VICTORIA
Sebastian Schipper, 2015
LE COMMENTAIRE
Se mettre la tête à l’envers est un bon moyen de voir le monde sous un autre angle. On peut aussi faire de belles rencontres. Par contre, gare au moment où il faudra se remettre à l’endroit…
LE PITCH
Un after prend un virage inattendu.
LE RÉSUMÉ
Victoria (Laia Costa) est espagnole. Elle finit sa soirée dans un club de Berlin par une vodka. Le barman (Eike Frederik Schulz) refuse de l’accompagner. C’est peut-être le signe qu’il est temps de partir.
À la sortie, Sonne (Frederick Lau) remarque Victoria.
Do you want a ride with us?
Ses potes ont l’air sympas et dans l’ambiance. Boxer (Franz Rogowski) parle un peu fort. Blinker (Burak Yigit) sourit tout le temps. Fuß (Max Mauff) est trop bourré pour dire quoi que ce soit. Victoria se laisse finalement entrainer par Sonne.
Just for one beer. I’ll show you our world.
Après s’être bien marré dans la rue, le groupe monte sur le toit d’un immeuble. Ils boivent et fument. Sonne se propose de raccompagner Victoria au café où elle travaille, car elle va bientôt devoir prendre son service.
Elle parle un peu d’elle et de ses années à jouer du piano. Sonne continue de la baratiner.
My uncle was Mozart. (…) So, it’s just in my blood right now.
Cela a l’air de fonctionner.
I think I’m falling in love with you right now.
Boxer débarque en panique. Il doit renvoyer l’ascenseur à Andi (André Hennicke), un type qu’il a connu en prison. On lui propose un coup. Tout de suite. Il faut être quatre. Fuß est ivre mort alors Victoria fera le nombre. Pas le choix. La soirée s’emballe. Sonne est gêné mais essaie de rassurer Victoria.
Quick job, then back to the cafe. (…) We bring you back no problem.
Le groupe retrouve Andi et ses hommes dans un parking souterrain. On ne rigole plus. Distribution de revolvers. Il s’agit de braquer un dépôt. À la clé, €10,000 euros chacun·e.
Un peu de cocaïne pour se donner du courage et c’est parti. Blinker a l’impression de faire une crise cardiaque. Victoria gare la voiture à proximité de la banque. Les hommes descendent et récupèrent le fric. Il faut filer (cf Drive). Sous pression, Victoria a éteint la voiture par accident et ne réussit pas à la faire redémarrer.
The car is not fucking going on!!
Finalement la bande s’échappe et stationne le véhicule à proximité du club.
Euphoriques, il y retournent faire la fête. Sonne et Victoria s’embrassent.
À leur sortie du club au petit matin, la police a retrouvé la voiture. Le groupe est pris en chasse.
Blinker et Boxer sont blessés. Sonne et Victoria trouvent refuge dans un immeuble voisin. Ils se font passer pour les parents d’un bébé afin de contourner les contrôles de police (cf Léon). Puis ils se rendent dans un hotel.
Sonne est grièvement blessé et refuse de se rendre à l’hôpital. Il décède quelques minutes plus tard.
Victoria quitte l’hotel au petit matin, avec l’argent (cf Trainspotting).
L’EXPLICATION
Victoria, c’est une expérience de soirée berlinoise.
On connaissait les soirées parisiennes. Le groupe Louise Attaque a d’abord chanté toute la snoberie de ces Français·es de la capitale qui préféreraient toujours être ailleurs : à Sienne ou au Brésil. Incapables de se satisfaire jamais de là où l’on se trouve. Puis Aya Nakamura a mis à jour ces soirées parisiennes, en carré VIP. Des moments de sensualité où l’on se chasse du regard. Tantôt validée par des hommes charmants, tantôt loup garou qui mangera le sorcier. Beaucoup d’histoires pour pas grand chose…
Surtout quand on sait que les soirées parisiennes, en vrai, se terminent mal. Une chanson de Sardou, ou un viol dans un tunnel (cf Irréversible), en fonction du quartier où l’on se situe.
Tout cela n’a strictement rien à voir avec ce qui se passe en Allemagne.
Everything’s cool.
À Berlin, on se démonte la tête sur du vrai son. Pas de DJ tendance. Personne ne se calcule comme à Paris. On n’est pas dans l’apparence, juste dans la sensation.
D’ailleurs, pas un mec n’emmerde Victoria quand elle est sur le floor. Pas de crainte que quelqu’un lui mette du GHB dans son verre puisque même le barman n’est pas intéressé. Chacun·e fait sa vie.
La soirée ne termine pas dans le club. Elle se prolonge dans la rue, puis sur les toits, en compagnie de mecs qu’on ne connait pas dans une langue qu’on ne maitrise pas. Richtig glücklich. Pas de beaux gosses, ni de gars louches. Juste des gens qui font leur vie.
I’m not a bad guy, I did a bad thing.
Les Allemands sont sous le charme de l’Espagnole. Victoria ne se sent ni en sécurité, ni en danger. Sonne lui touche les fesses sur le vélo, mais sans arrière pensée.
De toute façon, Victoria n’avait pas envie de s’arrêter là quand elle est sortie du club. Au moment de prendre son vélo, elle a entendu quelqu’un crier Hilfe! – sans que cela ne l’alerte ni ne l’arrête. Elle est contente de se laisser porter par cette bande, avec l’envie d’aller plus loin.
I’m gonna break the rule!
Elle ne va pas être déçue du voyage car la soirée berlinoise va la dépasser.
It’s a Mephisto waltz.
Elle prend le volant et emprunte des sous-terrains où elle se retrouve à négocier indirectement avec de vrais gangsters (cf La Mentale).
Everything’s ok. Just be quiet.
La voiture câle. On panique. Puis elle redémarre. Sonne essaie d’empêcher Victoria de tomber mais elle n’a pas besoin qu’on l’aide.
I wanna go with you!
Les soirées berlinoises, c’est pour les grands.
It’s something bad to do?
It’s not bad for you, I swear.
On ne comprend pas très bien ce qui se passe.
What’s happening?
Au fil de la soirée, on perd des soldats. Fuß, puis Blinker et Boxer. Enfin Sonne. Parce que l’Allemagne n’est quand même pas la Suisse. Il faut se battre à un moment ou un autre. Cela se termine mal, comme dans un hotel sans passeport. Victoria les a tous couchés. Elle repart au petit matin dans les avenues désertes, la techno qui résonne encore dans sa tête.
Des émotions comme on en vit peu à Barcelone (cf Vicky Cristina).
LE TRAILER
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