THE GODFATHER, PART 2

THE GODFATHER, PART 2
Francis Ford Coppola, 1974

LE COMMENTAIRE

Tous les parents du monde préférent l’idée d’avoir deux enfants plutôt qu’un seul. Un peu pour éviter que cet enfant unique ne soit gâté pourri, un peu par confort aussi. Le problème quand on a deux enfants, c’est qu’il finit toujours par naître une jalousie entre les deux. Il n’y a qu’à voir Abel et Cain, Elie et Dieudonné, Redfoo et Skyblu, Norbert et Jean, Cavani et Neymar. En avoir un troisième ne semble pas être la solution. On a vu ce que ça a donné avec les trois frères.

LE PITCH

Michael Corleone (Al Pacino) tente de parfaire l’œuvre de son père Vito (Robert de Niro).

LE RÉSUMÉ

En 1901, Vito Andolini quitte la Sicile pour les États-Unis après que sa famille entière soit exterminée par Don Ciccio. Il débarque à Ellis Island et se voit attribuer par défaut le nom de Corleone, sa ville de naissance. Le jeune Vito travaille comme employé dans une épicerie et se fait rapidement virer au profit du neveu de Don Fanucci (Gastone Moschi), le parrain local qui sème la terreur dans tout New York.

Clemenza (Bruno Kirby) propose à Vito de se faire un peu d’argent en volant un tapis et en planquant des flingues. La bande commence à se faire connaître et aussi à faire de l’ombre à Don Fanucci qui les menace. Vito lui tient tête. Surpris par tant d’audace, Don Fanucci propose à Vito de travailler pour lui. Ce n’est pas assez pour le natif de Corleone qui refuse de vivre à la solde de qui que ce soit. Il abat Don Fanucci comme si de rien n’était et se fait son petit réseau en rendant des services…

I make him an offer he don’ refuse.

Vito crée ensuite Genco, une compagnie d’huile d’olive. Les affaires fleurissent. Petit à petit, il va donner naissance à un véritable empire.

Des années plus tard, Michael poursuit le rêve de son père en nouant des alliances avec le monde politique, comme le sénateur du Nevada Pat Geary (G.D. Spradlin). Il déchante cependant car son interlocuteur le méprise profondément.

I despise your masquerade, the dishonest way you pose yourself. You and your whole fucking family.

Victime d’une tentative d’assassinat, Michael décide de se mettre en retrait à Miami pour mieux discuter business avec Hyman Roth (Lee Strasberg). Michael devient de plus en plus méfiant. Le monde commence en effet à se dérober sous ses pieds.

Il réalise d’abord que son associé Hyman Roth ne lui fera pas de cadeaux. Roth reproche à Michael d’avoir tué Moe Green pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec le business.

Il tombe de sa chaise quand il découvre plus tard que son frère Fredo (John Cazale) est à l’origine du complot dont il a été la cible.

I know it was you, Fredo. You broke my heart. You broke my heart!

De retour à New York, il doit composer avec Kay qui demande le beurre (le divorce) et l’argent du beurre (la garde des enfants). Il accuse sévèrement le coup quand elle lui révèle qu’elle a avorté d’un petit garçon.

Michael doit comparaître devant la justice. Il se bat sur tous les fronts. Il finira par avoir la peau d’Hyman Roth, garder ses enfants et éviter la prison. Il attendra la mort de sa mère pour programmer celle de Fredo. Car il n’a pas pardonné.

Michael devient un Don sans famille.

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L’EXPLICATION

Le Parrain II, c’est une difficile succession.

Pour comprendre Michael, il faut d’abord comprendre son père. Vito fait très tôt l’expérience de l’injustice. Avant de se faire virer comme un malpropre à cause de Don Fanucci, il assiste impuissant à l’exécution de sa mère par les sbires de Don Ciccio. Vito a réalisé que le monde est violent et qu’il ne pouvait compter sur personne d’autre que lui-même. Michael a compris le message lui-aussi. Il est dans la continuité. Il a presque un peu trop bien retenu la leçon puisqu’il se méfie de tout le monde.

Keep your friends close, but your enemies closer.

Vito était plutôt accueillant. Très apprécié par la communauté, il venait en aide aux petites gens. Il était la figure de l’entrepreneur social. C’était un bâtisseur, visionnaire, qui inspirait le respect et qui aimait qu’on viennent le voir comme on vient voir un ami. Il faut dire qu’il savait renvoyer l’ascenseur.

They’ll tell you I know how to return a favor.

Michael c’est l’inverse. Il fait poireauter Frank Pentangeli (Michael V. Gazzo). Il est craint par sa femme, jalousé par ses frères, détesté par sa soeur. Et c’est normal, il ne fait que détruire. Il est un liquidateur judiciaire. Par ailleurs, Michael s’est enlisé presque sans s’en apercevoir dans une routine bourgeoise en se retrouvant dans des réunions clinquantes, entouré de grands bandits patrons.

Vito était généreux. On venait le voir pour lui demander une faveur. Michael on vient le voir pour lui demander de l’argent, et il ne donne rien en retour.

Senator? You can have my answer now, if you like. My final offer is this: nothing.

Michael a déjà tué ou fait tuer beaucoup de gens, sauf son père. Il vit dans son ombre. Alors que Vito s’élève dans la société, Michael s’isole. Toutes ses certitudes finissent par s’effondrer. Tom négocie dans son dos. Sa femme demande le divorce. Fredo le trahit. C’est la goûte d’eau qui fait déborder le vase. Cette famille pour laquelle Michael a mis sa propre vie en jeu n’est pas reconnaissante. On ne peut plus lui faire confiance. L’ultime traîtrise fraternelle va pousser Michael à la faute. Lui qui est pourtant un expert du contrôle va faire exploser ses propres schémas en tuant son propre frère. C’est l’ouverture des possibles.

If anything in this life is certain, if history has taught us anything, it is that you can kill anyone.

Michael n’a désormais plus de limite. Vito semblait avoir une certaine éthique: il refusait la tentation Sollozo. La famille était sacrée. Michael quant à lui avance au nom du pragmatisme. Hollande refusait de parler à al-Assad. Macron pense qu’il faut parler à tout le monde. On sait où ce pragmatisme a conduit Michael… Son ambition démesurée l’a empêché d’admettre que son business avec Hyman Roth ne l’a mené nulle part. La colère va aveugler son jugement. La mort de son frère créée un vide énorme chez lui qui ne se refermera jamais.

La culpabilité va commencer à ronger Michael. Il se pose des questions sur ses qualités de chef d’entreprise et de famille. Michael n’est pas satisfait car il n’atteint pas ses objectifs. Cette famille que son père a fondée, protégée, et chérie… il est en train de la détruire. En fait, à vouloir trop bien faire, il fait tout de travers. Comme lorsqu’il annonce sa décision de s’engager dans l’armée. Michael est finalement toujours à contre-courant. Il se retrouve seul à la table pendant que les autres font la fête.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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