CONTAGION

CONTAGION
Steven Soderbergh, 2011

LE COMMENTAIRE

Qui n’a jamais appelé son boulot pour prévenir qu’il (ou elle) ne viendrait pas bosser aujourd’hui, non pas parce qu’il (ou elle) a une gastro ou simplement parce qu’il (ou elle) n’a pas trop envie? Qui n’a jamais joué la comédie? Qui l’a déjà fait, sans même prévenir? L’absentéisme est le problème numéro 1 dans la France du travail, juste après le chômage. À un moment, il faut arrêter de se raconter des mensonges. Il faut être un peu cohérent et réagir avant qu’il ne soit trop tard. Car le trou de la sécu ne saurait se boucher de lui-même. On ne parlera pas des retraites.

LE PITCH

Beth Emhoff (Gwyneth Paltrow) est le premier domino d’une longue série de mouches qui tombent comme elles sont censées le faire.

L’HISTOIRE

Mitch Emhoff (Matt Damon) est inquiet. Sa femme a attrapé la grippe lors d’un voyage à Honk-Kong. Elle revient palote et fiévreuse. Apparemment c’est contagieux parce que leur fils Clark montre déjà des symptômes.

Mitch a raison de s’inquiéter: Beth n’a pas la grippe. Son virus est incurable. Son état s’aggrave très vite au point qu’elle finit sa course à l’hôpital. Mitch a du mal à y croire.

Unfortunately, she did die.

Right. Can I go talk to her?

Elle est pourtant bien morte. Et quand Mitch rentre chez lui, il est déjà trop tard. Clark est mort aussi. Mitch est aussitôt mis en quarantaine puis relâché car il semble immunisé. Tout comme sa fille Jory qu’il a eu avec sa première épouse et qu’il essaie de protéger de la panique ambiante.

Car l’épidémie prend de l’ampleur. Le département de la Sécurité Intérieure rencontre le docteur Ellis Cheever (Laurence Fishburne) pour savoir s’il s’agit d’une attaque bio-terroriste. L’épidémiologiste Erin Mears (Kate Winslet) est dépêchée sur place pour retrouver le patient zéro et mieux comprendre l’origine de ce virus mystérieux. Elle doit également se battre contre les bureaucrates locaux afin d’obtenir plus de moyens pour soigner les malades. Elle tombe malheureusement malade et meurt elle-aussi.

Au centre des préventions des maladies d’Atlanta, le docteur Ally Hextall (Jennifer Ehle) découvre que le virus MEV-1 est le fruit d’un cochon infecté par une chauve-souris.

À l’Université de Californie, le docteur Ian Sussman (Elliott Gould) viole le protocole en refusant de détruire des cellules souches lui permettant de travailler sur un vaccin potentiel.

Le bloggeur Alan Krumwiede (Jude Law) parle de théorie du complot. Il se prétend guéri grâce au Forsythia, un traitement homéopathique ; déclenchant au passage des mouvement de foules dans les pharmacies. Tout cela s’avérera n’être qu’un vilain mensonge. Krumwiede n’a pas été infecté. Il a juste été sponsorisé par un cabinet pharmaceutique pour promouvoir le Forsythia. Arrêté et mis en prison pour fraude et conspiration, Krumwiede est finalement remis en liberté grâce à ses milliers de fans qui ont payé sa caution.

C’est finalement le Dr. Hextall qui trouve un vaccin. La production est limitée. Une gigantesque loterie est donc organisée pour attribuer les vaccins.

À Honk-Kong, l’épidémiologiste Leonora Orantes (Marion Cotillard) est à la recherche du fameux patient zéro et remonte jusqu’à Emhoff qui aurait mieux faire de s’abstenir de manger du porc sauté sauce du chef. Sun Feng (Chin Han), le collaborateur de Orantes la fait kidnapper et réclame en échange des doses de vaccin pour son village. Elle est finalement libérée puis retourne au village après avoir appris que les doses en question étaient des placebos.

Cette épidémie foudroyante aura fait 26 millions de victimes.

L’EXPLICATION

Contagion c’est la viralité (au sens de buzz).

