INTO THE WILD
Sean Penn, 2007
LE COMMENTAIRE
N’en déplaise aux citadin·es, reconnecter avec la nature est un besoin vital. Rien de tel que de courir au milieu des chevaux pour sentir que l’on fait partie d’un seul et même monde, et mieux ressentir son caractère sauvage.
LE PITCH
Un jeune homme plaque tout pour mieux vivre son aventure.
LE RÉSUMÉ
Jeune diplômé, Christopher McCandless (Emile Hirsch) ne se sent pas connecté avec lui-même. Il n’a aucune envie de suivre la voie professionnelle de ses parents qui sont malheureux comme les pierres dans leur carrière respective. C’est pourquoi Christopher brûle ses papiers, sa carte de crédit et décide de faire don de ses économies à Oxfam. Son baluchon sur l’épaule, il se met en route pour le Sud des États-Unis sans prévenir sa sœur (Jena Malone), ni ses parents. Lâchant sa voiture quelque part en Arizona puis se mettant à vagabonder (cf Wild).
En Californie, il rencontre un couple de hippies sur le retour. Dans le Dakota il travaille dans une ferme jusqu’à ce que le gérant (Vince Vaughn) ne se fasse arrêter pour malversations. Il descend le long du Colorado pour arriver au Mexique. De retour aux États-Unis, il retrouve le couple de hippies puis tombe sous le charme de Tracy (Kristen Stewart) qu’il rejette cependant du fait de son plus jeune âge. McCandless va faire la rencontre de Franz (Hal Holbrook), un jeune retraité avec qui il sympathise. Franz lui propose même de l’adopter. Ce à quoi McCandless répond qu’ils régleront cette affaire à son retour d’Alaska, car l’aventure n’attend pas. Même si elle brise le cœur du vieil homme au passage.
Une fois en Alaska, McCandless trouve refuge dans un bus abandonné. C’est une fois vraiment seul et éloigné de tout qu’il réalise que la vie est plus intéressante quand on la partage.
Happiness only real when shared.
Malheureusement, il n’est plus en mesure de retourner vers la civilisation à cause de la montée des eaux. Le voilà prisonnier de son bus, sans moyen de communication, réduit à manger des racines par manque de nourriture.
Malgré toute sa science, il se trompe de baie et s’empoisonne.
Deux semaines plus tard, des trappeurs retrouvent son corps.
L’EXPLICATION
Into the Wild, c’est une leçon.
Le philosophe Saez avait parfaitement compris la nature de la jeunesse : pauvre et résignée. Se gavant de télé-réalité. Quand la jeunesse n’est pas riche et blasée, dépensant l’argent des parents par les fenêtres (cf Projet X).
La jeunesse est éphémère par nature. Insaisissable. Pleine de rêves. Elle veut se payer le système. Prendre des raccourcis. Penser différemment. Voir plus loin. Provoquer, par besoin d’attention. Elle n’aime pas qu’on lui fasse la morale, mais elle a aussi besoin de se prendre des murs de temps en temps. À ce titre, McCandless est un jeune dans toute sa splendeur. Un jeune parmi d’autres.
Éperdu de liberté, il n’arrive pas à se satisfaire du futur pourtant pas si pourri que ses bonnes notes lui permettent d’entrevoir.
I think careers are a 20th century’s invention and I don’t want one.
Sa hantise serait de se retrouver bloqué comme ses parents malheureux qui font au jour le jour, qui n’aiment pas leur travail et surtout qui ne s’aiment plus tout court. Pas question de jouer cette comédie. McCandless ne s’imagine pas en prisonnier de sa propre vie. Il a plus d’ambition pour lui-même. Un aventurier en quête de vérité, connecté avec la nature.
Rather than love, than money, than faith, than fame, than fairness… give me truth.
Certes, il impressionne avec son air convaincu. En réalité, il ne maîtrise rien.
Il n’est qu’un admirateur du monde, perdu dans un océan de bêtise, en quête d’infini.
Personne ne peut lui reprocher son besoin d’air frais. Le fait qu’il prenne le risque de se couper de tout lui confère une dimension romanesque. La vie de rêve (cf Scarface). Seul. Libre. C’est super.
The core of man’s spirit comes from new experiences.
McCandless part sur un coup de tête sans avertir personne, comme si sa famille ne comptait pas. Comme s’il ne permettait pas à ses parents ou sa sœur de se faire du souci pour lui. Il décide pour les autres. Fait la leçon à tout le monde, sans s’en rendre compte, trop occupé à profiter de sa vie alors qu’il est en train de passer à côté, sans s’en rendre compte non plus.
Le problème de la jeunesse est qu’elle ne se rend compte de pas grand chose.
Alex Supertramp, tel qu’il se rebaptise lui-même, pêche par orgueil. Peur de rien et persuadé d’être increvable. Disciple de Thoreau, il veut sucer la moelle de la vie. Contrairement à la mise en garde du Professeur Keating, il finit par en avaler l’os, et de travers. Il réalise enfin que Charles Aznavour avait raison depuis le début. Plus permis de revenir en arrière. La collision avec le mur se précise.
À tous les aventuriers qui pensent que les voyages font la jeunesse (cf Sur la Route), on comprend avec les années qu’il ne sert à rien de se mettre en marge (cf Attrape moi si tu peux). Il n’y a qu’un monde. La vérité ne se trouve pas ailleurs qu’en soi-même.
McCandless sert d’exemple aux impatients qui n’en font qu’à leur tête, confondant vitesse et précipitation en voulant tout tout de suite, sans finalement se donner le temps de rien.
L’erreur de ce voyageur solitaire est une invitation à ne pas faire la même chose.
Une leçon d’humilité dans une nature qui revient toujours au galop. Personne n’est plus grand que le monde. La menace n’est pas là où on l’attend. McCandless a descendu des rapides. Il est revenu vivant du Mexique. Puis il s’est fait tabasser par la police ferroviaire. Après quoi il a escaladé une montagne. Il a vu l’ours (cf Grizzly Man)! Et finalement, une petite baie va le terrasser.
Que de belles histoires qu’il n’aura pu raconter à personne. Heureusement que d’autres l’ont fait à sa place. Ce jeune homme voulait être en maîtrise de sa vie. D’autres se la sont réappropriée. En tout cas, son expérience sert malgré tout d’exemple.
LE TRAILER
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