28 WEEKS LATER

28 WEEKS LATER
Juan Carlos Fresnadillo, 2007

LE COMMENTAIRE

Dans les années 2000, les footballeurs français sont devenus champions d’Europe, deux ans après leur titre mondial. Ils ont enchainé. Ils ont remis les couverts. Ils ont remis ça. Ne jamais en avoir assez, c’est un état d’esprit encouragé par le marketing qui rêve d’un consommateur qui achète un produit, puis l’achète à nouveau sans pouvoir s’arrêter. Une grande marque agroalimentaire française s’est donc empressée de surfer sur le succès des footballers en reprenant ce slogan à son compte dans une publicité qui aurait du être retirée des antennes tant elle poussait à la consommation. Car tout le monde n’aime pas forcément qu’on remette ça, qu’il s’agisse de yaourts… ou de zombies.

LE PITCH

Après avoir abusé des zombies, Londres a la gueule de bois.

LE RÉSUMÉ

Alice (Catherine McCormack) et Don (Robert Carlyle) tentent de survivre aux zombies, planqué avec quatre autres personnes dans une cabane aux abords de Londres. Les zombies finissent par retrouver leur trace. Don abandonne sa femme et s’enfuit.

28 semaines plus tard, les infectés sont morts de faim. Les forces de l’OTAN lèvent la quarantaine et repeuplent Londres, quartier après quartier.

Welcome back to Britain.

Don retrouve ses enfants Tammy (Imogen Poots) et Andy (Mackintosh Muggleton) qui étaient à l’étranger pendant la catastrophe. Il leur annonce que leur mère est morte.

La famille essaie de se reconstruire.

We’re not going to be able to go back to your old house. It’s outside the security zone, and anyway, I don’t think I’d want to go back there, even if I could.

Pas impressionnés par le danger et soucieux de récupérer des photos de famille pour garder un souvenir de leur mère, Andy et Tammy retournent dans leur ancienne maison qui se trouve pourtant en secteur interdit. Ils y retrouvent Alice que tout le monde croyait morte et qui a miraculeusement survécu, malgré les morsures des zombies. Alice est porteuse du virus sans l’avoir déclaré.

Le malaise est palpable.

You said you saw mum die!

Don doit bien admettre qu’il a lâchement abandonné sa femme. Il cherche à la voir, alors qu’elle est en observation. Rongé par les remords, il lui demande pardon et l’embrasse. L’échange de salive lui sera fatal. Alice l’infecte malgré elle. Don la dévore dans la foulée puis s’échappe et sème la panique parmi les rescapés.

La situation échappe aux militaires qui tirent dans le tas.

Abandon selective targeting. Shoot everything. Targets are now free. We’ve lost control.

Doyle (Jeremy Renner), sniper de métier, n’est pas un mass murderer. Il abandonne son poste pour venir en aide à Tammy et Andy, protégés par Scarlet (Rose Byrne), une membre du personnel médical.

Le code rouge est décrété. La zone va être rasée définitivement. Le temps presse. Doyle, Scarlet, Tammy et Andy doivent se rendre à Wembley d’où ils seront héliportés. Doyle se sacrifie pour sauver le groupe des zombies. Don est sur leur trace. Il tue Scarlet et mord Andy qui, comme sa mère, a développé une immunité au virus.

Andy et Tammy parviendront jusqu’à Wembley.

Les infectés ont traversé la Manche par le tunnel. La France est touchée.

28 Weeks Later - Running In Tunnel

L’EXPLICATION

28 Weeks Later c’est le retour de bâton.

Après que Londres ait été dévastée, tout le monde essaie de repartir de zéro. Sauf qu’on ne recommence pas de zéro. Tout comme ces habitants qui reviennent à Londres pour reprendre possession des lieux voyagent avec leurs bagages, on traine toujours quelque chose derrière soi. Les traces du passé dans cette capitale abandonnée et en reconstruction, ce sont ces zones indésirables. On les barricade. On ferme les yeux sur leur existence. C’est par la faute des enfants qui s’y aventurent que l’histoire va se répéter. C’est parce qu’on leur a défendu d’y aller plutôt que de leur expliquer pourquoi il ne fallait pas y aller qu’un drame évitable va se reproduire.

Là-bas, Andy et Tammy vont y retrouver leur mère qui, elle aussi, représente d’une certaine manière une erreur du passé: celle de Don qui l’a abandonnée comme une vieille chaussette alors qu’il aurait du venir à son secours. Tout le monde va trinquer pour l’erreur de Don, y compris la France qui n’avait rien demandé.

On voit bien toute l’incompétence des autorités pour essayer de corriger les erreurs. Les militaires mettent en place une discipline de fer totalement inefficace avec des barrières que des enfants peuvent contourner et des protocoles qui finissent par voler en éclat au moindre coup de dent.

This is the worst combat I’ve ever seen. Where’s the fucking combat?

C’est donc l’affaire de tout le monde et la responsabilité de chacun de reconstruire. Ce qui passe d’abord par admettre ce qui s’est passé, plutôt que de faire semblant.

Ce que ne fait pas Don. Il est la figure du monstre. Le problème n’est pas le virus, plutôt les gens comme lui qui n’ont pas le courage de se sacrifier (à l’inverse de Doyle) pour permettre à la génération suivante de peut-être trouver la solution. Don est un égoïste doublé d’un lâche. Il est celui qui trahit sans se repentir. Il est le collaborateur sournois. Il est le maillon faible.

He’s one of them.

Il faut donc commencer par reconnaître pourquoi cette épidémie est survenue 28 semaines plus tôt. Il faut se rappeler que c’est parce que des activistes n’ont pas mesuré pleinement la portée de leur acte que l’Angleterre est devenue zombie. Il s’agit donc d’une question de responsabilité. Don n’a rien appris de tout ça. Il n’a pas pris ses responsabilités. Il a préféré prendre ses jambes à son cou. Il a sauvé sa peau. C’est un survivant. Et il n’y a rien de mal à cela. Des pianistes ont survécu héroïquement pendant la 2e Guerre Mondiale. Le problème c’est qu’en l’occurrence, Don qui était en couple n’a triplement pas assuré en abandonnant d’abord la femme qu’il est supposé aimer, en mentant ensuite sur les causes de sa mort… puis en finissant par la dévorer après l’avoir embrassé. Don est vraiment un sale type. Si quelqu’un mérite the walk of shame c’est bien lui. Heureusement qu’il y a des Scarlet et des Doyle. Et heureusement qu’il y a des Andy qui va permettre à la science de trouver un vaccin.

La morale de tout ça, c’est qu’on a tous le devoir d’être responsables. Nous avons également une obligation de cohérence. Si on fait une connerie, on en porte la responsabilité. Si on décide de mettre la poussière sous le tapis… Alors on a l’intelligence de ne pas soulever ce tapis!

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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