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DARK CITY

DARK CITY

Alex Proyas, 1998

LE COMMENTAIRE

Seul dans le brouillard de cette ville où il a si froid, l’homme aime trouver refuge dans cette cabine téléphonique qui n’existe plus. L’homme est un rat de laboratoire pour l’homme, devenu l’avatar de son intelligence artificielle, plus que jamais accroc à son smartphone. Il a besoin d’appeler à l’aide. Surtout, il a besoin qu’on lui réponde.

LE PITCH

Un homme se remet de son amnésie.

LE RÉSUMÉ

Daniel Schreber (Kiefer Sutherland) confesse avoir collaboré avec des extra-terrestres dont l’espèce était en voie de disparition. Ils ont conquis la planète grâce à leurs pouvoirs paranormaux et l’ont plongée dans la pénombre. Chaque soir, à minuit, ils procèdent à la synthonisation. Les contours de la ville changent et les mémoires s’effacent.

John Murdoch (Rufus Sewell) se réveille dans une baignoire à côté d’un cadavre. Il fuit la scène du crime sur les conseils de Schreber. Des hommes mystérieux sont à ses trousses, ainsi que l’inspecteur Frank Bumstead (William Hurt) qui le soupçonne coupable.

Murdoch découvre qu’il a les mêmes pouvoirs que les extra-terrestres. Il peut contrôler les choses par télékinésie. Bizarrement, il n’est pas victime de la synthonisation. Il commence même à se souvenir d’où il vient : Shell Beach.

Parmi les extra-terrestres, Mr. Hand (Richard O’Brien) se propose comme cobaye pour qu’on lui injecte les souvenirs de Murdoch de manière à mieux le comprendre et le tracer.

Bumstead parvient à mettre la main sur Murdoch mais réalise qu’il est effectivement innocent. Tous les deux demandent des explications au Dr Schreber qui révèle la cruelle vérité.

Their civilization was in decline, and so they abandoned their world seeking a cure for their own mortality.

Bumstead et Murdoch décident de se rendre à Shell Beach pour percer ce mystère mais ne trouvent qu’un simple poster contre un mur. Ils défoncent les briques de rage et découvrent un vide intersidéral.

Les extra-terrestres kidnappent Emma (Jennifer Connelly), la femme de Murdoch, et ordonnent à Schreber d’injecter leur mémoire collective dans le crâne du renégat pour mettre fin à tout ce bordel. Schreber n’est plus à une trahison près. Il retourne sa veste. Murdoch prend pleine possession de ses pouvoirs et vainc Mr. Book (Ian Richardson), le chef des extra-terrestres.

La pauvre Emma a disparu dans la bataille.

Murdoch utilise ses pouvoirs pour recréer Shell Beach et y retrouver Anna (Jennifer Connelly) qui est une re-création de Emma (cf Solaris). Il oriente la planète en direction du soleil pour profiter enfin d’un peu de lumière. En chemin, il croise Mr Hand et lui dit que pour comprendre l’humanité, les extra-terrestres auraient dû chercher ailleurs que dans la tête.

You wanted to know what it was about us that made us human. Well, you’re not going to find it in here. You were looking in the wrong place.

L’EXPLICATION

Dark City, c’est j’veux du soleil.

Pourquoi les foules se déchaînent-elles pour un chanteur qui invite à faire tourner les serviettes ? Serait-ce parce que la vie n’est pas assez amusante ?

Le monde a été mis en veilleuse par une assemblée d’hommes sortis de l’imagination de Jean-Pierre Jeunet. Ils se ressemblent tous, sans l’ombre d’un cheveu ou d’humour. C’est peu de dire qu’on s’ennuie dans ce monde sans vitamine D.

Que représentent ces extra-terrestres tyranniques qui maintiennent l’humanité dans l’obscurité ?

En fonction de la forme du moment, on pourra voir dans cette assemblée une représentation de la classe dirigeante emmenée par un grand guru. Sans couleur politique, droite ou gauche: tout le monde se ressemble. À la fin de la journée, on n’aura encore pas vu la lumière du jour (cf La Nuit des Morts-Vivants).

Derrière ces hommes, peuvent se cacher aussi les papes du marketing qui maintiennent la tête de chacun·e dans le guidon de la routine rythmée par une ou deux courses hebdomadaires au supermarché (cf Buy Now). Chaque jour, on a l’impression que tout a changé. Alors qu’on est reparti pour un tour à avaler la même purée.

On pourra également entrevoir les présentateurs télé qui endorment plutôt qu’ils n’allument. Cyril Hanouna, Michel Drucker, Patrick Sébastien, Yann Barthès, Benjamin Castaldi, Arthur, Nagui, Stéphane Bern… Tiens, que des hommes! Ils ont des styles différents et identiques à la fois. Le cerveau est lessivé de la même manière.

They mix and match our memories as they see fit, trying to divine what makes us unique.

On pourra enfin voir dans ces extra-terrestres sans émotion l’avènement des machines. Ce sont bien les machines qui sont responsables de l’assombrissement du ciel (cf Matrix).

Ces extra-terrestres empêchent de réfléchir et poussent à l’uniformisation. Ils rendent fous parce l’humanité, par définition, cogite – Descartes.

I know this is gonna sound crazy, but what if we never knew each other before now… and everything you remember, and everything that I’m supposed to remember, never really happened, someone just wants us to think it did?

Si le monde s’est retrouvé en auto-pilote, c’est par la faute d’un homme. La faute du Dr Schreber qui a trahi.

I have betrayed my own kind.

Comme quoi, on ne peut vraiment pas faire confiance en la médecine.

L’humanité va sortir la tête du trou grâce à un autre homme, Murdoch, a.k.a. Spartacus. Il est celui qui s’est affranchi presque tout seul, avec l’aide de la girouette de service.

Together, we can stop them, we can take the city back. 

Murdoch se libère grâce à l’amour, respectant une coutume tenace héritée des contes de fées qui veut que le prince et la princesse vivent heureux avec beaucoup d’enfants à la fin de l’histoire.

On aurait aimé que Murdoch résiste à la synthonisation grâce à la culture. Qu’il s’en sorte plutôt grâce à son intelligence. Mais non. C’est dans le coeur que ça se passe, pas dans la tête. Ce qui est un peu hypocrite quand même, car c’est bien grâce à sa jugeote, sa volonté et sa créativité qu’il va recréer un monde. Son coeur guide son instinct. S’il rallume la lumière, c’est avant tout grâce à son cerveau (cf Brazil).

There is no ocean, John, there is nothing beyond the city. The only place home exists… is in your head.

Ce qui semble donner raison à Dolores O’Riordan lorsqu’elle chantait en boucle que c’était dans la tête, quasiment à en donner la migraine.

LE TRAILER

Cette explication de film n’engage que son AUTEUR.

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