TONY PARKER : THE FINAL SHOT

TONY PARKER : THE FINAL SHOT

Florent Bodin, 2021

LE COMMENTAIRE

Une légende du XXe siècle affirmait que le football se joue à 11 et que ce sont les Allemands qui gagnent à la fin. D’abord, ce n’est pas vrai. Car les Français gagnent aussi en matière de football (cf Les yeux dans les Bleus, Les Bleus 2018). Les Français s’imposent également sur les parquets Américains.

LE PITCH

Portrait du plus grand joueur de basket Français depuis Richard Dacoury.

LE RÉSUMÉ

Tony Parker suit les traces de son père et montre des qualités de basketteur hors-norme lui permettant d’intégrer l’INSEP aux côtés de Boris Diaw, déjà. Deux saisons prometteuses à Paris. Tony Parker a 19 ans et plus de temps à perdre. Il veut tenter sa chance en NBA. Après quelques essais, il est repéré par Gregg Popovich, le coach des San Antonio Spurs, qui le drafte au premier tour.

S’il arrive sur la pointe des pieds comme 3e meneur, il va rapidement intégrer le 5 majeur. Évoluant aux côtés de champions prestigieux comme David Robinson et Tim Duncan, Tony Parker gagne le titre NBA la saison suivante alors qu’il n’a que 21 ans. Il vit son rêve et en veut encore.

Franchement on peut encore en gagner 3, 4…

Un nouveau contrat en poche faisant de lui le sportif le Français le mieux payé, il continue de travailler dur sous les ordres de coach Pop pour décrocher un second titre en 2005. Son succès outre-Atlantique créée cependant des tensions en équipe de France qui ne réussit pas aussi bien sur la scène Européenne, constamment malmenée par l’Espagne. TP s’agace en conférence de presse et ses sorties passent mal auprès de ses coéquipiers.

Je peux pas tout faire tout seul!

Alors qu’il continue pourtant de prendre du volume aux Etats-Unis. Il travaille son tir pour trouver plus de régularité et devenir All-Star.

Quand tu veux faire partie des meilleurs, il faut te remettre en question si tu veux continuer de t’améliorer.

En 2007, les Spurs gagnent à nouveau le titre face aux Cleveland Cavaliers. TP est élu meilleur joueur des finales NBA, une distinction rare.

Il se réconcilie avec l’équipe de France où il assume son rôle de leader tout en se mettant au service du collectif pour remporter le Championnat d’Europe 2013, avec Boris Diaw, toujours.

C’est le titre qui me manquait.

Dans le privé, Tony Parker est un papa comblé en compagnie de sa désormais ex-femme Axelle Francine dont il fait les louanges. Sur le plan des affaires, il prend les commandes du club de l’ASVEL Lyon-Villeurbanne et ouvre une école pour les jeunes athlètes. Il est fait chevalier de la légion d’honneur par Nicolas Sarkozy puis officier de l’ordre national du mérite par Jean-Michel Aulas. TP s’exporte en Chine où Peak fait de lui son joueur phare.

Désormais franchise player à San Antonio, il décroche un quatrième titre contre le Miami Heat en 2014, avec Boris Diaw, encore. Une grave blessure aux quadriceps va précipiter la fin de sa carrière. Une retraite malgré tout bien méritée.

Quand ça fait vingt ans que t’es toujours conditionné pour être constamment au top de ta forme… je pense que mon corps est content d’avoir un peu de repos, pouvoir manger un peu de fromage et boire du vin.

S’il finit sur une saison aux Charlotte Hornets, son coeur reste au Texas où son maillot est décroché. Les fans ne l’oublieront pas. San Antonio sera toujours sa maison.

L’EXPLICATION

Tony Parker the final shot, c’est ne pas vraiment se rendre compte.

La route est longue. On ne se rend pas compte à quel point (cf Gerry). Entre les playgrounds de Mont Saint et Aignan et l’INSEP. Pour certains, il s’agirait d’une consécration. Pour Tony Parker, il ne s’agit que d’une étape.

Je savais ce que je voulais.

On ne se rend pas compte non plus qu’entre l’INSEP et le premier tour d’une draft NBA, il y a un monde. Malgré tout, Tony Parker fait son petit bonhomme de chemin. Il fait partie des premiers à intégrer la prestigieuse ligue de Michael Jordan, la légende vivante de ce sport. Depuis, ils sont plus nombreux à avoir fait le voyage. Mais on ne se rend pas compte du chemin qu’il reste à parcourir avant de devenir un franchise player.

Admettons qu’on devienne le leader d’une équipe NBA, il en reste beaucoup d’autres à vaincre afin de devenir le champion. Les stars de l’époque s’appellent quand même Shaquille O’Neal, LeBron James ou Kobe Bryant…

Tu mesures pas à quel point c’est dur de gagner un titre. 

Tony Parker va y parvenir… à quatre reprises. Il va même conduire l’équipe de France à un titre Européen face à une génération d’Espagnols pourtant invincibles – champions du monde 2006 puis champions d’Europe 2009 et 2011.

Nul n’est prophète en son pays. Depuis la France, on a du mal à se rendre compte de ce que Tony Parker a réalisé sportivement – sans parler de l’extra-sportif. Cela nous dépasse un peu. Ses partenaires se sont même permis le luxe de le jalouser, l’accusant d’avoir pris le melon. On l’a vu revenir auréolé d’un titre NBA. Nous nous sommes sentis profondément méprisés. Il cherchait à élever le niveau et nous l’avons pris pour de l’arrogance.

Je pense que les gens se rendent pas compte.

De toute façon, il n’était pas vraiment Français. Un père Américain, une mère Hollandaise, né à Bruges… Une philosophie de vainqueur à laquelle nous n’étions pas encore habitués. Affirmer ses ambitions était plutôt mal vu.

Une grosse confiance en soi, croire en l’impossible, être toujours positif. (…) La culture de la gagne, je l’ai eu à travers mon père.

Bien trop prétentieux au pays de Descartes où l’on apprend surtout à douter de soi.

Étrange car Tony Parker n’a jamais renié ses origines, revenant chaque été à Lyon, où il s’est considérablement investi et qu’il considère comme sa seconde maison.

Nous n’avons pas compris ce que cela a nécessité comme travail, comme efforts et comme sacrifices pour se fondre dans le moule Américain, intégrer une autre culture, maitriser ses codes pour parvenir à se hisser vers les sommets.

La tête ça fait énormément.

Tony Parker n’est certes pas un oublié puisque les médias l’ont célébré comme la fierté du basketball Français. En outre, il a été officiellement décoré par nos hommes politiques. Mais nous rendons-nous vraiment compte de ce que Tony Parker représente à l’échelle du sport Français? Peut-on placer cet athlète dont le palmarès est long comme le bras au même rang que Martin Fourcade, Sébastien Loeb, Renaud Lavillenie, Tony Estanguet ou Olivier Giroud dont on a beaucoup parlé ces dernières années?

Il fallait peut-être que d’autres champions incontestés tels que Teddy Riner ou Thierry Henry lui rendent hommage, en rappelant qu’il y a Tony Parker et les autres. Peut-être fallait-il un documentaire sur Netflix pour enfoncer le clou? Nous rendons nous seulement compte que Tony Parker n’aurait peut-être jamais réussi… sans Boris Diaw?

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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