K-19: THE WIDOWMAKER

K-19: THE WIDOWMAKER
Kathryn Bigelow, 2002

LE COMMENTAIRE

Les patrons ont gagné un droit, celui de ne plus avoir à se salir les mains comme leurs employés. Il faut bien qu’il y ait quelques avantages à être patron quand même. N’envions pas le patron trop vite pour autant car sa fonction s’accompagne de responsabilités déplaisantes, comme de devoir constater les dégâts – avec impuissance.

LE PITCH

Les Soviétiques ont un nouveau joujou.

LE RÉSUMÉ

Au plus fort de la Guerre Froide, les Soviétiques mettent à l’eau le sous-marin nucléaire K-19 visant à leur donner l’avantage contre les États-Unis. À son bord, le Capitaine Alexei Vostrikov (Harrison Ford) doit composer avec un concurrent, son second Mikhail Polenin (Liam Neeson) encore agacé de s’être fait voler la politesse par Vostrikov. L’équipage du K-19 est rempli de bras cassés, notamment l’officier en charge du réacteur qui est viré à cause de son amour de la vodka et remplacé par le jeune Vadim Radtchenko (Peter Sarsgaard), fraichement sorti de l’Académie. Comme si ça ne suffisait pas, la bouteille de champagne servant à l’inauguration du navire n’explose pas, comme le veut la tradition. Ce qui est symbole de malchance.

Pas superstitieux, les hommes du K-19 partent effectuer leurs tests de lancement de missiles dans l’Arctique puis prennent la direction de l’Atlantique où ils pourront naviguer à portée de tir de Washington ou New York.

Vostrikov a confiance en son engin dont il compte bien repousser ses limites, n’en déplaise à Polenin. Les essais sont apparemment concluants.

Et puis c’est la grosse tuile. Le système de refroidissement du réacteur fuite, avant d’exploser. La température augmente. Aucun liquide de refroidissement de secours n’a été installé. Le K-19 ne peut informer personne car son antenne de transmission a été endommagée. Il n’y a pas d’autre solution que d’envoyer des hommes au coeur du réacteur pour le refroidir manuellement. Manque de pot, le sous-marin atomique n’est pas équipé de combinaisons de protection atomique, mais chimique.

Where are the radiation protective suits?

We don’t have any.

Il s’agit donc d’une mission suicide. Les hommes se relaient toutes les dix minutes et sortent en vomissant, brûlés au 3e degré. Radtchenko se dégonfle et refuse de relayer les équipes dans le réacteur.

De son côté, Vostrikov refuse catégoriquement l’aide américaine. Plutôt crever que de donner le fleuron de la marine soviétique aux capitalistes (cf Octobre Rouge)!

Under no circumstances will I abandon my boat or my crew to the enemy.

Il fait route en direction de l’URSS à une cadence qui met en danger tout l’équipage, proche de la mutinerie. Le réacteur surchauffe à nouveau. Cette fois, Radtchenko se sacrifie seul pour effectuer les réparations et éviter le pire.

Le K-19 finit par être remorqué. L’équipage exposé aux radiations est évacué. Vostrikov est poursuivi et risque le goulag. Contre toute attente, Polenin et les autres officiers prennent sa défense.

At every stage of this disaster, which came within moments of being a far greater disaster, the officers and crew did what had to be done. Seven are now dead and nobody knows how many more are dying, or how fast. These are the men who returned home to be interrogated as if a crime had been committed, questioned, even while undergoing treatment for radiation poisoning, locked up and denied access to wives and families but they and their comrades saved K-19 and maybe, just maybe, they saved all of you as well. one thing more, please, no captain in the soviet navy has ever been faced with such decisions the fate of the boat, the crew, and the fate of the world all in balance. The navy is my life. And one thing I know, there can only be one captain of a ship. The burden of command is on his shoulders, and his alone. None of you – none of you – has the right to judge captain Vostrikov. You weren’t there. I was. He was our captain. He was my captain. And it would be an honor to sail under his command again.

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L’EXPLICATION

K-19, c’est l’amour inconditionnel de la patrie.

Nicolas Sarkozy (cf La Conquête), en son temps, jouait les Morpheus (cf Matrix) en proposant un choix assez serré à ses compatriotes : La France, on l’aime ou on la quitte. Pendant la guerre froide, côté communiste, on allait encore plus loin en offrant un non-choix. La patrie, non seulement on ne la quitte pas, mais en plus on meurt pour elle dans d’affreuses souffrances. Ce courant de pensée radical est incarné par Vostrikov, obsédé par son devoir.

We deliver, or we drown.

Pour Vostrikov, la grandeur du régime compte plus que la vie de quelques marins. C’est ainsi qu’il justifie ses mensonges à l’équipage.

How are the men?

How would I know? I don’t know the first thing about radiation sickness.

Please…

I’m giving them aspirin. And I’m trying to prevent those who are dying from irradiating those of us who still have some hope.

Pull yourself together. You’re an officer in the Soviet Navy. Go back and tell them that they’re improving. As you say, you know nothing about radiation sickness. Perhaps they are.

Vostrikov est profondément convaincu que le monde est sécable avec les gentils rouges d’un côté et les méchants bleus de l’autre.

In American propaganda you will see how everyone has a car, nice clothes, a nice apartment. But you will never see the truth behind this lie. You will not see police dogs attacking strikers and demonstrators for civil rights. You will not see the beggars on the streets, the homeless, the negro-shantytowns in the south. You will not see the warmongers who threaten the world with nuclear holocaust.

Une fois à bord du K-19, il prend conscience des failles de son propre système. Les intentions affichées par le communisme sont nobles. L’envers du décor était cependant loin d’être parfait. En vérité, personne ne sait rien.

How bad is it?

The leak is in the sealed area. There’s no way to get to it. The temperature will keep rising ’til it reaches 1,000 degrees, and…

And? And WHAT?

No one knows.

Malgré tout, Vostrikov reste persuadé qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs.

Cette aventure va lui donner une bonne leçon en lui faisant découvrir le communisme, le vrai. Pas celui qui a été corrompu par les apparatchiks. Lors de ce drame, Vostrikov réalise que la grandeur d’une nation est certes faite de beaux principes mais que ces belles paroles ne restent que des mots si elles ne sont pas portées, habitées par des hommes et ses femmes. La force du nation, c’est son peuple plus encore que ceux qui la dirigent. La grande URSS que Vostrikov chérit tant n’hésite-elle pas à lui mettre un procès aux fesses? Par contre, ce sont ses camarades qui vont lui venir en aide.

For their courage I nominated these men for the title of hero of the soviet union. But the committee ruled that because it was not wartime, and because it was merely an accident, they were not worthy of the title hero. What good are honors from such people? These men sacrificed, not for a medal. But because when the time came, it was their duty. Not to the navy, or to the state, but to us. Their comrades. And so, to comrades.

Ces mêmes camarades que la nation oubliera d’indemniser et réduira au silence. Hura!

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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