LA GRANDE VADROUILLE

LA GRANDE VADROUILLE
Gérard Oury, 1966

LE COMMENTAIRE

La France est un pays d’explorateurs. Rendons hommage à Jean-Louis Étienne, Nicolas Hulot, Antoine de Maximy, Gérard d’Aboville  et avant eux Jacques Cartier, Jacques-Yves Cousteau, Jean-François de la Pérouse. Christophe Colomb n’a-t-il pas été incarné à l’écran par le gros Gégé? Le Français aime faire le tour des choses, en commençant par son propre pays. Ensuite il va voir ailleurs s’il y est. Il part de Paris pour rallier Dakar en faisant un crochet par Buenos Aires en 4×4. Il aime partir de bon matin sur les chemins avec ses copains. Il aime sa bicyclette. (cf « Mon vélo! Rendez moi mon vélo! »)

LE PITCH

En pleine deuxième guerre mondiale, deux Français se voient contraints de collaborer avec les Anglais.

L’HISTOIRE

Un bombardier Anglais est abattu au dessus de Paris. Les aviateurs parviennent à s’éjecter. Réginald Brook (Terry-Thomas) dit « Big Moustache » atterrit au zoo de Vincennes. Peter Cunningham  (Claudio Brook) tombe sur la nacelle d’un peintre en bâtiment, Augustin Bouvet (Bourvil). Et le dernier, Alan MacIntosh (Mike Marshall) tombe sur le toit de l’Opéra Garnier où se produit le maestro Stanislas Lefort (Louis de Funès).

Les Anglais savent qu’ils peuvent se retrouver aux Bains Turcs, sur l’air de Tea for Two. Ni Augustin Bouvet, ni Stanislas Lefort ne sont chauds pour les aider. L’affaire est en effet risquée. En 1942, quand on a suffisamment d’éthique pour ne pas collaborer mais pas suffisamment de courage pour rentrer dans la résistance, alors on essaie simplement de ne pas faire de vague.

Augustin veut impressionner la belle Juliette (Marie Dubois), ce qui lui fait pousser des ailes. De son côté Stanislas ne va tout simplement pas avoir le choix. Si le Major Achbach (Benno Sterzenbach), officier de la Wehrmacht, le trouve avec MacIntosh,  il devra en répondre à la Gestapo.

Ils vont tous finalement se retrouver aux Bains Turcs. Reginald Brook a du raser sa moustache pour ne pas se faire remarquer. Ce qui rend l’opération plus compliquée. Bouvet et Lefort se tournent autour dans un anglais approximatif.

You come with me to pick up Peter!

No YOU come with me to pick up MacIntosh!

No no no, you you you…

I beg your pardon!

And if you don’t come, I euh… ah merde alors comment on dit…

Comment ça « merde alors! »? But alors you are French!

Tout le monde se retrouve à l’Opéra où la résistance à prévu de faire exploser une bombe pour tuer des officiers nazis pendant le spectacle. Le plastiquage est un échec. Les Nazis sont blessés, pas morts. Profitant de la confusion, Lefort parvient à rejoindre les autres dans les égouts pour quitter Paris, direction la zone Libre.

Les fugitifs sont récupérés par sœur Marie-Odile (Andréa Parisy) qui les cache aux hospices de Beaune. Ils doivent sauver Peter qui s’est fait prendre par l’ennemi.

Bouvet et Lefort se retrouvent à l’hôtel du Globe où Madame Germaine et Juliette se font passer pour leurs femmes pour les protéger des officiers Allemands séjournant à l’hôtel. Madame Germaine leur fournit des uniformes et deux bergers Allemands pour qu’ils donnent l’impression d’être des officiers en patrouille.

Augustin Bouvet a un coup de mou. Lefort lui colle une paire de claques pour lui remettre les idées en place. Ils continuent leur route et arrivent au poste Allemand où Peter est détenu prisonnier. Brook et MacIntosh sont là également, déguisés eux-aussi, et mettent le feu à la caserne. Ils libèrent Peter et s’enfuient, aidés par sœur Marie-Odile. Pourchassés par les Allemands, Bouvet, Lefort, les Anglais accompagnés de sœur Marie-Odile parviennent à monter dans deux deltaplanes pour rejoindre la zone libre, d’où les Anglais pourront rejoindre leur île.

L’EXPLICATION

 La « Grande Vadrouille » c’est le voyage de deux Français à travers une France occupée.

Partir en vadrouille, c’est partir faire la bringue. En général il n’y a pas d’autre but que de passer du bon temps avec les copains. Ces deux Français là ne sont pas copains et la bringue est totalement improvisée. Augustin et Stanislas n’ont rien en commun: L’un est manuel, l’autre artiste. La guerre va ainsi provoquer une rencontre intéressante entre deux mondes qui ne se seraient pas trouvés en temps de paix: le ravaleur de façade et le chef d’orchestre. L’un n’a pas d’ambition tandis que l’autre est paralysé par son exigence.

C’était pas mauvais, c’était très mauvais!

Tous les deux ont besoin de voir du pays car ils n’évoluent plus à Paris. Ce petit tour en Province va leur changer les idées.

Cette odyssée va d’abord leur donner l’occasion de vider leur sac. Bouvet n’en peut plus de devoir supporter l’autorité de Lefort.

Ne croyez pas que ça va durer parce que j’en ai marre de voyager avec un mec comme vous!

Et Lefort reproche à Bouvet de l’avoir entraîné dans cette (més)aventure par intérêt.

Vous m’avez entraîné jusqu’ici pour retrouver la fille du guignol!

Les Français ont besoin se dire les choses pour avancer. L’expérience ne s’arrête pas là. Le chemin est parsemé d’embûches. Une fois l’abcès crevé, il va leur falloir faire des sacrifices et confronter leur propre homosexualité, d’abord dans les bains turcs puis ensuite à l’Hôtel du Globe où ils doivent dormir ensemble.

Je suis désolé messieurs mais il va falloir que vous couchiez dans le même lit.

C’est pas possible!

Ils vont devoir accepter le rôle nouveau de la femme. L’occupation les met face à l’incohérence des principes avec lesquels ils ont pourtant grandi. Le Français a longtemps considéré sa femme comme son objet. C’était la normalité. La même normalité dans la bouche d’un Allemand, soudainement devient vulgaire.

Femme, jamais commander. Mari porter culotte!

Bouvet et Lefort ouvrent enfin les yeux sur cette femme qui est essentielle à leur libération. Juliette stimule, Madame Germaine habille. Et ces hommes n’auraient pas pu s’envoyer en l’air sans la sœur Marie-Odile.

Bouvet et Lefort apprennent aussi la patience. Car ce voyage n’est pas de tout repos pour ces deux hommes forcés à cohabiter. Ils doivent supporter leurs caprices et se remonter le moral. Ils vont se tolérer. À la fin, ils ne sont peut-être pas plus copains qu’au début. Au moins ils se sont trouvés des talents cachés, du courage chez Bouvet et de la filouterie chez Lefort. Surtout, ils sont libres. Et ils ont un vécu ensemble.

Ce vécu ils le doivent aux Anglais… et aux Allemands. Rendons hommage à l’occupant sans qui rien n’aurait été possible. Sans les Nazis, de nombreux Français seraient probablement restés englués dans leur connerie franchouillarde. À toute chose malheur est bon.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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