Le virus MEV-1 se propage à la vitesse d’une vidéo YouTube et sa répercussion est planétaire.

C’est donc l’histoire d’une psychose parce qu’on réalise avec horreur qu’on ne peut tout simplement plus rien arrêter. Nous sommes dans le Titanic et l’eau a déjà franchi les premiers compartiments. C’est foutu. Nous sommes pris dans un mouvement de foule contre lesquels les frontières ou les murs ne servent à rien, n’en déplaise à Donald Trump.

C’est l’histoire d’une paranoïa parce qu’on sait pertinemment que ça nous pend au nez. Nous sommes déjà dedans, jusqu’au cou. C’est le prix à payer pour la société mondialisée que nous avons souhaitée. On peut manger des fraises en hiver et c’est tant mieux. De l’autre côté, nous n’avons plus aucune intimité. Absolument plus rien ne passe inaperçu. Alors qu’avant les femmes pouvaient encore se balader dans les rues de New York et se faire harceler, en toute discrétion. Aujourd’hui, ce sont déjà plus de 40 millions de personnes qui peuvent en témoigner. Tout est identifié, amplifié, partagé. Et les conséquences deviennent souvent cataclysmiques. En l’occurrence, le virus fait autant de morts que la Corée du Sud. Et la Corée du Sud c’est Samsung et ses 325 millions de smartphones vendus en 2015. Ça n’est pas n’importe quoi quand même!

Contagion montre la vitesse à laquelle le monde peut s’emballer. À l’annonce des premiers cas de MEV-1, le département de la Défense sur le qui-vive se tourne immédiatement vers une nouvelle attaque terroriste, refusant la possibilité de ce qu’on appelle la viralité organique. C’est à dire une viralité qui ne doit rien à personne – contrairement à certains bébés dont les premiers millions de vues avaient tout simplement été achetés de manière à nous inciter à relayer cette vidéo, faisant à la fois de la publicité pour Évian et Youtube. Le virus est sournois.

Le monde a perdu toute lucidité. Les pharmacies sont prises d’assaut. Les gens sautent des ponts. Les scientifiques n’obéissent plus aux ordres. Rien ne va plus.

Contagion c’est la condamnation du buzz parce qu’il naît d’une connerie.

Somewhere in the world, the wrong pig met up with the wrong bat.

Parce que Contagion c’est aussi l’histoire de la connerie. Rien de plus contagieux que la connerie. Beth fait l’erreur de s’arrêter à Chicago pour tromper son mari et facilite ainsi la propagation du virus. Alan donne du volume à la connerie en parlant d’homéopathie (rien ne vaudra un bon antibiotique). Et Erin fait la connerie de croire que son statut d’épidémiologiste la protège du virus. La connerie en appelle une autre et fait boule de neige (ou tâche d’huile).

On retiendra que pour ne pas infecter les autres, il ne faut pas repartager une vidéo débile. Et que la meilleure façon d’y arriver reste encore de ne pas s’y exposer. L’intelligence est le seul rempart contre la connerie et notre seul vaccin contre le buzz. Il faut donc s’abstenir et ne pas regarder, comme Indiana Jones sait le faire. L’intelligence consiste en premiers lieux à ne pas regarder Cyril Hanouna.

Notons aussi qu’en l’occurrence, l’intelligence semble être associée avec l’idée de s’abstenir… de manger du porc, comme par hasard. Emma ne tombe pas malade en bouffant du poulet! Ce qui tend à prouver que les Juifs ou les Musulmans ont raison depuis le début. On peut se passer de Cyril Hanouna. Peut-on raisonnablement vivre dans un monde dépourvu de Bâton de Berger?

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

5 commentaires

  • Aucun intérêt, digressions personnelles sans rapport avec le film qui parle de pandémie et non pas des vidéos youtube ni de la nullité du canal C8 , Pourquoi, a la fin du film, la pelleteuse portant le nom d’une société dont le nom est vu à plusieurs reprises dans le film, détruit elle le bananier dans lequel se trouve la chauve-souris porteuse du virus ? That is the question?

    • Merci pour votre commentaire. Donc d’après vous, il s’agirait d’une théorie du complot?

Commentez ou partagez votre explication

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.