TWIN PEAKS : FIRE WALK WITH ME

TWIN PEAKS : FIRE WALK WITH ME

David Lynch, 1992

LE COMMENTAIRE

Les voies du Seigneur sont impénétrables. La sensibilité d’une fille l’est encore davantage. Derrière les jeux de regards et les sourires trompeurs se cache souvent une mystique qui échappe aux simples mortels que nous sommes.

LE PITCH

Deux agents du FBI enquêtent sur la mort de Teresa Banks.

LE RÉSUMÉ

Chester Desmond (Chris Isaak) et Sam Stanley (Kiefer Sutherland) enquêtent sur la mort suspecte de Teresa Banks dont la bague a disparu. Desmond la retrouve avant de disparaitre à son tour. L’agent Dale Cooper (Kyle McLachlan) est persuadé que le meurtrier va frapper de nouveau.

Un an plus tard dans la ville voisine de Twin Peaks, Laura Palmer (Sheryl Lee) découvre des pages arrachées dans son journal intime. Elle est persuadée que Bob (Frank Silva) est le responsable.

Informée que l’homme derrière le masque est actuellement dans sa chambre, Laura fonce chez elle pour découvrir l’identité de Bob. Elle ne voit que Leland (Ray Wise), son père, sortir de la maison.

Laura est la copine attitrée du rockeur colérique Bobby (Dana Ashbrook). Elle entretient également une liaison avec le motard romantique James (James Marshall). Totalement libre et décomplexée, elle s’apprête à participer à un plan à trois au Bang Bang Bar avant que Donna ne s’invite. La fête est finie. Laura se rhabille immédiatement, cherchant à protéger l’innocence de son amie.

Alors que Laura rentre chez elle en compagnie de son père, Leland se souvient qu’il avait demandé à sa maîtresse Teresa Banks d’inviter deux amies pour une partouze. Se rendant au rendez-vous, Leland s’était rendu compte que l’une des deux invitées n’était autre que sa propre fille. Teresa réalisant le malaise en aurait profité pour faire chanter Leland qui s’est débarrassé de Teresa dans la foulée.

Le soir suivant, Bob rend de nouveau visite à Laura. Il la prend pendant que celle-ci lui demande de révéler sa véritable identité. Bob est en fait son père.

La nuit suivante, Laura rompt simultanément avec Bobby et James avant de se rendre dans la cabane du gros Jacques Renault pour se livrer à une orgie en compagnie de Leo et de Ronette Pulaski (Phoebe Augustine). Leland fait irruption, tabasse les deux mecs et traîne les deux filles jusque dans un wagon isolé.

Leland confesse à Laura.

I always thought you knew it was me!

Ronette parvient à s’échapper et à ouvrir la porte du wagon à Mike qui fait glisser la bague de Teresa Banks jusqu’à Laura. Celle-ci passe l’anneau à son doigt. Leland enragé redevient Bob et la poignarde violemment avant de jeter son cadavre dans le lac.

Dans un monde parallèle, Bob arrache du sang de la poitrine de Leland qui flotte dans le vide. Laura assise sur le canapé, en compagnie de l’agent Dale Cooper, voit un ange passer. Elle pleure avant de se mettre à rire.

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L’EXPLICATION

Twin Peaks, c’est une liberté empêchée.

Laura est l’incarnation de tous les désirs. Elle se voit comme une gourmandise.

I am the muffin.

Laura ne veut surtout pas se priver de quoi que ce soit. S’offrant selon ses désirs. Si elle veut quelque chose elle se sert. Elle sait jouer de ses charmes pour obtenir ce qu’elle souhaite (cf Les Liaisons Dangereuses). Elle est ce qu’on appelait une sorcière au Moyen-Âge, charmante et envoûtante (cf The Witch). Ces féministes qu’on brûlait à l’époque, avant qu’on apprenne à bien les aimer. Laura est aussi la parfaite représentation du malin dans l’Ancien Testament. Elle détourne l’homme de son devoir d’obéissance à Dieu, ce gros jaloux, en cristallisant l’attention (cf Le Nom de la Rose). Car tous les yeux se tournent vers Laura : ceux de Bobby, du gros James, du gros Jacques, ainsi que ceux de Dana… et malheureusement ceux de son père également.

Leland ne permet pas à sa fille de grandir ni de s’épanouir. Quand il réalise que Laura devient femme, il ne l’admet pas.

He’s been having me since I was 12.

Pire, quand il se rend compte qu’elle peut s’introduire dans ses fantasmes, il perd les pédales. Lui peut participer à des partouzes, sans problème. Pas sa fille. Il la viole physiquement. Ça n’est pas le seul symbole de domination qu’il essaie d’exercer sur elle puisqu’il lit et déchire les pages de son journal intime. Il lui fait aussi une déclaration d’amour, transgressant toutes les frontières.

Leland n’est qu’un parmi d’autres. Les hommes cherchent tous à la posséder. James le rêveur est persuadé que Laura lui appartient. Et cet imbécile de Bobby pense pouvoir la garder pour lui seul alors qu’il ne sait même pas dans quelle direction regarder pour la trouver.

I was standing right behind you but you’re too dumb to turn around.

