28 ANS PLUS TARD

28 ANS PLUS TARD

Danny Boyle, 2025

LE COMMENTAIRE

La vie impose parfois de se confiner pour se protéger – ou protéger autrui (cf Take Shelter). Quand on s’isole, le risque est de prendre goût à la vie en autarcie (cf Le Village). C’est un cercle vicieux. Voilà pourquoi il est important de laisser sa porte entre-ouverte sur le monde afin de ne pas devenir complètement sauvage (cf It comes at Night). L’autre n’est pas toujours une menace.

LE PITCH

Des survivant·es font de la résistance sur leur île.

LE RÉSUMÉ

Lorsque le virus de la rage s’est diffusé massivement au Royaume-Uni (cf 28 Jours plus Tard), la région des Highlands n’a pas été épargnée. Le petit Jimmy (Rocco Haynes) regardait son programme TV comme à l’habitude au moment où sa famille a été attaquée par les zombies.

What’s happening??

Son père (Sandy Bachelor), le pasteur local, a accueilli ces agneaux enragés les bras ouverts – et s’est fait dévorer.

This is a glorious day! Have faith!

28 ans plus tard, le virus a été éradiqué du continent. Cependant, les îles britanniques restent encore en quarantaine car les zombies y sont toujours actifs. Pire, ils ont développé une race d’alpha, sorte de super zombies munis d’un très gros sexe.

Une communauté survit, barricadée sur la petite île de Lindisfarne.

Jamie (Aaron Taylor-Johnson) emmène son fils Spike (Alfie Williams) pour un rituel initiatique. C’est la première fois que Spike se rend sur l’île principale.

You’re going off the island to the mainland?

He’s ready.

La chasse est lancée.

Where will you be?

Right behind you!

L’adolescent tue ses premiers zombies. Il rentre in extremis avec son père, pourchassés jusqu’au bout de la digue par l’alpha (Chi Lewis-Parry), visiblement pas gêné par son énorme sexe se balançant de droite à gauche.

À leur retour, Spike est fêté dignement. Il est devenu un homme.

Spike n’est pas d’humeur. Il trouve que cette célébration n’est pas justifiée. Par ailleurs, il n’aime pas la bière. Clou de la soirée, il remarque que son père a une liaison avec Rosey (Amy Cameron) alors que sa mère Isla (Jodie Comer) est gravement malade.

There’s something wrong with you mum.

Isla est clouée au lit avec sa migraine. Spike apprend qu’un docteur vivrait toujours sur l’île principale. Jamie dissuade Spike de le rencontrer, mais le fiston n’en fait qu’à sa tête. Il trompe la vigilance des gardes et emmène sa mère en vadrouille.

Au cours de leur périple, Isla aide une zombie (Celi Crossland) à accoucher. Ces monstres se reproduisent, mais le bébé a l’air sain.

The magic of the placenta…

Erik Sundqvist (Edvin Ryding), un soldat des Nations Unies, sa sacrifie pour les défendre contre l’alpha et son sexe gigantesque.

Spike et Isla parviennent jusqu’au Dr Kelson (Ralph Fiennes) qui vit en ermite. Il se badigeonne d’iode pour se protéger du virus et il a constitué un mausolée en hommage aux victimes. Spike lui présente sa mère.

We need your help.

Un rapide examen conduit le Dr Kelson a diagnostiquer un cancer généralisé. Isla est condamnée. Elle s’en doutait. Le Docteur procède à une euthanasie, avec le consentement de Isla (cf Mar Adentro).

There are many kind of deaths. Some are better than other. The best are peaceful.

Kelson console Spike en lui expliquant que la mort fait partie de l’ordre des choses. C’est au fils qu’il revient le soin de disposer le crâne de sa mère tout en haut de la pile.

Spike retourne au village pour déposer le bébé, mais il n’a aucune intention de rester. Il préfère repartir seul à l’aventure.

I’ll come back when I’m ready.

Poursuivi par une horde de zombies, Spike doit son salut à Sir Jimmy Crystal (Jack O’Connell) et sa bande.

Let’s be pals. 

L’EXPLICATION

28 Ans plus tard, c’est faire le choix des morts.

Par temps de paix et d’opulence, on a l’impression de tellement bien vivre que l’on ne s’en rend même pas compte. On pense à se présentation de lundi prochain, aux vacances en Bretagne, à l’EVJF de Camille… Il faut trouver quelques raisons de se plaindre, et on en trouve! C’est à en oublier que l’on ne fait guère que survivre (cf Jusqu’au Déclin). On le comprend mieux après une catastrophe naturelle (cf The Impossible), en période de guerre (cf 1917, Blitz) ou de pandémie (cf Contagion, Alerte!).

Face à la rage, la communauté de Lindisfarne a fait le choix du vivant, ce qui l’a paradoxalement conduit à se retirer complètement du monde. Les habitant·es se méfient de tout ce qui se trouve aux alentours. Ils se sont enfermés pour préserver la vie.

There are strange people on the mainland. That’s why our island is so precious.

La communauté suit rigoureusement des règles radicales, au motif de se protéger. Jenny (Stella Gonet), la membre du conseil du village, a décrété que si des membres de la communauté venaient à se perdre sur l’île principale, ils ne pourraient compter que sur eux-mêmes : demerden Sie sich!

There’s no rescue, no exception.

Jamie emmène son fils sur l’île principale pour l’aguerrir.

Don’t look away. There’s a lesson for you here.

Son approche des zombies est cruelle et manque singulièrement de poésie.

The more you kill, the easier it gets. He’s got no mind, he’s got no soul.

Spike atteint l’âge où sa raison lui permet de développer un esprit critique. Il se rend compte qu’il n’a pas sa place dans cette communauté dont les membres font la fête comme des rustres alors qu’il n’y a vraiment pas de quoi se réjouir. Spike n’est clairement pas dans le même délire que les gens de Lindisfarne. Il reproche également à Jamie son manque d’éthique.

It feels like he’s lying about everything.

Spike doit affronter le danger seul et s’il y a un docteur sur l’île principale, alors sa mère doit le consulter. Le choix de partir va être décisif dans la vie de Spike car il fait le choix des morts. Il s’aventure dans un espace où la mort est omniprésente. Tout le monde est mort, et l’on risque de mourir à chaque instant.

Spike est accompagné de sa mère qui est condamnée elle-même.

En réalité, sa mère est condamnée au même titre que n’importe qui. Ce qui la distingue des autres vient seulement du fait qu’il ne lui reste plus beaucoup de réserves dans son sablier et qu’elle le sait – à la différence des autres. Isla l’accepte et préfère que le Dr Kelson l’endorme. C’est une fin plus honorable que de se faire arracher la colonne vertébrale par l’alpha au gros sexe.

Le Dr Kelson qui passe pour un marginal au yeux de la communauté, est en fait un spirituel. Il permet à Spike de ne pas avoir peur de la mort.

Memento mori…

Remember we must die.

Kelson est sans doute barjot, avec sa montagne de crânes. Néanmoins, il est le seul à regarder la réalité en face. Il a accepté la mort. Pour Spike, impossible de retourner auprès des siens à écouter du Patrick Sébastien, et faire tourner les serviettes. Le jeune homme ne veut plus faire semblant.

We can’t go back.

La vie s’arrête à Lindisfarne alors qu’elle démarre sur l’île principale. Elle est dangereuse, certes. Mais on y fait de belles rencontres. Kelson est un homme mystérieux et érudit. Sir Jimmy Crystal et ses copains ont l’air autrement plus cool que Jamie et Jenny.

LE TRAILER

Cette explication de film n’engage que son auteur.

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