KILL BILL : VOLUME 2

KILL BILL : VOLUME 2

Quentin Tarantino, 2004

LE COMMENTAIRE

Après avoir encaissé les coups et goûté le sang (cf Kill Bill : volume 1), la femme n’était tout simplement pas encore prête à mordre la poussière. Sa résilience lui permet de se relever comme un phénix. Elle a déjà repris quelques belles couleurs. Son regard est affûté. La voilà prête à en découdre.

LE PITCH

Une femme retrouve son agresseur, après s’être occupée de ses complices.

LE RÉSUMÉ

Beatrix Kiddo (Uma Thurman) et Tommy (Chris Nelson) prépare leur cérémonie de mariage. La répétition est interrompue par Bill (David Carradine) qui fait des reproches à son ex.

I’m calling you a killer. (…) You always have been, and you always will be. Moving to El Paso, working in a used record store, goin’ to the movies with Tommy, clipping coupons. That’s you, trying to disguise yourself as a worker bee. (…) But you’re not a worker bee. (…) And no matter how much beer you drank or barbecue you ate or how fat your ass got, nothing in the world would ever change that.

Dialogue de sourds. Bill lance ses tueurs à l’assaut de la chapelle. O-Ren (Lucy Liu), Vernita (Vivica A. Fox), Elle (Daryl Hannah) et Budd (Michael Madsen) font un massacre.

Beatrix survit par miracle et entreprend de se venger. O-Ren et Vernita font les frais de sa colère. C’est maintenant au tour de Budd et de Elle.

Budd l’attend de pied ferme. Il la surprend puis l’anesthésie. Beatrix se retrouve enterrée vivante (cf Buried). Sous terre, elle se rappelle d’une technique de son vieux Maître Chinois Pai Mei (Gordon Liu) pour s’en sortir. Budd voulait revendre le katana de sa victime pour $1M à Elle. Mais Elle le tue en prétextant que sa victime méritait mieux.

That woman deserved better.

Bizarre car Elle va essayer de la tuer à son tour. Les deux femmes s’affrontent. Déjà borgne, Elle perd son deuxième oeil. Pas pratique dans une caravane où rode un black mamba.

C’est l’heure des retrouvailles avec Bill.

You and I have unfinished business.

À sa grande surprise, et pour son plus grand bonheur, Beatrix découvre que sa fille (Perla Haney-Jardine) n’est pas morte. Tous les deux vont enfin pouvoir s’expliquer pour de bon. Bill injecte à son ex un serum de vérité, histoire d’être sûr. Beatrix enceinte a voulu se ranger. Persuadé que Bill ne l’accepterait jamais, elle a préféré partir. Bill s’explique.

When you didn’t come back, I naturally assumed that Lisa Wong or somebody else had killed you. (…) I mourned you for three months. And in the third month of mourning you, I tracked you down. (…) So, I find you. And what do I find? Not only are you not dead, you’re getting married, to some fucking jerk, and you’re pregnant. I… overreacted.

Il tente de tuer Beatrix qui lui sort une technique imparable, enseignée par Pai Mei. Le coeur de Bill explose. Il meurt dans la dignité.

Soulagée, Beatrix peut partir avec sa fille qui a l’air absolument ravie.

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L’EXPLICATION

Kill Bill : volume 2, c’est finir le travail.

Après avoir entamé son entreprise de destruction, le Papet dit à un Hugolin hésitant (cf Jean de Florette) : Quand on a commencé d’étrangler le chat, il faut le finir! Il est certains chemins qu’on ne peut rebrousser. Beatrix également s’est engagée sur une voie à sens unique. À mi-chemin, elle n’a pas d’autre choix que d’aller jusqu’au bout.

Pour rappel, l’homme dont elle cherche à se venger l’a quand même massacrée sans qu’elle ne comprenne pourquoi, alors qu’elle portait son enfant. 4 ans dans le coma. Régulièrement violée à l’hôpital. Convaincue de la mort de sa fille, Beatrix a quelques raisons de réclamer réparation.

Portée par sa haine, elle élimine assez facilement O-Ren et Vernita. Puis laisse Elle s’occuper de Budd, avant de lui enlever le dernier oeil qui lui reste. Comme dans un jeu vidéo, Beatrix doit affronter le boss du dernier niveau. C’est à ce moment que la main tremble sur la manette. L’histoire du sport a ainsi connu des champions fébriles, comme Guillermo Coria perclus de crampes au moment de terrasser Gaston Gaudio en finale de Roland Garros. Devant son bourreau, Beatrix doit se montrer à la hauteur de ce qu’elle a commencé. La place au doute n’est pas permise.

Il faut comprendre le dilemme auquel Beatrix fait face. Le grand méchant Bill exerçait une influence très forte sur elle. Elle attendait son enfant. Peut-être même l’aimait-elle encore quand il a appuyé sur la gâchette pour lui faire la cervelle… Impitoyable, elle ne se laisse pas attendrir. Bonne inspiration puisque Bill essaie de la tuer à nouveau. Il l’insulte même courtoisement avant de mourir. Ses derniers mots seront des vulgarités.

Why didn’t you tell me?

I don’t know… because I’m a bad person.

No. You’re not a bad person. You’re a terrific person. You’re my favorite person, but every once in a while, you can be a real cunt.

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Classe.

Sans regret. Un pervers narcissique de moins. Bon débarras. Vraiment.

De toute façon, Beatrix ne peut pas regarder en arrière. Tant mieux d’ailleurs. Sinon elle se rendrait peut-être compte qu’elle a caché sa grossesse à l’homme de sa vie et qu’elle l’a fuit sans même le consulter, partant du principe qu’il ne serait pas d’accord. Ne lui laissant pas l’opportunité de montrer qu’il pouvait être moins bête que ce que l’on pense généralement des hommes. Elle a fait les questions et les réponses.

Before that strip turned blue, I was a woman. I was your woman. I was a killer who killed for you. Before that strip turned blue, I would have jumped a motorcycle onto a speeding train… for you. But once that strip turned blue, I could no longer do any of those things. Not anymore. Because I was going to be a mother. Can you understand that?

Yes. But why didn’t you tell me then instead of now?

Because once I would have told you, you’d claim her, and I didn’t want that.

Not your decision to make.

Yes, but it was the right decision and I made it for my daughter. She deserved to be born with a clean slate. But with you, she would have been born in a world she shouldn’t have. I had to choose… I chose her.

La vengeance ne sert vraiment à rien d’autre que de se conforter dans ses propres idées. Ce n’était pas leur fille, mais sa fille. Un peu comme Leonard Shelby (cf Memento), Beatrix sait mieux que les autres. Persuadée d’avoir pris la bonne décision. Au plus profond d’elle, sa conscience est tranquille.

N’est-ce pas là le plus important (cf Match Point)?

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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