THE BLACK CAULDRON

THE BLACK CAULDRON
Ted Berman, Richard Rich, 1985

LE COMMENTAIRE

On dit que c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. Ce qui veut dire que les vieilles méthodes marchent encore et qu’il faut savoir ne pas céder aux sirènes de la modernité. La jeunesse ferait bien de s’en rappeler à l’heure où elle prend le pouvoir politique et sportif.

LE PITCH

Il était une fois un roi si cruel et si maléfique que même les dieux le craignaient. Il fut brûlé vif dans un creuset empli de métal en fusion où son esprit démoniaque fut à jamais figé sous la forme d’un immense chaudron magique.

LE RÉSUMÉ

Le vieux magicien Dalben découvre grâce aux dons de voyance de sa truie Tirelire que le Seigneur des Ténèbres s’est mis à la recherche du chaudron magique dans le but de ressusciter l’armée des ombres. Il craint que cette personne malfaisante ne s’empare de son cochon pour localiser le chaudron. Dalben demande alors à son valet, le jeune Taram, de veiller sur l’animal. Peine perdue. Taram est distrait et Tirelire se fait kidnapper par les dragons du roi.

Capturé par les hommes du roi, Taram est jeté dans cachot aussi glauque qu’un film de Tim Burton. Il y fait la connaissance de la princesse Eilonwy. Tous les deux parviennent à s’échapper. Taram trouve un glaive magique. Le duo devient un trio avec le barde Ritournelle, puis un quatuor avec Gurgi qui ne fait que des bêtises. Ils se retrouvent tous ensemble dans le royaume souterrain des Elfs qui vont leur indiquer où se trouve la fameuse marmite hantée.

Dans les marais de Morva, les quatre amis vont devoir négocier avec trois sorcières : Grièche, Griotte et Goulue. Elles réclament le glaive magique. Taram accepte à contre-coeur, mettant ainsi ses rêves de devenir un jour chevalier de côté. Les sorcières précisent que le pouvoir de ce chaudron indestructible ne peut être que brisé que si quelqu’un saute dedans au péril de sa vie bien sûr.

Les soldats du roi avaient suivi les quatre compagnons. Ils s’emparent du chaudron. Le roi redonne vie à son armée.

Now I call on my Army of the Dead; the Cauldron-born! Arise, my messengers of death! Our time has arrived!

Taram projette de se jeter dans le chaudron. Il est devancé par Gurgi. L’armée et le roi sont aussitôt aspirés façon Arche d’Alliance (cf Indiana Jones).

No! You’ll not have me! My power cannot die!

Les sorcières reviennent pour reprendre le chaudron. Elles proposent gentiment à Taram de lui rendre son glaive. Il refuse et réclame qu’on rende plutôt la vie à Gurgi. Pour la peine, il recevra un baiser amoureux de Eilonwy.

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L’EXPLICATION

Taram et le Chaudron Magique, c’est un anti-héros finalement héroïque.

Taram est la figure de l’anti-héros puisqu’il est valet de ferme. Il doit sentir bon la bouse de vache. Il n’a aucune caractéristique attendue du héros traditionnel. Il est plutôt vantard que courageux, ce qui le rend bête, comme le lui fait remarquer Dalben.

I’m not afraid of the Horned King!

Then you are a very foolish lad. Untried courage is no match for his evil. Just remember that.

Il est un brin macho ce qui passe très mal, encore plus pour un héros moderne. Par le passé, on a connu des héros un peu old school type Superman qui sauvait les femmes des flemmes en les portant comme un jour de mariage. Au moins, c’était gentleman. Le héros d’aujourd’hui tend la main à la femme qui décide ou non de la prendre parce qu’elle n’a pas besoin qu’on paie pour son verre. En tout cas, le héros ne la snobe surtout pas comme Taram qui prend la princesse de haut lorsqu’il la rencontre pour la première fois. Erreur fatale. Carton rouge.

What does a girl know about swords, anyway?

Taram n’a finalement que son ambition pour lui et rien d’autre. Derrière, ça ne suit malheureusement pas. Il est très tendre. Dalben le sait.

So much so soon, to rest on his young shoulders.

Il décide de lui confier Tirelire – en conscience – pour le former. Car Taram l’inattentif va être trop obsédé par son propre reflet pour penser à l’important : son cochon. C’est le début des problèmes. Une fois au château, il n’a pas la malice de réussir à déjouer les plans machiavéliques du Maître des lieux. Il se retrouve dans les geôles comme un joueur de Monopoly qui finirait en prison sans passer par la case départ (et donc sans toucher les francs 20,000).

Au fil de l’aventure, et devant l’impératif de la situation, Taram va se révéler. Il va être obligé de se mettre un peu de côté s’il veut que le scénario évolue… dans le bon sens. D’abord il accepte de donner son glaive à la sorcière. C’est symbolique. Il renonce à devenir chevalier. Il met son ambition entre parenthèses. C’est admirable. Ce n’est pas fini car il va se retrouver de nouveau dans un moment de vérité qui va lui permettre de prouver sa valeur au monde (cf Amen). Lorsque le roi recréée son armée, Taram manifeste le désir de sauter dans le chaudron et mettre fin à cet enfer. Il fait plus que mettre ses rêves de côté, il se sacrifie au service des autres. C’est une formidable preuve d’altruisme de la part d’un garçon qui ne pensait qu’à lui.

Finalement c’est Gurgi qui lui vole la priorité et brisant le maléfice. Le vrai test commence pour Taram. Il est confronté à la facilité. Gurgi a fait le sale boulot. Tout est bien qui finit bien. Les sorcières lui offrent même de retrouver ses rêves de grandeur en lui rendant son glaive. Parfait. Ni vu ni connu. En plus Gurgi était négligeable. Sympa mais un peu lourd, personne n’allait le regretter. C’est à ce moment précis que Taram devient un grand. Il refuse au nom du petit. Il se sacrifie véritablement.

Hero? Gurgi was the hero!

Le héros est celui qui ne s’oublie pas mais préfère laisser la gloire aux autres. Il vit les applaudissements de sous la scène (cf The Prestige), sans amertume. Il est le passeur décisif. Grâce à sa décision, Gurgi retrouve la vie. Le quatuor est reformé. Taram a gagné le respect de Ritournelle. Il a aussi construit sa propre estime de lui-même car il ne se serait pas imaginé devenir chevalier de cette manière là. Comme quoi, la manière ça compte quand même, quoiqu’on puisse en dire (cf Les Bleus 2018). Son attitude noble va même lui permettre de gagner les faveurs de la princesse qui se moque bien de tomber amoureuse d’un mec à millions. Elle n’est pas femme de footballeur. Elle veut se marier à quelqu’un de bien, peu importe son statut. Et Taram est définitivement quelqu’un de bien.

Contrairement à Olivier Giroud qui fait mine de se sacrifier au nom de l’équipe pour mieux masquer sa frustration de ne pas avoir marqué le moindre but pendant la Coupe du Monde malgré son glorieux statut de 4e marqueur de l’histoire des Bleus. Cette non performance titillera son ego de buteur toute sa vie. Dans le fond, Olivier Giroud n’est rien d’autre qu’un faux modeste et un vrai jaloux.

Le jaloux n’a rien d’héroïque. Ça n’empêche pas Olivier Giroud de gagner la Coupe du Monde et Taram de rester valet de ferme. La vie est décidément injuste.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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