LES BLUES BROTHERS
John Landis, 1980
LE COMMENTAIRE
Pour certain·es, il est très difficile de rester en place plus de cinq minutes. Ce qui est vrai à l’école maternelle l’est encore souvent des années plus tard. L’hyper-activité ne devrait cependant pas empêcher de savoir profiter des petits moments de calme avant la tempête (cf Léon).
LE PITCH
Deux frangins en cavale tentent de sauver leur orphelinat.
LE RÉSUMÉ
Elwood Blues (Dan Aykroyd) attend patiemment son frère Jake (John Belushi) devant la prison où il vient de purger une peine de trois ans. À sa sortie, Jake avait promis de passer voir Soeur Mary Stigmata (Kathleen Freeman), dite la Pingouine.
You can’t lie to a nun. We got to go in and visit the penguin.
L’orphelinat catholique où ils ont été élevé risque d’être rasé à cause d’un défaut de paiement. Jake et Elwood s’engage à trouver une manière de payer les $5,000 de taxes. Ils ont onze jours pour que l’orphelinat soit en règles.
We’re on a mission from God!
C’est en assistant au sermon du Reverend Cleophus James (James Brown) que la lumière leur apparait : il faudra gagner cet argent légalement à travers une série de concerts, en reformant les Blues Brothers.
Il faut convaincre cinq anciens membres font désormais partie du groupe Murph and the Magic Tones. Madame Murphy (Aretha Franklin) tente de dissuader son mari. Il faut aussi convaincre le trompettiste (Mr. Fabulous Alan Rubin) qui s’est reconverti comme maître d’hotel dans un restaurant chic. En chemin pour convaincre les deux derniers membres du groupe, les Blues Brothers vont devoir défier une congrégation de nazis de l’Illinois et se mettre à dos un patron de bar de l’Indiana. Une mystérieuse jeune femme semble également poursuivre Jack.
Ils obtiennent de Ray (Ray Charles) qu’il leur fournisse le matériel, et leur ancien agent réserve une date au Palace Hotel Ballroom de Chicago. Un patron de label (Michael Klenfner) assiste au concert et leur propose la somme de $10,000 pour enregistrer un album. Les deux frères prennent la moitié et demande au patron de rembourser leurs dettes.
Ils doivent filer discrètement pour se rendre à l’administration fiscale.
Jake doit encore affronter la fameuse mystérieuse jeune femme, qui est en fait son ex (Carrie Fisher). Celle-ci lui en veut d’avoir fait annuler leur cérémonie de mariage à la dernière minute.
Oh, please, don’t kill us! Please, please don’t kill us! You know I love you baby. I wouldn’t leave ya. It wasn’t my fault!
You miserable slug, you think you can talk your way out of this? You betrayed me!
Les deux frères reprennent la poudre d’escampette avec toutes les forces de police du pays à leurs trousses.
Ils arrivent juste à temps pour régler la dette de l’orphelinat, avant d’être arrêtés par les autorités. Retour à la case prison.

L’EXPLICATION
Les Blues Brothers, c’est le miracle de la foi.
Dans le domaine sportif, les plus grand·es champion·nes sont connu·e pour être très croyant·es. Comme si la foi les libérait de l’enjeu et les soulageait du poids de l’épreuve (cf Les Chariots de Feu, La Couleur de la Victoire). Quoi qu’il advienne, la volonté de Dieu s’exprimera. Dès lors, plus besoin de stresser. Ce qui est bien pratique car l’absence de stress aide clairement à la performance – en plus de quelques produits dopants (cf Icarus).
Il en va de même pour les politiques ou les chef·fes d’entreprise, qui font souvent partie de congrégations où l’on prie le Tout Puissant.
À partir du moment où l’on sert Dieu, on ne peut pas se planter. C’est une forme de garantie.
À l’inverse, les athées se posent beaucoup plus de questions sur l’existence. Dès lors que Dieu n’existe pas, alors quel est le sens de la vie ? Bizarrement, les athées ne gagnent pas de compétition sportive et ne sont pas à la tête de gouvernements, ou de grandes entreprises. Pénalisé·es par leurs prises de tête incessantes, leur vie ressemblent à une prison.
Il faut retenir que sans un minimum de foi, on ne peut donc ni être heureux, ni réaliser de grandes choses.
C’est le cas des Blues Brothers qui vivotent de petits délits, jusqu’à ce qu’ils aient une révélation dans l’église baptiste du Reverend Cleophus James.
Tap-Dancing Christ! I have seen the light!
Jake a été touché par la grâce. À partir du moment où les deux frères oeuvrent pour leur orphelinat catholique, ils deviennent officiellement des soldats du Seigneur. Ils le répètent d’ailleurs plusieurs fois – et pas sur le ton de la blague. Leur vie a changé. Ils ne leur reste plus qu’à conduire sur la route que le Créateur a construite pour eux, et exécuter ses directives. Rien ne peut plus leur arriver.
They’re not gonna catch us. We’re on a mission from God!

Ils peuvent entreprendre leur long voyage, sains craindre quoi que ce soit puisqu’ils sont sous la protection de Dieu.
It’s 106 miles to Chicago, we got a full tank of gas, half a pack of cigarettes, it’s dark… and we’re wearing sunglasses.
Ils changent d’état d’esprit. Finies les lamentations inutiles. Il faut regarder vers l’avant, avec l’aide de Dieu.
Try not to be so negative all the time. Why don’t you offer a little… constructive criticism?
Dieu sert même d’argument massue à Jake lorsqu’il doit s’expliquer avec son ex. Après une série d’excuses bidon, il abat son atout maître.
No I didn’t. Honest! I ran outta gas, I had a flat tire, I didn’t have enough money for cab fare. My tux didn’t come back from the cleaners. An old friend came in from outta town. Someone stole my car. There was an earthquake, a terrible flood, locusts! It wasn’t my fault! I swear to God!
Ce n’était pas sa faute. Il le jure au nom de Dieu. L’ancienne fiancée de Jake est clouée sur place. Elle ne peut plus rien répondre.
Aucun nazi, ni patron de bar ne les empêcheront de réaliser la volonté de Dieu. Les voitures de police s’encastrent sur la route comme par enchantement. Jake et Elwood sont portés par le Bien. Non seulement ils obtiennent l’argent pour sauver l’orphelinat mais en plus ils ont assez pour payer tout le monde. Hallelujah!
Ils doivent retourner en prison ce qui n’est pas une condamnation car c’était la volonté de Dieu. De toute façon, Dieu est avec eux – peu importe où ils se trouvent.
We certainly hope you all enjoy the show. And remember, people, that no matter who you are and what you do to live, thrive and survive, there’re still some things that makes us all the same. You. Me. Them. Everybody, everybody…
L’institution carcérale se transforme en gigantesque salle de concert. On peut se mettre à chanter et danser avec les surveillants, dans la bonne humeur. Assez loin de l’ambiance lourde des prisons turques (cf Midnight Express) ou même françaises (cf Un Prophète, Jacques Mesrine). Aucun doute : la vie est bien plus sympa quand on a la foi.