TUEURS NÉS
Oliver Stone, 1994
LE COMMENTAIRE
Quand rien n’indique la fin de la nuit, et que l’été semble encore loin… On peut toujours chercher vers le ciel. Chercher un signe, plutôt qu’un dieu. Une bonne étoile, filante.
LE PITCH
Un couple de tueurs en série enflamment les médias américains.
LE RÉSUMÉ
Mickey Knox (Woody Harrelson) et sa femme Mallory (Juliette Lewis) tuent deux hommes dans un diner du Nouveau Mexique après qu’ils cherchent à abuser d’elle.
‘Mallory’ whatever. Who gives a shit! I call it ‘pussy’.
Tous les deux se sont rencontrés par hasard. Mickey livrait de la viande. Mallory se faisait abuser par son gros porc de père (Rodney Dangerfield).
You stupid bitch. Watch your language or I’ll kick the shit out of you, like I do her. So if your ass is in this house, it’s my ass… Move it upstairs and take a shower. Make sure it’s a good shower because I’m coming up after to see how clean you are…
Beurk.
Mickey est revenu la chercher, et en a profité pour tuer ses parents au passage.
Ils traversent plusieurs états américains et se marient au dessus d’un pont. Leur vadrouille fait plus d’une cinquantaine de victimes. Leurs crimes les ont élevés au rang de vedettes médiatiques.
What do you think of Mickey and Mallory?
They’re hot.
Le détective Jack Scagnetti (Tom Sizemore) rêve de les coffrer. Sous ses airs respectables, lui aussi est un dangereux psychopathe encore traumatisé par la mort de sa mère assassinée par Charles Whitman. Il étrangle des femmes en toute impunité.
Le journaliste Wayne Gale (Robert Downey Jr.) rêve d’interviewer le couple sacré pour son programme American Maniacs.
Après avoir été mordus par des serpents à sonnette, Mickey et Mallory sont finalement arrêtés aux abords d’une pharmacie.
Un an plus tard, Mickey et Mallory doivent être respectivement transférés dans des asiles psychiatriques. Scagnetti est chargé de leur transfert. Le directeur du centre pénitencier Dwight McClusky (Tommy Lee Jones) préférerait plutôt les voir morts.
Gale obtient une interview de Mickey lors de laquelle il se déclare être un tueur né.
I came from violence. It was in my blood. My dad had it. (…) I’m a natural born killer.
Ces mots suffisent à embraser les co-détenus qui déclenchent un émeute. Mickey en profite pour s’emparer d’une arme et tuer des matons. Mallory se débarrasse de Scagnetti qui voulait la violer.
Tandis que McClusky se fait lyncher, le couple s’évade en prenant Gale en otage
You want reality, you got it.
Dans les bois, ils abattent le journaliste devant la caméra.
Have some dignity…
I thought a bond developed between us!!
No, not really. You’re scum, Wayne, you did it for ratings, you don’t give a shit about us or anybody else except yourself. That’s why nobody gives a shit about you, that’s why « helicopters » were not « deployed. » (…) Killing you and what you represent is a statement.
Plusieurs années plus tard, Mickey et Mallory sont toujours en cavale mais dans un mobile home avec leurs enfants – comme une bonne famille américaine moyenne qui se respecte (cf Nomadland).
L’EXPLICATION
Tueurs nés, c’est le monde animal.
Jean-Jacques Rousseau a affirmé que l’individu naissait bon. Dans cette vision des choses, c’est la société qui corrompt l’individu.
On pourrait effectivement mettre en perspective le casier judiciaire de Mickey et Mallory avec leur passé familial. Mickey a été régulièrement violenté par son père qui a fini par se suicider dans un champ. Mallory a été battue puis violée de manière répétée par le sien. Forcément, elle a une piètre opinion d’elle-même ou de Mickey.
I think we’re demons.
Dans ces circonstances, il est effectivement plus compliqué de rejoindre une école de commerce et de faire carrière (cf Varsity blues).
Mais ce n’est pas impossible!
Le fait que ces deux produits de la société se soient transformés en animaux ne saurait être excusé par les mauvais traitements qu’on leur a infligé.
Mickey & Mallory Knox are without a doubt the most twisted depraved pair of shitfucks it has ever been my displeasure to lay my goddamn eyes on. I tell you these two motherfuckers are a walking reminder of just how fucked up this system really is.
Au diable les théories Rousseauistes! Les spécialistes sont formels.
Mickey and Mallory know the difference between right and wrong. They just don’t give a damn.
D’ailleurs, Mickey ne se cache derrière rien ni personne. Aucune circonstance atténuante. Son existentialisme est au delà de tout soupçon. Il prend ses responsabilités et assume pleinement ses actes.
In this day and age, a man has to have choices.
Contrairement à Gale ou au directeur de la prison qui ne comprennent pas pourquoi leur violence se retourne contre eux.
Is this happening to me?
Le monde entier est bien en train d’accompagner Mickey et Mallory dans la sauvagerie.
The world is coming to an end.
Dans ce monde devenu animal, qui est le plus cruel ? C’est la question que pose Mickey.
Who’s innocent?
Les figures censées représenter l’autorité comme Scagnetti commettent également des horreurs. Quant aux médias représentés par Gale, ils jettent de l’huile sur le feu au nom de l’audimat (cf Night call).
The episode on Mickey and Mallory was one of the most popular!
De son propre point de vue, et compte tenu de la violence environnante (cf Bronson), Mickey ne s’estime pas différent des autres. Il est peut-être même moins hypocrite d’une certaine façon.
I don’t think I’m any crazier than you are, (…) I used to be you and then I evolved.
Sa théorie sur le meurtre tient même debout.
It’s just murder. All God’s creatures do it. You look in the forests and you see species killing other species, our species killing all species including the forests, and we just call it industry, not murder. (…) Murder? It’s pure. You’re the one made it impure. You’re buying and selling fear. You say « why? » I say « why bother? »
Le constat qu’il dresse sur la société est assez juste.
Only the vicious survive.
La loi du plus fort s’applique dans un monde darwinien. Mickey et Mallory se sont fondus dans cette société de manière inaperçue. Personne ne les remarque même plus entre deux films d’horreur, ou deux faits divers…

