de grandes ambitions. Jesse est son modèle. Il veut faire aussi bien, voire mieux.

I honestly believe I’m destined for great things, Mr. James. I’ve got qualities that don’t come shining through right at the outset, but give me a chance and I’ll get the job done- I can guarantee you that.

Le problème de Bob Ford c’est qu’il n’est pas motivé par les bonnes raisons. Tout ce qu’il veut c’est la reconnaissance et la célébrité. Il n’a aucun fond. Si abattre Jesse James peut lui apporter la gloire alors il n’hésitera pas à tirer sur la gâchette. Il est un nain qui cherche à se hisser sur les épaules de géants.

It’s going to happen one way or another. It’s going to happen, Charley, and it might as well be us who get rich on it.

Bob Ford s’emballe. À mesure qu’il se rapproche de son maître, il finit par oublier les fondamentaux, comme le respect des aînés. Obsédé par sa propre ascension, il se laisse moins impressionner par Jesse.

He’s just a human being.

Il se trompe pourtant. Jesse n’est pas qu’un homme, il est une légende vivante, capable de glacer le sang de n’importe quel autre par un simple regard. Il est craint mais aussi respecté par tout le monde. Quand Bob Ford tue Jesse, il pense décrocher la gloire mais il ne va récolter que le mépris. Parce que Bob Ford a non seulement fait chuter un monument, il l’a fait sans respecter les règles du jeu. Personne n’aime les tricheurs (cf Lance Armstrong). Partout où il passe, Bob Ford réalise qu’il n’est en fait qu’une petite crotte.

You’re not so special, Mr. Ford. You’re just like any other tyro who’s prinked himself up for an escapade, hoping to be a gunslinger like them nickel books are about. You may as well quench your mind of it, because you don’t have the ingredients, son.

Pour un Jesse James, on compte des milliers de Bob Ford. Il s’agit donc d’une leçon pour tous ceux qui voient dans la télé réalité un tremplin pouvant les sortir de leur condition de microbe. La popularité sans talent ne vaut rien. Tous ces opportunistes feraient donc mieux de se mettre au boulot et mériter la scène plutôt que de vouloir y monter coûte que coûte pour 5min. Il y a des Jean-Pascal. Et il y a des Johnny Hallyday.

LE TRAILER

 

Cette explication n’engage que son auteur.

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