F1

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Joseph Kosinski, 2025

LE COMMENTAIRE

D’aucuns diront que la Formule 1 est l’école de la vie : Il faut se faire violence pour se faire sa place sur le circuit et dans le paddock. Parfois on se fait plaquer contre un mur. On peut compter sur le soutien de toute son équipe. Il faut apprendre à ne pas s’enflammer, maintenir la cadence, garder son cap dans les virages, accélérer dans la dernière ligne droite… en quelques tours de piste assourdissants, à fond la caisse.

LE PITCH

Un vétéran du volant réussit son dernier gros pari.

LE RÉSUMÉ

À Daytona, le pilote Sonny Hayes (Brad Pitt) prouve qu’il en a encore sous la pédale (cf Mission Impossible : The Final Reckoning, Wolf). Ruben Cervantes (Javier Bardem), un ancien concurrent devenu propriétaire de l’écurie APXGP, vient le chercher pour chaperonner son jeune pilote Joshua Pearce (Damson Idris).

I need a new driver.

Sonny accepte le défi de revenir en F1 des années après son grave accident.

La collaboration avec JP s’annonce compliquée. Les deux pilotes APXGP se percutent à Silverstone.

Whatever could go wrong is going wrong for this team. 

Lors du Grand prix suivant, Sonny fait une course plus tactique qui permet à son coéquipier de finir dans les points. APXGP décolle enfin. Kate McKenna (Kerry Condon), la directrice technique, commence à mieux apprécier l’apport de Sonny.

JP n’en fait qu’à sa tête. À Monza, il refuse d’écouter le conseil de Sonny et finit dans le décor. La mère de JP (Sarah Niles) est furax contre Sonny.

I think you’re a dangerous asshole!

Pendant que JP se refait une santé, Sonny enchaîne les bons résultats. Son expérience permet aussi d’améliorer les performances de la voiture (cf Jour de Tonnerre).

Lors du Grand Prix de Las Vegas, Kate fait un travail de médiation pour que les deux pilotes apprennent à s’entendre. Elle finit la nuit avec Sonny. Après les galipettes, le coureur se fait poète.

Sometimes, there is this moment in the car where everything goes quiet, it’s peaceful. (…) And no one can touch me. (…) That moment, I’m flying.

Pendant le Grand Prix, Sonny conduit avec la colère. Il multiplie les erreurs et se retrouve à son tour à l’hôpital. Cervantes décide de l’écarter. C’est trop dangereux.

We’re not drivers. Not anymore. I’m sorry. We’re loosers. You’re off the team. (…) No one drives forever, not even you.

En coulisses, Peter Banning (Tobias Menzies) manoeuvre pour reprendre le contrôle de APXGP et écarter Cervantes, mais pas Sonny.

Now I got buyers lining up. I want you as part of the package. 

Sonny refuse par loyauté envers son ami de toujours. Il s’installe à nouveau dans le cockpit pour le grand prix d’Abu Dhabi lors duquel son entente avec JP enchante le commentateur.

It’s like a racing ballet!

Hamilton et JP partent à la faute. Sonny s’empare de la tête pour finir la course dans ce qui ressemble à un tour d’honneur sans faute. Il réalise son rêve.

He’s flying…

APXGP remporte la course.

We did it!!

Cervantes félicite Kate, l’une des rares femmes dans un sport encore dominé par les hommes.

You built a hell of a car!

Sonny ne la plaque pas, comme on aurait pu s’y attendre.

Can I see you down the road…?

Il laisse les clés de l’écurie à JP.

It’s your team now.

Sonny peut partir tranquille en solo au Mexique. Lorsqu’il est repris par le démon de la course en buggy dans les dunes (cf Sexy Beast).

We can’t pay much.

It’s not about the money.

So, what is it about?

L’EXPLICATION

F1, c’est une pression ridicule.

La Formule 1 est le sport automobile par excellence. La pression est à son max. Tout se joue à quelques millièmes de secondes. Les pilotes peuvent encaisser jusqu’à 6G lors de gros freinages. Ils risquent leur vie à chaque chicane. Pour réussir, il faut l’expérience de nombreux échecs. Du talent, de la précision, une résistance incroyable, un mental d’acier, beaucoup de travail et pas mal de produits (cf Icarus) car la concurrence est féroce (cf There will be Blood).

