OBLIVION
Joseph Kosinski, 2013
LE COMMENTAIRE
On a toutes et tous un satellite dans la tête, qui parasite les pensées. Il n’appartient qu’à soi de faire exploser ce qui empêche d’être véritablement soi-même. Soyez donc résolus à ne plus servir. Ce n’est pas très compliqué, dit ainsi.
LE PITCH
Alors qu’il finit sa mission sur terre, un homme voit ses certitudes bouleversées.
LE RÉSUMÉ
Après une guerre nucléaire contre les extra-terrestres, la terre est devenue inhabitable (cf Wall-E). Les survivant·es sont parti·es sur le Tet, une gigantesque station orbitale (cf Elysium), en attendant de rejoindre Titan, une lune de Saturne. Jack Harper (Tom Cruise), le technicien 49, et sa compagne Vika (Andrea Riseborough) s’occupent de la maintenance des drones jusqu’à ce que des plateformes aient fini de drainer les océans pour fournir de l’énergie dont l’humanité aura besoin sur Titan (cf Le Désert des Tartares).
Les rapaces attaquent encore. Il faut être vigilant.
Jack est perturbé par un rêve récurrent dans lequel il se retrouve à New York, pré-guerre, en compagnie d’une jeune inconnue.
Earth, before the war. New York, before I was born. A place I’ve only seen pictures of. I know you… But we’ve never met. I’m with you… But I don’t know your name.
Puis il se lève pour aller travailler, comme d’habitude. Il n’a plus que deux semaines à tirer. Cependant il a du mal à se résoudre à quitter la terre qu’il considère encore comme son chez lui. Jack ne cesse de se questionner. Il lit de la poésie, ce qui commence à inquiéter Vika.
Lors d’une mission, il rencontre la femme de ses rêves, Julia (Olga Kurylenko), et la protège d’un drone qui cherche à l’abattre. Julia et Jack découvrent que les fameux rapaces se trouvent être… des humains! Le leader de la résistance Malcolm Beech (Morgan Freeman) propose à Jack de se rendre en zone interdite pour trouver la vérité.
I’ve been watching you, Jack. You’re curious. What are you looking for in those books? Do they bring back old memories? Don’t ask too many questions. They lied to you. It’s time to learn the truth.
C’est au sommet de ce qui reste de l’Empire State Building que Julia révèle à Jack qu’elle est sa femme. Vika assiste à la scène et dénonce Jack à Sally (Melissa Leo) qui envoie un drone sur le champs pour les abattre. Jack et Julia parviennent à s’enfuir mais s’échouent en zone interdite. Il découvre un secteur sous la protection d’un clone de Jack, le technicien 52, qui reporte à un clone de Vika.
En réalité, le Tet est une intelligence artificielle qui a détruit la lune, créant de multiples dérèglements sur Terre. Lors d’une mission de reconnaissance, le Tet a capturé Jack et Vika, deux astronautes chevronnés, leur a effacé la mémoire, les a clonés par milliers pour exterminer l’humanité et mieux s’emparer des ressources naturelles de la planète (cf Killers of the Flower Moon). L’un des clones de Jack était apparemment différent.
Jack 49 part en mission suicide, accompagné de Malcolm, pour faire exploser le Tet.
I created you, Jack, I am your God.
Fuck you Sally!
Trois ans plus tard, Jack 52 retrouve lui aussi la mémoire. Il peut rejoindre Julia et sa fille pour profiter de leur petite cabane au Canada.
L’EXPLICATION
Oblivion, c’est un impossible formatage.
Les catastrophistes pensent que c’est foutu et qu’on ferait mieux de toutes et tous partir vivre dans les bois (cf It comes at night, Jusqu’au Déclin, Captain Fantastic). Il suffit de constater le dérèglement climatique (cf le Jour d’après) et de voir que l’intelligence artificielle va bientôt faire de l’humanité une batterie (cf Matrix).
Heureusement que les humanistes font de la résistance. On a peut-être une bonne raison de rester optimiste grâce à sa conscience, quelque chose que les machines n’auront jamais – comme les lundis au soleil (cf Podium).
Alors que tout semble foutre le camp, il n’est peut-être pas trop tard (cf Ariaferma).
If we have souls, they are made of the love we share… undimmed by time and bound by death.
Jack et Vika sont deux clones sans la moindre sensibilité. Ils sont sur terre en mission. Prenant leurs ordres d’un commandement qui les surveille à travers un système d’auto-évaluation. On leur pose régulièrement la question de savoir s’ils estiment toujours être une équipe efficace.
Are you an effective team?
Tous les deux sont aux ordres. Formaté·es. Ils font bien leur boulot, tous les jours, sans se questionner. Ensemble. Amoureux. Ils font du sexe dans la piscine. Leur perspective : les vacances. L’échéance : deux semaines. Youpi!
Comme tout le monde.
Jack et Vika sont à l’image de celles et ceux qui sont coincé·es dans leur carrière. À aller au yoga ou à la salle comme des automates, à se comparer les salaires, obéir à on ne sait quelle autorité qui promet la lune sur Saturne (cf The Island).
N’importe quoi.
Attendre désespérément leurs prochaines vacances pour partir en Indonésie d’où ils pourront publier quelques contenus sur les réseaux sociaux pour faire baver leur communauté d’ami·es. Alors qu’en fait, on leur enverra plutôt des messages de sécurité à cause des séismes (cf The Impossible).
On sera quand même bien content de rentrer vivant et de reprendre son travail, pas comme certain·es (cf Open water). On ne s’en rend même pas compte, jusqu’à ce que l’on finisse par faire un burn out – qu’on vit comme un drame plutôt qu’une opportunité (cf Chute Libre). Comme si l’on se sentait coupable de plus tenir la cadence de cette vie de fou, pour ne pas dire autre chose.
Comment devient-on aussi terne ? Depuis quand se sent-on en mission ? D’où fait-on passer des lois par ordonnance, parce que c’est nécessaire pour la nation ? À partir de quand met-on le coude devant sa copie pour ne pas que le voisin puisse voir les réponses ? Quand a-t-on laissé le Tet détruire la lune ?
Heureusement que quelque chose se rappelle à son souvenir…
I remember.
Se rappeler de ce qui rend heureux, des petits bonheurs simples qui ignorent l’industrie du marketing (cf Buy Now). Ces instants que l’on passe à être dans la lune justement, peinard à côté d’un lac à rien faire, à se regarder dans les yeux, à vouloir décrocher les étoiles. Le coeur qui bat. C’est pour cela qu’on a envie de vivre (cf Army of the Dead).
I want mankind to survive.
Quand on s’en rappelle, on voit la vie autrement. On se rend compte qu’on croyait jouer dans la bonne équipe alors qu’on faisait erreur depuis le début (cf La Firme). Ce n’est pas grave car les rêves d’enfance ne sont jamais bien loin. Il n’est jamais trop tard. La grande démission.
Dans ce cas là, on n’a plus peur de se débrancher (cf Matrix). Ce n’est pas un sacrifice, plutôt une faveur que l’on se fait à soi-même. Quand on se rappelle de tout cela, au plus profond de soi, alors on trouve le courage nécessaire. Et surtout, on retrouve le sourire.
LE TRAILER
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