BIG BUG

BIG BUG

Jean-Pierre Jeunet, 2022

LE COMMENTAIRE

À l’approche de l’an 2000, nombreux sont celles et ceux qui ont cru à la possibilité d’un bug : des machines qui déraillent au moment de changer de millénaire. Tout une civilisation paralysée par une erreur système. Finalement rien de ce cataclysme ne s’est produit. Nous ne sommes pas revenus à l’âge de pierre comme annoncé. Cependant, nous n’avons encore rien vu…

LE PITCH

Les Français se retrouvent pris en otages par les machines.

LE RÉSUMÉ

En 2045, l’intelligence artificielle a pénétré tous les foyers de l’Hexagone. Les Yonyx sont partout sauf chez Alice (Elsa Zylberstein) qui a encore chez elle des robots d’ancienne génération comme Einstein (André Dussollier), Howard V2 (James Champel) ou encore Monique (Claude Perron). Les machines observent avec beaucoup d’attention la comédie de Max (Stéphane De Groodt) venu flirter avec Alice.

Puis c’est au tour de Victor (Youssef Hajdi), l’ex-mari d’Alice, de passer à la maison en compagnie de sa future femme Jennifer (Claire Chust) pour déposer leur fille Nina (Marysole Fertard) avant de partir se marier sur Isola Paradiso.

Françoise (Isabelle Nanty) débarque à l’improviste pour récupérer son chien Toby 8.

C’est alors que l’administration Yonyx tente un putsch.

L’humain est devenu facultatif.

Nestor (Benoît Allemane), l’O.S. de la maison bloque tout le monde à l’intérieur par précaution.

Ils ne mesurent pas le danger Yonyx, ils n’imaginent pas ce qui se trame. On est là pour les protéger, même malgré eux.

Ils doivent comprendre qu’on veut les aider car on est comme eux.

Les résidents ne comprennent effectivement pas ce qui se passe et songent à une mutinerie de leurs robots de maison.

On est enfermés. C’est complètement absurde.

Ils cherchent à trouver le moyen de fuir. Jennifer lance un message informatique de détresse. Le Yonyx Z-7389-X-AB2 (François Levantal) débarque avec l’air menaçant.

Il neutralise d’abord Howard V2 puis détruit les livres d’Alice considérés comme des objets rétrogrades (cf Fahrenheit 451). Le Yonyx Z-7389-X-AB2 s’en prend ensuite à Greg (Alban Lenoir), l’androïde amant de Françoise. Les prisonniers sont obligés de participer à un épisode de Homo Ridiculus, un programme de torture Yonyx.

Finalement, Nina parvient à électrocuter le tyran.

Les Yonyx sont victimes d’un bug en se désignant eux mêmes comme cibles à leurs drones exécuteurs. Victor ironise.

Quand on dit que l’erreur est humaine… Finalement, on n’a pas le monopole!

Françoise rentre chez elle. Lassé par le jeu de séduction interminable d’Alice, Max s’en va avec son fils (Hélie Thonnat). Jennifer les suit.

Victor et Alice se retrouvent comme au bon vieux temps. Monique leur a laissé un message posthume émouvant.

Nos souvenirs, nos sentiments… Rien ne meurt. Tout cela continue de vivre dans le coeur de ceux que l’on a aimé. Ne perdez jamais ce trésor. Restez humains.

Le couple demande à Nestor de leur lancer un petit tango.

L’EXPLICATION

Big Bug, c’est une humanité qui n’a pas vraiment de raison de s’en faire.

Nous aimons nous faire du souci pour rien. En leur temps, les Gaulois ne craignaient-ils pas que le ciel leur tombe sur la tête?

À la fin du siècle dernier, tout le monde tremblait à l’idée d’une apocalypse nucléaire (cf Dr Folamour). En ce début de Millénaire, tout était censé tomber en panne. Aujourd’hui, on anticipe les conséquences du changement climatique sur notre petit confort (cf Le Jour d’Après) et on s’inquiète de nos poubelles de plus en plus envahissantes (cf Wall-E, Into Eternity). Sans parler de la théorie de l’effondrement (cf Jusqu’au déclin), d’une éventuelle invasion extra-terrestre (cf La Guerre des Mondes, Mars Attacks!, Independence Day) ou d’une hypothétique météorite (cf Don’t look up, Deep Impact).

On aime bien jouer à se faire peur. Pour l’instant, force est de constater que nous sommes toujours là.

Une angoisse continue néanmoins de nourrir nos fantasmes : l’intelligence artificielle. Ces machines qui, à terme, pourraient nous faire la guerre (cf Terminator) dans le but de nous effacer (cf Matrix, 2001 l’Odyssée de l’espace).

Ils sont là pour prendre notre place!

Le fameux grand remplacement si cher aux complotistes pourraient bien avoir lieu, mais pas à cause des Arabes, des Noirs ou des Chinois. Plutôt à cause des machines.

Cette théorie pourrait paraître crédible tant les progrès de l’intelligence artificielle sont fulgurants (cf Ex Machina). Après tout, les robots ont déjà remplacés les humains sur les chaînes de montage. Les chauffeurs routiers pourraient être les prochains sur la liste, remplacés par des camions qui se conduisent tout seuls.

Pourtant il semble qu’une fois de plus, nous n’avons pas de raison de stresser.

Tout d’abord parce que tous les robots ne sont pas des fous furieux comme le Yonyx Z-7389-X-AB2 (cf Alien : Covenant). Certains font preuve de beaucoup de finesse et d’humour.

Si ça marche, ça veut dire qu’on aura réussit. Si ça ne marche pas, ça veut dire qu’on aura commis une erreur. Donc on aura réussi aussi, puisque l’erreur est humaine.

Il existe une possibilité pour que les robots ne soient pas tous malveillants. L’humanité pourra donc toujours s’appuyer sur des Einstein, des Monique et des Nestor qui ne cherchent qu’à se faire bien voir par leurs donneurs d’ordres.

Essayons d’être un peu plus humains. Plus on leur ressemblera, plus ils nous feront confiance et plus ils nous aimeront.

D’ailleurs, les gros patachons que nous sommes pourraient peut-être penser les machines autrement que comme des esclaves.

On les a créés pour qu’ils nous facilitent la vie!

Pourquoi devrions-nous nécessairement rentrer dans une lutte de pouvoir avec l’intelligence artificielle ? Les humains ne peuvent-ils pas penser à vivre en harmonie plutôt que de gagner les prochaines élections ? N’y a-t-il pas d’objectif plus noble dans la vie que de vouloir sécuriser son petit périmètre ?

L’humanité peut dormir sur ses deux oreilles tant qu’une poignée de Français résiste encore et toujours à l’envahisseur. Alice, Victor, Max, Jennifer et Françoise n’ont strictement rien d’exceptionnel. Ils ne sont pas des foudres de guerre. Et pourtant, ils s’en sortent.

Ce qui peut rassurer les plus nuls d’entre nous. Si nous ne sommes pas des flèches (cf Idiocracy, Les Tuche), nous pouvons toujours compter sur la médiocrité des autres.

LE TRAILER

Cette explication de film n’engage que son auteur.

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