ALIENS

ALIENS
James Cameron, 1986

LE COMMENTAIRE

Au XXe siècle, le penseur Pierre Desproges faisait l’apologie de la résistance qu’il estimait être un moyen de donner du sens à sa vie sous l’occupation. Il n’y avait pas beaucoup de choix à l’époque. C’était résister ou collaborer. Faire sauter des ponts, c’était quand même plus drôle et noble que de sauter des connes. Et aux dernières nouvelles, France Gall n’a pas chanté « collabore! ».

LE PITCH

Ripley (Sigourney Weaver) se réveille 57 ans plus tard.

L’HISTOIRE

2179. Ripley est retrouvée puis rapatriée sur une station orbitale.

I think you’re damn lucky to be alive, kiddo. You could be floating out there forever.

Weyland-Yutani veut cependant lui mettre l’explosion du Nostromo sur le dos en contestant formellement l’existence du supposé alien qui aurait tué quasiment tout l’équipage. Il semblerait en effet que sur la fameuse planète LV-4-26 où le Nostromo s’était posé, on n’ait jamais trouvé la moindre trace d’alien depuis… Ripley se retrouve au chômage.

Burke (Paul Reiser), l’avocat de la compagnie, la recontacte néanmoins très vite car les liaisons ont mystérieusement été coupées avec LV-4-26. Il veut qu’elle l’accompagne en mission de reconnaissance. Encore traumatisée, Ripley accepte dans l’unique but de pouvoir retrouver son taf.

Ripley est escortée par les gros bras du lieutenant Gorman (William Hope), le caporal Hicks (Michael Biehn) et le droïde Bishop (Lance Henriksen) dont elle se méfie depuis sa mésaventure avec Ash. Le commando part en mission de reconnaissance, constate des traces d’affrontements violents mais ne trouvent personne d’autre que la petite Newt (Carrie Henn) qui se cachait depuis plusieurs semaines. Newt a vu l’horreur de trop près.

My mommy always said there were no monsters – no real ones – but there are.

Les soldats se rapprochent au cœur de la base où se trouvent tous les colons, prisonnier de cocons et recouverts de facehuggers. Ils se retrouvent bêtement en plein milieu du merdier. Les premiers Chestbursters éclatent et les Aliens déciment très vite la moitié des hommes de Gorman.

This can’t be happening, man! This isn’t happening!

Ripley découvre que Burke est le responsable de tout ce massacre et qu’il cherche à ramener un specimen d’alien sur terre en contournant l’astro-quarantaine. Les Aliens continuent de s’en donner à cœur joie. L’un d’entre eux kidnappe Newt. Ripley retrouve la petite fille, entourée d’œufs menaçants. Elle délivre Newt et met le feu aux œufs, déclenchant au passage la colère d’une Reine alien.

Vasquez (Jenette Goldstein), Gorman, Hicks, Bishop se sont soit fait défoncer le crane, soit couper en deux par les Aliens. Ripley réussit à s’enfuir avec Newt et se débarrasse non sans mal de la Reine alien. Les deux survivantes font route vers la terre en hyper-sommeil alors qu’un œuf vient d’éclore à bord du vaisseau spatial.

L’EXPLICATION

Aliens, c’est l’éclatement de la xénophobie.

Après avoir découvert le problème, Ripley ne peut plus fermer les yeux et faire comme s’il n’existait pas. Elle est presque obligée de retourner en enfer sur LV-4-26 parce que ce gros salaud de Burke lui fait du chantage professionnel. Parce qu’il y a toujours un maillon faible dans l’histoire. Si la montée de la xénophobie est permise par Kane le curieux. L’éclatement de la xénophobie est rendue possible par Burke le gourmand.

You know, Burke, I don’t know which species is worse. You don’t see them fucking each other over for a goddamn percentage.

Aliens, c’est la prise de conscience qu’on est dans une impasse. C’est l’expérience désagréable de l’arroseur arrosé que vivent les militaires, armés jusqu’aux dents et bien décidés à buter de l’alien. Ils vont se rendre compte qu’ils passent du statut de chasseurs à celui de traqués – comme dans un mauvais sketch des Inconnus.

Nous sommes dépassés par les événements. On pensait que le problème était isolé à une poignée de fascistes qu’on pouvait maîtriser. On a la mauvaise surprise de découvrir que les aliens sont en sureffectif, et tout autour de nous. Nous sommes entourés de racistes que nous n’avions pas vus pendant des années, qui sortent de terre par légions comme des zombies. La situation est explosive du fait du nombre. Aliens c’est l’hécatombe d’une guerre mondiale rendue inévitable. La vie se transforme alors en jeu de massacre, version shoot’em up. Sauf que nous sommes les victimes d’un carnage qui laisse très vite la place au désespoir. Les militaires increvables battent vite en retraite face à cet ennemi d’un nouveau genre.

That’s it, man. Game over, man. Game over! What the fuck are we gonna do now? What are we gonna do?

Les militaires démissionnent et se tournent aussi tôt vers maman, la queue basse, en quête de réponses.

Why don’t you put her in charge?

C’est donc une nouvelle fois grâce au courage de Ripley que la survie de l’espèce est assurée. Ripley est la femme qui s’élève contre une femme (monstrueuse) pour en libérer une autre (Newt).

Get away from her, you bitch!

Aliens c’est enfin la prise de conscience qu’il est l’heure d’être intelligent. Il est devenu évident que la force ne pouvait pas venir à bout de ces créatures. Il est temps de se mettre à réfléchir un peu plus loin que le bout de son fusil mitrailleur. Et l’espoir vient… de Bishop.

I may be synthetic, but I’m not stupid.

Bishop est un droïde. Tout comme l’alien, il est l’étranger. À ce titre, il est victime de discrimination. Contrairement à l’alien, il ne tue pas tout le monde. Il essaie au contraire de rectifier le tir intelligemment, en replaçant d’abord les choses dans leur contexte.

We always have a synthetic on board.

I prefer the term Artificial Person myself.

Pour remédier à la xénophobie, qui est le néant sociétal, il faut d’abord reconstruire les fondations et s’assurer de leur solidité. Sinon c’est tout l’édifice qui va encore trembler au prochain coup de vent. Bishop n’hésite donc pas à repartir de la base, s’inspirant de Robert Charlebois : « Moi Tarzan, Toi Jane« . C’est bête et pourtant ça fonctionne. Il évite les raccourcis qui conduisent encore certains à dire que Bamboula c’est acceptable.

Ce sont finalement ces fameux droïdes que l’on redoute aujourd’hui car ils risquent bientôt de mettre des millions de routiers au chômage, ce sont eux qui nous donnent pourtant une belle leçon et nous montrent gentiment le chemin vers des jours meilleurs.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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