Les hommes ne comprennent rien aux femmes (cf Under the Skin). Ils refusent l’idée qu’elles puissent s’échapper. Les hommes ont inventé les zoos et sont persuadés que les fauves qui y sont enfermés sont heureux de l’être. Penser que la femme puisse être sa propriété reste néanmoins le fantasme d’un colon obtus qui finit toujours par avoir recours à la force pour tenter de conserver celle qu’il croit aimer.

You always hurt the ones you love.

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Les hommes deviennent ainsi naturellement des fondamentalistes, représentants d’un ordre conservateur qui cherche désespérément à neutraliser Laura la progressiste.

Si Laura est une vraie hédoniste, elle n’en reste pas moins pure. C’est le crime du père qui lui fait perdre ses ailes d’ange, pas sa polygamie ou sa toxicomanie.

When this kind of fire starts, it is very hard to put out. The tender boughs of innocence burn first, and the wind rises, and then all goodness is in jeopardy.

Le père a la responsabilité d’aider sa fille à devenir femme. Pour y arriver, il doit accepter de laisser la femme qui compte le plus à ses yeux s’en aller avec un ou une autre. S’il refuse de lui accorder sa liberté, il prend le risque de la perdre à jamais. Il s’égare lui-même (cf Un moment d’égarement) et cause des dommages irrémédiables.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

7 commentaires

  • Non seulement votre introduction est effroyablement misogyne mais en plus vous n’avez rien compris à ma mythologie de Twin peaks… Navrant…

    • L’introduction traite, de manière sarcastique, de la misogynie dont les femmes sont victimes au quotidien, à l’image de Laura qui tente de trouver sa liberté dans ce monde de mâles mais qui ne peut malheureusement pas échapper à la frustration de son propre père.
      Ne nous privez pas de votre interprétation.

  • « Mais comment ne pas excuser la folie avec un beau brin de fille comme Laura? »
    Ce bout d’analyse est très très limite, d’autant plus que les actes terrifiants de Leeland ne sont ni aseptisés, ni déconsidérés (encore moins « excusés »).
    Si c’est du second degré, il nuit ici à la compréhension.

    • Merci pour votre commentaire. Il s’agit en effet de second degré, qui finalement fait son effet car il vise précisément à brouiller la compréhension tant Lynch ne cherche pas l’évidence mais la confusion. Bien sûr les actes de Leland sont terrifiants. Ils ne sont ni excusés (malgré sa rédemption dans la série), ni surtout excusables.

  • Tout bonnement la pire analyse de Twin Peaks qu’il m’ait été donnée de lire.

  • Leland viole sa fille depuis qu’elle a douze ans. Sa mère est complètement à l’ouest, d’ailleurs le père (Leland) la drogue avec un verre de lait pour allez retrouver sa fille et la violer dans une scene du film. Ce qui laisse penser que les violes arrivent régulièrement depuis qu’elle est ado. A un moment la fille se rend compte que c’est son père qui la viole (elle avait juxtaposé l’image de BOB auparavant, elle se confie même à un amie en lui donnant son journal intime, dans une sorte de délire paranoïaque elle dit qu’elle à des visites depuis l’age de 12 ans dans sa chambre… et dans une scene juste avant elle voit BOB lire de son journal intime, deux seconde plus tard c’est son père qui sort de la maison, comme si BOB était imaginaire). On peux développer…

    Laura se drogue surement à cause du bordel dans sa tête et des actes de son père et son comportement prédateur et toxique, comme tout les ados en détresse dans une famille pourrie, elle doit s’évader. Le regard des hommes sur elle qui ne voient qu’un objet sexuel (sauf le biker, elle le sais et le fait savoir à la fin en le laissant tomber dans un autre délire paranoïaque, surement pour son bien), sa sexualité débridé est une cause de tout cela c’est aussi une échappatoire avec la drogue un moyen de fuir les problèmes et de se sentir aimer. Les commentateurs vous dite que c’est cool et qu’elle est libre et qu’elle aime profiter de tout. Moi je pense que non, c’est justement ce que le film veux nous montrer sans tout nous dire. Tout cela consume cette jeune fille et elle s’auto-détruit et fait n’importe quoi. Elle se tape même des délires pseudo hallucinant tellement qu’elle se drogue et même sa pote donna parfois ne sais pas comment réagir. Elle en arrive à se taper un rire débile quand bobby tue un homme. C’est l’histoire d’une famille tordu comme il en existe parfois sur cette terre, avec des gens paumé dans leur têtes et qui partent en couilles grave. Elle meurt de façon tragique en plus, qu’elle tristesse. Bref, un vrai film d’horreur très proche de la vrai horreur de la vrai vie des famille les plus toxique qui existent.

    Bref j’ai fais court en laissant plein de trucs de côté (relation mère-fille inexistante), meurtre du début. Les personnages dans le monde parallèle, pour donner un sens a la souffrance ou matérialiser la conscience d’un personnage sous forme d’une « pseudo revelation » (scene du tableau avec la vieille dame et l’enfant).

    Ce film est trop bien. Je vous laisse corriger le texte messieurs les critiques.

    • Merci Bobby pour ce commentaire!
      « Messieurs-dames » les critiques.

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