WALL-E

WALL-E
Andrew Stanton, 2008

LE COMMENTAIRE

L’Intelligence Artificielle, hier ça faisait rêver: les voitures s’assemblaient toutes seules sur les chaînes de montage pendant que les ouvriers de chez Peugeot partaient en vacances aux Maldives. L’Intelligence Artificielle aujourd’hui est devenue l’ennemie, la mécanique qui nous remplace. Ava tue l’homme. Terminator, Matrix, Alien représentent des réalités dans lesquelles la machine réduit l’humain a un rôle de résistant, de pile électrique ou de mère pondeuse. Le robot est par définition démoniaque. Impossible d’imaginer comment lui peut nous représenter par contre: obèses, gourmands, fainéants, assistés, inintéressants. Non merci. Impossible d’imaginer la possibilité d’un monde gouverné par les machines qui pourrait être meilleur.

LE PITCH

En 2805, les terriens ont abandonné leur poubelle.

L’HISTOIRE

Les terriens ont embarqué sur une croisière intersidérale pendant que la société Buy-N-Large s’occupe de dépolluer la planète.

Too much garbage in your face? There’s plenty of space out in space! BnL StarLiners leaving each day. We’ll clean up the mess while you’re away.

WALL-E (Waste Allocation Load Lifter-Earthclass) est le dernier robot compacteur en état de marche. Il ramasse les déchets pour mieux tromper sa solitude. Il trouve une racine, par hasard.

Dans la foulée, un autre robot EVE (Extraterrestrial Vegetation Evaluator) débarque également sur terre afin d’examiner le sol et confirmer si une forme de vie sur terre est de nouveau possible. WALL-E a le coup de foudre pour EVE et l’invite dans son petit appartement coquet pour lui offrir la petite plante qu’il a trouvée.

EVE s’en empare et se met en veille avant de repartir dans l’espace. WALL-E la suit sur le vaisseau spatial Axiom où les humains mènent une vie de patachons, les membres atrophiés de ne plus rien faire d’autre que de regarder la télé en sirotant des milkshakes, avachis sur des fauteuils volants.

Well, good morning, everybody, and welcome to day 255,642 aboard the Axiom. As always, the weather is a balmy 72 degrees and sunny, and, uh… Oh, I see the ship’s log is showing that today is the 700th anniversary of our five year cruise. Well, I’m sure our forefathers would be proud to know that 700 years later we’d be… doing the exact same thing they were doing. So, be sure next mealtime to ask for your free sep-tua-centennial cupcake in a cup. Wow, look at that.

WALL-E découvre que si une trace de vie est placée dans le holo détecteur, la mission se dirigera automatiquement vers la terre. AUTO l’ordinateur de bord ne l’entend pas de cette oreille. Il obéit à une directive du patron de BNL vieille de 700 ans.

Hey there, autopilots. Got some bad news. Um… Operation Cleanup has, well uh, failed. Wouldn’t you know, rising toxicity levels have made life unsustainable on Earth. Darn it all, we’re gonna have to cancel Operation Recolonize. So uh, just stay the course, um… Rather than try and fix this problem, it’ll just be easier for everyone to remain in space. Uh, I think – huh? Okay, I’m giving override, uh, Directive A113. Go to full autopilot. Take control of everything, and do not return to Earth. I repeat, do not return to Earth.

Il capture le capitaine McCrea, désactive EVE et tente de confisquer la plante. Le capitaine parvient à reprendre le contrôle du vaisseau grâce au sacrifice de WALL-E et à placer la plante dans le holo détecteur.

Une fois sur terre, EVE tente de réparer WALL-E qui semble avoir perdu son charme. Elle va l’embrasser et réactiver sa carte mémoire. Les deux robots se retrouvent pendant que les humains transformés en chamallows essaient de se réhabituer au concept d’apesanteur et de se remettre à l’agriculture.

This is called farming! You kids are gonna grow all kinds of plants! Vegetable plants, pizza plants.

L’EXPLICATION

WALL-E c’est sortir de ses gonds encrassés.

La routine est perverse au sens où elle ne cherche pas à s’imposer à nous, en grandes pompes. Au contraire, elle se propose à nous de manière à ce qu’on la laisse s’installer progressivement. Elle ne fait pas rêver mais elle est très polie. Elle se satisfait de chaque petite victoire au quotidien. Les pantoufles. Les soirées à mater des séries TV plutôt que de copuler. Péter. Commander la même pizza, au même endroit, chaque dimanche soir, chaque semaine. La routine est comme le désert de France Gall, elle avance. Au point qu’un jour on se retourne et notre vie n’a plus rien à voir avec celle dont on rêvait, celle des premiers jours. On se rend compte qu’on est devenu tout gros, tout mou… et qu’on ne peut plus sortir de son canapé. C’est trop tard. On a laissé l’auto-pilote prendre le contrôle. Nous ne sommes plus le capitaine de notre propre vaisseau.

Il en va de l’Amérique de Donald Trump qui a imposé son petit bal des horreurs, semaine après semaine: réflexions machistes par ci, incitations à la haine raciale par là. Et puis hop on se réveille un beau matin au milieu d’une Amérique rustre et fasciste.

Il en va de même de l’environnement. Il y a d’abord l’avertissement de la couche d’ozone. Et puis on continue. Les énergies fossiles, les mines de charbon, le nucléaire qu’on ne peut pas recycler. Le continent de plastique. On se donne bonne conscience avec quelques éoliennes, le photovoltaïque, les voitures électriques en prenant soin de ne pas parler de la pile du moteur. On se concentre plutôt sur le gaz de schiste. Et puis les températures augmentent. La glace qui fond, les ours polaires qui fondent, les tempêtes qui soufflent de plus en plus fort, les inondations qui se répètent de plus en plus fréquemment. Et puis les États-Unis se retirent des Accords de Paris (Trump encore). Parce que la planète c’est important, mais moins que l’économie. Ça sert à rien d’avoir une planète saine si l’économie ne fonctionne. À quoi bon la forêt amazonienne si elle nous prive du plein emploi? Alors ça chauffe encore et encore. Et puis on est en train de perdre la bataille. Fake news? Alors on abandonne et on danse?

WALL-E montre qu’il n’est jamais trop tard pour sauver les meubles, même 700 ans plus tard. Il est toujours temps de retrouver un peu de personnalité et prendre ses responsabilités.

Out there is our home. HOME, Auto. And it’s in trouble. I can’t just sit here and-and-do nothing.

Le capitaine McCrea, c’est Emmanuel Macron. Celui qui ne baisse pas les bras et qui gesticule dans tous les sens pour qu’on retourne sur terre y planter des pizzas. Il ne le fait sûrement pas tant pour l’humanité qu’il ne le fait pour laisser une trace dans l’histoire de l’humanité. Peu importe la raison, il le fait. Et ça nous arrange tous car personne ne veut vivre dans une déchetterie comme au Nigéria.

On the Axiom, you will survive.

I don’t want to survive. I want to live.

On a chanté comme des veaux sur Gloria Gaynor en 1998, en croyant qu’on était des papes. On n’avait rien compris. La Coupe du Monde 2018 approche. Il est temps de changer de disque et se mettre à Skillet.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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