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JUSQU’AU BOUT DU RÊVE

JUSQU’AU BOUT DU RÊVE

Phil Alden Robinson, 1989

LE COMMENTAIRE

Quand on est petit, il est naturel de s’émerveiller de tout (cf Allô Maman ici Bébé). Avec les années, cela nécessite beaucoup plus d’efforts. Les petits garçons qui n’en croyaient pas leurs yeux lorsqu’ils allaient au stade sont devenus de vieux messieurs que plus grand chose n’impressionne.

LE PITCH

Un agriculteur entend des voix.

LE RÉSUMÉ

Ray Kinsella (Kevin Costner) vit avec sa femme Annie (Amy Madigan) et leur fille Karin (Gaby Hoffmann) à Dyersville, un trou perdu de l’Iowa. La famille possède un vaste champs de maïs. À l’approche de la quarantaine, il se refait le film de sa vie inachevée – non sans amertume.

I marched, I smoked some grass, I tried to like sitar music, and I met Annie. The only thing we had in common was that she came from Iowa, and I had once heard of Iowa.

Il n’a pas pu se réconcilier avec son père avant la mort de ce dernier. Et tout comme son père, Ray se voit lentement rater sa vie.

C’est alors qu’il entend une voix.

If you build it, he will come…

Il interprète ce message comme une invitation à raser une partie de son champs de maïs pour construire un terrain de baseball. Une décision plutôt risquée car elle pourrait compromettre les économies de la famille. Annie est d’accord.

Après avoir construit son terrain de baseball, un ancien joueur des White Sox apparait soudainement, sorti du champs de maïs comme un fantôme. Il s’agit de Shoeless Joe Jackson (Ray Liotta), jadis accusé de corruption puis suspendu. Ray a l’impression de rêver.

Lors d’une réunion de parents d’élèves, Ray et Annie s’insurgent contre la proposition de bannir certains livres (cf Fahrenheit 451). Terence Mann (James Earl Jones), un activiste bien connu dans les années 60, est mis à l’index.

Ray entend à nouveau une voix.

Ease his pain…

Ray file à Boston pour rencontrer Terence Mann et lui parler de son projet. L’auteur vit désormais reclus. ll ne veut rien entendre mais accepte malgré tout de se rendre à Fenway Park.

Encore une voix.

Go the distance…

Sur le tableau d’affichage est écrit le nom de Archie « Moonlight » Graham, un ancien joueur des New York Giants qui se retira du circuit pour devenir médecin. C’est un signe. Ray et Terence conduisent ensemble vers le Minnesota pour retrouver la trace de Archie « Moonlight » Graham. Ils découvrent que le médecin est mort quelques années plus tôt, sans mention de son passé sportif.

Ray voyage dans le temps et croise Archie « Moonlight » Graham (Burt Lancaster) en personne qui lui avoue que devenir médecin était sa véritable vocation.

No regrets.

En route pour l’Iowa, Ray et Terence prennent un jeune auto-stoppeur désireux de rejoindre une équipe de base-ball. Il s’appelle… Archie Graham (Frank Whaley)!

De retour à Dyersville, de nombreux joueurs ont rejoint Shoeless Joe Jackson à la surprise de Ray qui est désormais fauché comme son champs de maïs. Son beau-frère (Timothy Busfield) lui fait un offre financière pour racheter son champs et le sauver des huissiers (cf Les Raisins de la Colère).

Terence pense que c’est une mauvaise idée. Il est certain que le public va affluer d’un peu partout pour voir ce genre de matchs de base-ball.

People will come.

Alors Ray refuse l’offre. Il se dispute avec son beau-père. Karin tombe des gradins et se blesse. Le jeune Archie Graham sort du terrain pour se transformer en médecin et venir en aide à la jeune fille. Lorsqu’il retourne sur le terrain, Shoeless Joe Jackson lui fait un compliment émouvant.

Les autres joueurs invitent Terence à disparaître avec eux dans le champs de maïs. Ray se sent exclus.

What’s in it for me?!

Un jeune joueur s’approche de lui. Ray reconnaît son père (Dwier Brown). Une chance unique pour les deux hommes de finalement se reparler et échanger quelques balles comme avant. Au loin, les voitures font déjà la queue comme l’avait prédit Terence Mann.

L’EXPLICATION

Jusqu’au bout du rêve, c’est ce qu’il faut cultiver.

Du point de vue religieux, il faut vivre d’une manière juste pour décrocher son ticket pour le paradis – quitte à se priver de certains plaisirs raffinés comme manger de saucisson. Pour les philosophes, on devrait au contraire vivre sa vie pleinement comme si l’on souhaitait qu’elle se répète infiniment (cf Le Cercle des Poètes disparus). Il est donc préférable de vivre sans regret, car on n’a qu’une vie et le paradis n’existe pas.

Is this heaven?

It’s Iowa.

Le vie file aussi vite qu’une balle de baseball. Les opportunités sont partout, pourvu qu’on y prête attention.

We just don’t recognize life’s most significant moments while they’re happening. Back then I thought, « Well, there’ll be other days. » I didn’t realize that that was the only day.

Pas le temps de gâcher sa vie à cause des regrets (cf Inception), comme Ray est en train de le faire.

I’m thirty-six years old, I love my family, I love baseball, and I’m about to become a farmer. And until I heard the Voice, I’d never done a crazy thing in my whole life.

Ray refuse d’enterrer ses rêves (cf Interstellar). Quand certains se rendent compte qu’ils ne deviendront jamais ce qu’ils auraient espéré (cf Hollywoodland), Ray ne veut surtout pas être celui qui n’a même pas essayé.

This may be my last chance.

Alors il écoute son instinct et prend des décisions folles, sur des coups de tête : comme construire un terrain de base-ball sur son champs. Il n’a plus un rond, mais résiste aux vautours.

It’s time to put down you fantasies and get back to earth. (…) You have no money!

Plus qu’un simple terrain de base-ball, il construit un espace de réconciliation avec ses ambitions. Sur ce terrain, on s’y retrouve pour aller jusqu’au bout de ce que l’on a commencé et qu’on a peut-être mis de côté. C’est la chance d’accomplir ses rêves.

It’s the place where dreams come true.

Sans surprise, des foules entières vont se déplacer pour pouvoir réaliser cette expérience.

Is there enough magic out there in the moonlight to make this dream come true?

Plus besoin de s’inquiéter de savoir comment payer les frais d’éclairage ou d’entretien du gazon. Sans le savoir, Ray a trouvé un sacré filon et il a réussi sa reconversion (cf Les Fugitifs), passant du monde du monde de la ferme à celui du spectacle (cf La Belle Époque). Son entourage le prenait pour un cinglé qui entendait des voix. À présent, il est considéré comme un génie qui peut changer la vie des gens.

I wish I had your passion, Ray.

Moralité : il faut cultiver son terrain de base-ball plutôt que son champs de maïs.

LE TRAILER

Cette explication de film n’engage que son auteur.

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