GOLDFINGER

GOLDFINGER

Guy Hamilton, 1964

LE COMMENTAIRE

Arlette Laguiller, fameuse militante communiste de la fin du XXe siècle, alertait déjà en son temps les travailleurs et les travailleuses sur le risque des fake news. On nous ment, on nous spolie disait-elle. Elle n’avait pas tort dans le fond. L’industrie marketing nous prend pour des imbéciles en gâchant nos étés pire que la canicule avec des chansons qui ne sortent plus de nos têtes. On nous dit qu’il faut se démarquer et on se fait vendre les mêmes paires de baskets. L’industrie marketing s’empare également de nos terrasses en nous imposant ses cocktails amers. Alors que rien ne vaudra jamais un bon vieux pastis, avec une feuille de menthe.

LE PITCH

L’agent 007 tente de contre-carrer les plans d’un milliardaire excentrique.

LE RÉSUMÉ

Après avoir sauvé le monde en Amérique du Sud, l’agent 007 (Sean Connery) s’octroie des vacances bien méritées en Floride. Croit-il. M (Bernard Lee) lui demande d’en profiter pour surveiller un richou du nom de Auric Goldfinger (Gert Fröbe). Un fan de métaux précieux.

This is gold, Mr. Bond. All my life I’ve been in love with its color… its brilliance, its divine heaviness.

L’espion britannique séduit Jill Masterson (Shirley Eaton) pour se rapprocher de son objectif. Il est mis KO par Oddjob (Harold Sakata), l’homme de main de Goldfinger. À son réveil, Jill est morte, le corps couvert d’or.

Gold? All over?

She died of skin suffocation.

De retour à Londres, Bond apprend que Goldfinger a fait sa fortune en spéculant sur l’or et qu’il complote quelque chose. Il faut l’avoir à l’oeil. James reprend sa filature et défie Goldfinger dans une partie de golf. Ce dernier l’avertir courtoisement. Personne ne doit se mettre sur sa route, peu importe le modèle d’Aston Martin.

Man has climbed Mount Everest, gone to the bottom of the ocean. He’s fired rockets at the Moon, split the atom, achieved miracles in every field of human endeavor… except crime!

Bond découvre le plan machiavélique du roux. Avec l’aide du physicien nucléaire Mr. Ling (Burt Kwouk), Goldfinger compte irradier les réserves d’or américaines basées à Fort Knox dans le Kentucky. Ainsi, il permettrait à la Chine de jouer un rôle majeur sur l’échiquier géopolitique international. Et ses réserves d’or considérables lui permettraient d’asseoir son influence.

I apologize, Goldfinger. It’s an inspired deal! They get what they want, economic chaos in the West. And the value of your gold increases many times.

Bond use à nouveau de ses charmes pour convaincre l’assistante de Goldfinger, Pussy Galore (Honor Blackman). Lors d’un affrontement mémorable, il parvient à désamorcer la bombe 7 secondes avant que celle-ci n’explose. Classe.

Invité par le Président des États-Unis, Bond voit son avion détourné par Goldfinger. Il n’a pas d’autre solution que d’utiliser son calibre dans la cabine pour se débarrasser de son encombrant ennemi. 007 et Pussy Galore utilisent leur parachute pour se sauver et se cacher de l’hélicoptère venu les secourir. Apparemment, ils ont mieux à faire.

Oh no, this is no time to be rescued!

Goldfinger-Suit

L’EXPLICATION

Goldfinger, c’est la connivence Americano-Britannique.

On pourrait dire que l’Angleterre est aux États-Unis ce que le Portugal est au Brésil : un maître dépassé par son élève. Un empire dévoré tout cru par sa colonie.

Nous Français avons la rancune tenace. C’est bien connu. On ne pardonnera jamais aux Allemands d’avoir essayé de nous voler l’Alsace. Et on continue de faire payer à Benzema l’indépendance de l’Algérie.

De leur côté, les Anglais n’ont pas gardé une amertume particulière à l’encontre des Patriots, bien que l’effronterie de ceux-ci ait fortement contribué au déclin du Commonwealth. Il faut dire que sur leur île, ces imbéciles se croient encore tout puissants – forts de leur XV de la Rose et de leur Brexit sans accord. Ils sont persuadés que leurs bonnes manières les aideront à traverser les années en résistant aux attaques de zombies (cf 28 days later).

Shocking! Positively shocking!

Bond, à l’image de son pays, se pense au dessus de la mêlée. Il n’en est que plus méprisant.

Auric Goldfinger. Sounds like a French nail varnish.

Les Anglais ne se rendent pas compte à quel point ils sont hors jeu. Leur machisme est totalement à côté de la plaque.

What do you know about gold, Moneypenny?

Les Anglais s’imaginent être irrésistibles alors que la plupart des femmes préfèrent Rocco à Hugh Grant (cf 4 mariages et un enterrement). Et c’est normal. Le grand dadais blanc comme un cul qui bégaie sous la pluie : non merci!

You can turn off the charm. I’m immune.

Nan mais faut pas rigoler. Une bonne pizza ou des fish and chips? Le choix est vite fait.

Les Britanniques croient avancer cachés alors que tout le monde les calcule. Depuis le début les Anglais savonnent la planche de l’Europe. On le sait tous. Comme s’ils étaient une sorte de cheval de Troie ou de taupe. C’est évident.

You didn’t come here to play golf.

Ils font mine de ne pas poser les bonnes questions. Se font passer pour plus bêtes qu’ils ne le sont, ce qui les rend plus bêtes encore. Goldfinger est bien obligé de refroidir ce Bond aux sarcasmes insupportables.

Do you expect me to talk?

No, Mr. Bond, I expect you to die!

L’idéalisme Anglais ne pèse de toute façon plus très lourd face au réalisme américain (cf Les Vestiges du Jour).

You’ll kill 60,000 people uselessly.

Hah. American motorists kill that many every two years.

À la fin de l’histoire, les Anglais se font remettre à leur place comme il se doit par leur cousins obèses.

You know nothing, Mr. Bond.

En réalité, ils sont aux ordres. Au service de sa Majesté? Tu parles! James Bond fait mine de sauver le monde libre en déjouant les plans de Goldfinger. Hurray! En réalité, il est un agent à la solde de Washington puisqu’il préserve l’étalon or de Bretton Woods grâce auquel les Américains dominent le monde. Il fait rempart à la Chine, plus pour très longtemps. 007 n’est qu’un matricule, un pantin dont l’oncle Sam tire les ficelles.

Le serveur nous apporte de la sauce Worcestershire à la place du ketchup, mais le monde entier n’est déjà plus qu’un gros hamburger dégoulinant de graisse.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

Un commentaire

  • Le meilleur James Bond des années 60 et même de tous les Sean Connery

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