GOODFELLAS

GOODFELLAS
Martin Scorsese, 1990

LE COMMENTAIRE

On dit des ‘dîners client’ qu’ils sont les meilleurs parce qu’on se retrouve souvent dans des endroits où l’on ne pourrait pas se permettre de mettre les pieds sans faire une note de frais. On  signe des chartes de déontologie et de bonne conduite chaque année, ce qui ne nous empêche pas de profiter. On n’oublie pas de rigoler très fort quand le client fait des blagues car ça fait partie du jeu. Même si le client est con, il reste toujours le plus drôle. C’est la règle. Il ne faut pas commettre d’impair, sinon les contrats ne sont pas signés. Et là soudainement tout devient beaucoup plus cher et nettement moins amusant.

LE PITCH

Henry Hill (Ray Liotta) retourne sa veste.

LE RÉSUMÉ

Henry goûte à la vie de gangster dans les années 50.

As far back as I can remember I always wanted to be a gangster.

À l’époque, il n’est qu’un lycéen boutonneux et impressionné par le train de vie de ces hommes qui se garent où ils veulent sans se faire ennuyer par la police. Il commence à travailler pour « Paulie » Cicero (Paul Sorvino).

It was there that I knew that I belonged.

Henry fréquente les gens du milieu. Quelques années plus tard, il joue dans la cour des grands au Copacabana aux côtés de personnalités comme « Jimmy the Gent » Conway (Robert de Niro). Tout le monde est copain avec tout le monde et pourtant il faut rester sur ses gardes car le vent change vite de direction avec Tommy DeVito (Joe Pesci).

You’re a pistol, you’re really funny. You’re really funny.

……. What do you mean I’m funny?

It’s funny, you know. It’s a good story, it’s funny, you’re a funny guy.

What do you mean, you mean the way I talk? What?

It’s just, you know. You’re just funny, it’s… funny, you know the way you tell the story and everything.

Funny how? What’s funny about it?

Tommy no, you got it all wrong.

Oh, oh, Anthony. He’s a big boy, he knows what he said. What did ya say? Funny how?

Henry tombe amoureux de Karen (Lorraine Bracco) à qui il sort le grand jeu pour mieux la séduire. Tout roule comme sur du velours. Jusqu’à ce que Tommy n’explose la tête de Billy Batts (Frank Vincent) à cause d’une blague de trop. Henry perd doucement son appétit et sa tchatche.

You don’t eat much. You don’t talk much.

Il trompe sa femme et plonge dans le mélodrame. Paulie intervient même pour arrondir les angles. La bande se retrouve ensuite en prison d’où ils continuent de piloter leur business.

À sa sortie, Henry commence un business de cocaïne dans le dos de Paulie qui n’est pas dupe.

Don’t make a jerk out of me. Just don’t do it!

Henry n’écoute rien. Il implique même Jimmy et Tommy dans son affaire. L’argent coule à flot mais Jimmy devient méfiant. Henry devient nerveux. Et puis Tommy se fait tuer à cause de Billy Batts.

Henry sombre dans la paranoïa (et la coke). Il se fait pincer et craint que Jimmy ou Paulie ne cherchent à se débarrasser de lui. Alors il passe un deal avec les fédéraux et balance tout le monde. Paulie et Jimmy retournent en prison. Henry finit sa vie dans un pavillon de banlieue, sans gloire.

And now it’s all over. Today everything is different. There’s no action. I have to wait around like everyone else. I’m an average nobody. 

goodfellas

L’EXPLICATION

Les Affranchis, c’est (presque) la belle vie.

La belle vie, telle que Sacha Distel la définissait, est une vie dans laquelle on est libre, on s’aime, on traîne, on s’amuse à passer des nuits blanches avec ses copains. C’est cette grande vie que découvre Henry. Quand il rejoint la bande à Paulie, c’est un peu comme s’il obtenait sa majorité. Il a l’impression d’exister.

I knew everybody and everybody knew me.

Tout est facile. L’argent, les amis… toutes les portes s’ouvrent, les hommes d’influences viennent vous manger dans la main. Les chaussures brillent, les costards sont bien repassés, les voitures sont spacieuses, les femmes sont belles. C’est le bon côté des choses.

Dans la belle vie de Sacha Distel il n’y a effectivement pas de problème. Il n’y a pas non plus de soucis. Et c’est là que le bas blesse. Henry va découvrir que chaque médaille a un revers. Et il va commencer à développer une anxiété qui va l’empêcher de fonctionner. Ses amis essaient pourtant de le réconforter.

What do you worry about? You worry too much!

Rien n’y fait. Henry est un angoissé du bocal. C’est sa nature. Il a peur de dire quelque chose de travers. Il a peur qu’on lui tire dans le dos. Cette anxiété a commencé lorsqu’il a compris que tout pouvait s’arrêter brusquement par la faute d’un caprice. Il s’est d’abord senti à l’aise dans le confort de cette grande famille qu’est la mafia puis s’est rendu compte qu’au sein de cette famille c’était avant tout chacun pour soi, en dépit des belles promesses.

You know, we always called each other good fellas. Like you said to, uh, somebody, « You’re gonna like this guy. He’s all right. He’s a good fella. He’s one of us. »

La notion de faire partie d’un tout prend effectivement du plomb dans l’aile lorsque Tommy abat froidement Spider (Michael Imperioli), sans raison. Joan Osborne se demandait si Dieu était l’un des nôtres. Et bien s’il était des nôtres, il faudrait d’abord qu’il boive son verre comme les autres. Il faudrait ensuite qu’il surveille ses arrières. Car on ne peut faire confiance à personne. Henry le réalise et commence alors à tromper Karen. La pression devient trop importante. Il se sent prisonnier. Il ne peut plus se réfugier auprès de ses supposés amis alors il se réfugie dans la drogue. Erreur. Il est plus que jamais seul et fait absolument n’importe quoi. Sa plus grosse bourde sera de passer de l’autre côté de la barrière en dénonçant sa famille entière au FBI. Il signe son arrêt de mort. Sa disparition ne sera pas brutale mais lente et pénible, vers l’anonymat.

Quand on choisit de vivre une vie, on prend ses responsabilités. On la vit jusqu’au bout. Impossible de revenir en arrière. Henry a voulu jouer en profitant des avantages, sans les inconvénients. Tout a pourtant un prix. Sa dénonciation le condamne à une vie d’errance. Lui qui avait toujours rêvé d’être quelqu’un s’est transformé en fantôme.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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