Cette pression de malade est subie de plein fouet par JP qui n’est encore qu’un disciple livré à lui-même (cf Creed). Les commentaires de son agent (Samson Kayo), obsédé par l’image, ne lui rendent clairement pas service. La tête du jeune pilote ne rentre déjà plus dans son casque (cf Mbappé, le Maître du Jeu).

You need more engagement, more fans. (…) Start by winning over the press. 

La pression est imposée par Sonny Hayes qui incarne la figure du pilote indépassable.

Hayes est une sorte de cliché ambulant que l’on ne peut cependant jamais prendre en défaut. Macho mais pas trop, il fait un parcours impeccable sans être linéaire. Sa carrière est a priori derrière lui, mais il a encore de beaux restes (cf Top Gun Maverick). Bien connu pour son individualisme, il montre qu’il peut se fondre malgré tout dans un groupe.

Hayes a la sagesse de faire ce que personne n’arrive à faire : se couper des réseaux sociaux.

No one cares. (…) It’s just noise.

Ce passionné court pour l’adrénaline plus que pour l’argent.

We’re not talking about the money.

Then what is it about?

Hayes refuse de se satisfaire de peu.

It’s just #10! What are you smiling about?

Les champions comme Verstappen ou Hamilton ne rigolent pas, comme Senna et Schumacher à l’époque. Hayes sait aussi gagner comme un vieux vicelard.

We’ll never win clean.

Le tonton a le sens de la formule.

I’m nor fighting, I’m ‘racing’.

Il ne semble pas avoir de problème de cartilage, bien qu’il ait atteint l’âge légal de la retraite. Ses abdos tatoués sont impeccables. Tout juste prend-il le temps de s’allonger deux minutes pour se reposer.

On pourrait se dire qu’à ce stade, il doit s’imposer une hygiène de vie drastique pour rester en forme comme CR7. Mais même pas! Il se permet le luxe de se boire une petite binouze de temps en temps. De quoi coller des complexes à n’importe qui.

Hayes a la force de ne pas insulter les journalistes qui le provoquent, ou de répondre à la mère de JP qui l’insulte.

Bref, Hayes coche toutes les cases.

Il gagne même le dernier GP à la fin de la saison!

Mieux, il refuse de soulever son trophée par humilité – ou superstition. Et il disparait au Mexique avec sa planche… parce que c’est un putain de surfer (cf Point Break)!

Franchement, il est insupportable.

Impossible de conduire aux côté de Hayes. Comme JP, on a très envie de le laisser passer pour qu’il s’en aille loin et qu’on n’en parle plus jamais. Relâcher cette pression de maboule pour faire autre chose de sa vie.

Ras-le bol de ce sport d’un autre temps qui se déroule dans des villes construites au milieu du désert comme Vegas ou Dubai. Un sport qui brasse un pognon de dingue alors qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses! Il faut faire les fonds de tiroir pour trouver des milliards pendant que des gugusses font leurs tours de piste. Mobiliser des scientifiques pour améliorer des chassis alors qu’ils ou elles pourraient faire de la recherche contre le cancer.

Marre de cette industrie qui engendre une pollution délirante dans un monde en sur-régime. Marre de ce divertissement de dimanche après-midi quand des pays se font la guerre.

LE TRAILER

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2 commentaires

  • F1 c’est aussi ne pas s’attarder au pit lorsqu’on finit la course, parce qu’après chaque succès, la vie nous apporte de tours qu’on doit impérativement finir sans sortir de la route en dépit des grains de sable sur la piste et pièces défectueuses de la voiture. On continuera à rouler sûrement mais rapidement.

    Mention spéciale pour Joseph Kosinski quand il s’agit de donner vie à deux vieux briscards, machisme, avec beaucoup d’adrénaline il se transforme en Benzema 2022. C’est le réalisateur du Peuple.

    • Merci Ney, c’est vrai aussi tu as raison. On trouve dans F1 la symbolique du retour nécessaire aux stands : savoir quand rentrer stratégiquement, sans y perdre trop de temps. Le travail de toute une équipe pour faire repartir son pilote dans les meilleures conditions.

      Un bon vieux film ‘à l’ancienne’ qui fait paradoxalement l’effort de vouloir cocher toutes les cases de la modernité sur la diversité, la parité, la déconnexion, le rapport à l’âge etc.

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