THE PLEDGE

THE PLEDGE

Sean Penn, 2001

LE COMMENTAIRE

La vie nous met à genoux. Dès notre plus jeune âge, nous devons apprendre à nous soumettre à quelques règles sociales élémentaires. Certains mal intentionnés en profitent pour rajouter quelques injonctions afin de dompter les plus rebelles (cf Into the Wild, Nomadland, Bronson) et mieux asservir le monde. Ce qui explique que nous portons notre croix, tous les jours.

LE PITCH

Un flic à la retraite joue les prolongations (cf Se7en).

LE RÉSUMÉ

Jerry Black s’apprête à remettre son badge. La retraite a sonné (cf Monsieur Schmidt). Lors de son pot de départ, ses collègues lui offrent un voyage au Mexique où il va pouvoir pêcher de gros poissons comme il aime.

La pêche attendra car le soir même, la petite Ginny Larsen est retrouvée morte dans les montagnes du Nevada. Crime sexuel. Le Capitaine Pollack (Sam Shepard) confie l’affaire à Stan Krolak (Aaron Eckhart) mais Jerry insiste pour lui prêter main forte.

Tout le monde se dégonfle au moment d’informer la famille.

Who’s gonna tell the parents?

I got one of my deputies but he’d rather not.

Jerry prend son courage à deux mains. Margaret Larsen (Patricia Clarkson), accablée de chagrin, lui fait promettre de retrouver le coupable – moyennant un crucifix.

Do you swear by your soul salvation on this cross?

Stan Krolak arrête Toby Jay Wadenah (Benicio del Toro), que tout semble accabler. Ancien délinquant sexuel, il a été aperçu sur les lieux le jour du décès. Le détective pousse le suspect aux aveux. L’Amérindien, atteint de problèmes mentaux, se suicide dans la foulée. L’affaire est bouclée. Tout le monde semble satisfait, sauf Jerry qui émet quelques des doutes.

Il continue l’enquête et découvre que des crimes similaires ont été perpétrés dans la zone, à intervalles rapprochés. Ce qui semble indiquer la présence d’un tueur en série qui pourrait frapper de nouveau.

There can’t be such devils out there.

There are such devils.

Jerry rachète la station service de Floyd Cage (Harry Dean Stanton) et s’installe sur les lieux. L’affaire l’obsède. Sa promesse le ronge.

Sur place, il noue une relation avec Lori (Robin Wright Penn), mère d’une petite fille qui confesse s’être faite approcher par un magicien. L’homme a obtenu un rendez-vous avec la petite fille le lendemain.

Jerry prévient aussitôt ses anciens collègues qui déploient un dispositif pour coincer celui qui semble correspondre au profil du meurtrier.

Le magicien meurt dans un accident de la route alors qu’il était en chemin. Constatant que personne ne semble arriver, les policiers quittent les lieux, persuadés que Jerry n’arrive pas à décrocher.

You don’t know what the fuck you are dealing with! The Wizard is real and I know it!

De son côté, Lori est furieuse quand elle apprend que Jerry s’est servi de Chrissy comme d’un appât.

L’ex-flic finit dans sa station service, seul avec sa bouteille de whisky et ses pensées (cf Tchao Pantin).

She said it, she said it, she did…

L’EXPLICATION

The Pledge, c’est la nécessité de passer la main.

Jerry est un homme à qui ne reste plus que son travail, et ses poissons. Lorsqu’il rencontre une psychologue (Helen Mirren) dans le cadre de ses recherches, celle-ci se permet de lui poser quelques questions qui le mettent profondément mal à l’aise.

Have you always been a chainsmoker? Are you still sexually active? Do that embarrass you? Have you experienced any sudden fever, perspiration? Do you hear voices? 

Son ancien collègue est plus direct.

Get a life!

Il est trop tard pour avoir une vie. Alors plutôt que de gentiment débrancher, Jerry s’accroche aux branches. Cette enquête est suffisamment tordue pour lui permettre de continuer à exister (cf Memento), et souffrir.

Lorsque Jerry fait la promesse de trouver le coupable à Margaret Larsen, il s’engage devant Dieu. Son âme ne trouvera pas le repos tant qu’il n’aura pas accompli sa mission. C’est un drôle de marché qu’il vient de passer, alors qu’il était sur le point de partir au soleil du Cap Saint Luc pour aller pêcher le merlin. Le voilà de nouveau cadenassé.

I made a promise, Eric. You’re old enough to remember when that meant something…

Il était sur le point de profiter de ces derniers jours et il a replongé pour une dernière affaire. L’affaire de trop. Son enquête, à l’image de toutes les autres, lui rappelle qu’on ne trouve que de la poussière quand on soulève le tapis (cf The Crossing Guard).

Jerry est pourtant sur la bonne voie puisque contrairement à ce que tout le monde imagine, le meurtrier court toujours. Sa description correspond même aux témoignages des petites filles. Il est grand, conduit bien une voiture noire et distribue des chocolats en forme de hérisson…

Cependant il meurt avant d’être arrêté sur le fait, ce qui rend l’enquête à jamais interminable. Jerry est damné.

Il reproche à ses collègues d’être dans l’erreur alors que c’est lui qui est échec et mat.

You’re out of position!

Il a malheureusement tout faux, sur toute la ligne. Cet homme avait fait son temps. Au lieu de se ranger, il préfère pousser son rocher de Sisyphe. S’obstiner à jouer une comédie que nous jouons tous avant de nous lasser : se convaincre que nous pouvons résoudre les problèmes, trouver les coupables voire peut-être de changer le monde (cf Hollywoodland).

Cette quête est sans fin. Elle n’apporte aucune satisfaction car les problèmes se succèdent. En vérité, il n’y a rien d’autre à faire que de vivre sa vie, du mieux qu’on peut (cf Dune).

Jerry a été piégée par Margaret Larsen et son Seigneur. Il n’a pas eu le courage de dire la vérité. Au lieu de cela, il est retourné se perdre dans le labyrinthe. Engagez-vous, rengagez-vous qu’ils disaient

Jerry n’a plus l’énergie. Dans cette bataille, il s’épuise. Personne ne l’aide. Il ne trouvera jamais le coupable. Son âme ne sera jamais en paix à cause de ce satané engagement. Comme toutes celles et ceux qui n’acceptent pas que leur vie ne puisse changer l’Histoire qu’à la marge, la seule promesse que Jerry est en mesure de tenir est celle de boire jusqu’à ce que mort s’en suive (cf Leaving Las Vegas).

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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