THE HURT LOCKER

THE HURT LOCKER
Kathryn Bigelow, 2008

LE COMMENTAIRE

Plutôt que de nous inspirer de nos voisins Helvètes pour faire de la terre une planète propre et bien rangée, nous nous sommes inspirés de la lune, désertique et inhospitalière. Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité. Telle pourrait être la devise du démineur qui avance à pas mesuré dans un décor lunaire, avec son scaphandre, de peur de tout faire exploser. Il est comme un éléphant dans un magasin de porcelaine. Le démineur est celui qui essaie de désamorcer les bêtises du passé.

LE PITCH

Après l’avoir bombardé l’Irak, les GI essaient de déminer un pays encore en guerre.

LE RÉSUMÉ

Le sergent de 1re classe Will James (Jeremy Renner) est un jarhead envoyé à Baghdad pour prendre le lead de l’équipe de déminage. Il prend la relève du sergent Matthew Thompson qui a explosé en vol. James passe pour une tête brûlée alors qu’il est plutôt pragmatique.

What’s the best way… to… to go about disarming one of these things?

The way you don’t die, sir.

That’s a good one. That’s spoken like a wild man. That’s good.

Le sergent J. T. Sanborn (Anthony Mackie) et le spécialiste Owen Eldridge (Brian Geraghty) ne sont pas à l’aise avec les méthodes peu orthodoxes de leur nouveau supérieur. Et pourtant, James a de la bouteille avec plus de 800 bombes désamorcées au compteur, un record. Et il n’a pas un mauvais fond puisqu’il joue parfois au soccer avec un jeune vendeur de DVD qui se fait appeler ‘Beckham’.

À leur retour au camp, les trois hommes font la rencontre de cinq mercenaires agissant pour le compte de l’armée américaine. Ils ont fait prisonniers deux Iraquiens parmi les plus dangereux. Pris en embuscade, ils doivent se protéger. Trois mercenaires sont tués par des snipers.

Lors d’un raid, James a le malheur de découvrir un jeune transformé en bombe humaine qu’il croit être Beckham (Christopher Sayegh). Il ne peut rien faire. Dans leur chasse au responsable, Eldridge est grièvement blessé à une jambe et doit être expatrié d’urgence. Le lendemain matin, James aperçoit Beckham plus vivant que jamais.

Deux jours avant la fin de leur rotation, James et Sanborn sont appelés à la rescousse car un homme se promène avec une bombe sur lui. James fait du mieux qu’il peut mais le système et trop complexe. Il est contraint d’abandonner l’homme à son triste sort. Sanborn ne peut plus supporter la pression du métier et réclame à rentrer à la maison auprès de sa femme et son fils. Ce n’est pas vraiment le cas pour James.

Well, you know, I had a girlfriend and, uh, she got pregnant, so we got married, and we got divorced… or, you know, I thought we got divorced. I mean, she’s still living in the house and she says we’re still together, so I… I don’t know. Wha-what does… what does that make her? I don’t know.

De retour au pays, James tourne rapidement en rond avec son ex-femme (Evangeline Lilly). La vie civile l’ennuie autant que son fils.

You love playing with that. You love playing with all your stuffed animals. You love your mommy, your daddy, your nature pajamas. You love everything, don’t ya? Yeah. But you know what, buddy? As you get older… some of the things that you love might not seem so special anymore, you know? Like your Jack-in-a-Box. Maybe you’ll realize it’s just a piece of tin and a stuffed animal, but the older you get, the fewer things you really love, and by the time you get to my age, maybe it’s only one or two things. With me, I think it’s one.

Il repart pour un nouveau tour de manège avec la compagnie Delta, pour un an.

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L’EXPLICATION

Démineurs, c’est le besoin d’adrénaline.

Depuis la CEE, la démilitarisation et la suppression du service militaire, nous vivons dans le confort. Les jeunes n’ont pas vécu en communauté en dehors de leurs week-end d’intégration (cf Grave). Ils contestent l’autorité et refusent de prendre des ordres (cf Full Metal Jacket). Aucune idéologie ne mérite qu’ils sacrifient leur vie sur le champs de bataille. Ils ne savent pas ce qu’est un sacrifice. Ils ne savent pas ce qu’est un conflit non plus. À la rigueur tant mieux, car ils ne sauraient pas se battre. Quand le terrorisme s’invite sur le sol national, c’est d’autant plus violent qu’on ne sait pas comment réagir comme un Empire décadent qui constate impuissant l’invasion barbare.

On est choqué de ces pratiques guerrières alors que quasiment partout ailleurs sur terre, c’est l’enfer (cf Apocalypse Now). Au Mexique, les cartels vous coupent la tête (cf Sicario). En Afrique, les rebelles vous tranchent les mains (cf Blood Diamond). Au Pôle Nord, les Orques mènent la vie dure aux marins (cf Orca). Et au Moyen-Orient, ça canarde tous les jours. On préfère l’ignorer. C’est plus pratique.

Well, everyone’s a coward about something, you know?

On invite néanmoins les jeunes à sortir de leur zone de confort. Ça passe par voir du pays, et pas forcément dans le cadre feutré du programme Erasmus. Il faut se faire les dents et la guerre est un excellent moyen.

You know, this doesn’t have to be a bad time in your life. Going to war is a once-in-a-lifetime experience. It could be fun.

On y apprend à ne pas réfléchir. Quand on part à la guerre, on prend conscience d’une chose essentielle : la mort est une réalité. On n’existe pas pour l’éviter. On vit constamment avec. La peur au ventre, à chaque sortie.

Aren’t you glad the Army has all these tanks parked here? Just in case the Russians come and we have to have a big tank battle?

I’d rather be on the side with the tanks, just in case, than not have ’em.

Yeah, but they don’t do anything. I mean, anyone comes alongside a Humvee, we’re dead. Anybody even looks at you funny, we’re dead. Pretty much the bottom line is, if you’re in Iraq, you’re dead. How’s a fucking tank supposed to stop that?

Quand on évolue dans une telle proximité avec la mort, quotidiennement, on se sent bizarrement très vivant. James fait des all in lorsqu’il se confronte à une bombe. C’est différent à chaque fois, dangereux toujours. Il ne peut pas s’en passer. Son ex-femme et son fils ne peuvent rien lui proposer d’aussi puissant.

The rush of battle is often a potent and lethal addiction, for war is a drug.

James est un fou. C’est aussi simplement un homme qui veut vivre. Un life addict. C’est ce qui le maintient en vie d’ailleurs. Il trompe la mort. Il part en tournées à Manchester, Bruxelles, Côme, Francfort. Il est un peu comme le tonton voyageur dans les Fraggles. Ils nous fait rêver en résolvant tous ces problèmes. James nous inspire.

Sanborn au contraire, en a marre.

I’m too old for this shit.

Il veut prendre sa retraite, rentrer chez lui, faire ses courses au supermarché (cf La loi du marché) et mettre ses pantoufles pour regarder les Bleus à la TV (cf Bleus 2018).  Les barbecues le week-end rythment sa vie. Il finit par se plaindre du trafic ou du fait que la taxe foncière n’a pas baissé. Il ne fait pas semblant, ça l’ennuie vraiment. Il vit quand même un peu planqué, en espérant que le cancer ne le débusque pas. Sanborn nous ennuie.

Chacun sa vie. Et puis qui sommes nous pour juger?

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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