2001: A SPACE ODYSSEY

2001: A SPACE ODYSSEY
Stanley Kubrick, 1968

LE COMMENTAIRE

Hier encore les machines faisaient rêver l’homme en soulageant les ouvriers de leurs tâches répétitives et en enrichissant les patrons. Puis les machines n’ont plus fait rêver personne quand elles ont commencé à tomber en panne. Aujourd’hui elles donnent des cauchemars au « peuple » en piquant des emplois. L’intelligence artificielle n’aura bientôt plus de limite. Qui sait? Peut-être demain, elle se mettra à expliquer les films? Tremblons.

LE PITCH

Un mystérieux monolithe noir traverse l’espace temps.

L’HISTOIRE

Une tribu d’australopithèques se fait chasser de son point d’eau par une tribu rivale. Le lendemain, ils découvrent un gigantesque monolithe noir. C’est en inspectant cet objet qu’ils découvrent comment utiliser les os comme des armes. Ils s’en servent aussitôt pour chasser l’ennemi et récupérer le point d’eau.

Des siècles plus tard, le Dr. Heywood Floyd (William Sylvester) est en mission secrète sur la base de Clavius. Il enquête sur un mystérieux monolithe enfouit sous le sol lunaire depuis des années. Lorsqu’il touche l’objet, celui-ci envoie une puissante onde électromagnétique.

Deux ans plus tard, Discovery One fait route vers Jupiter. À son bord, les astronautes Dave Bowman (Keir Dullea) et Franck Poole (Gary Lockwood) sont accompagnés de 5 scientifiques en hibernation. L’ordinateur de bord HAL attirent leur attention sur une pièce supposée défectueuse mais qui semble pourtant en parfait état de marche. Les deux hommes suspectent alors la machine d’être complètement à côté de ses pompes. Ils projettent de la déconnecter afin d’éviter un problème majeur.

There isn’t a single aspect of ship operations that isn’t under his control. If he were proven to be malfunctioning I wouldn’t see how we’d have any choice but disconnection.

HAL les espionne et tente de se débarrasser des astronautes qui sont devenus une menace. HAL désactive les 5 scientifiques endormis puis envoie Poole faire une ballade dans l’espace. Bowman tente d’aider son ami et quand il essaie de revenir vers le vaisseau, HAL lui refuse tout simplement l’accès.

Open the pod bay doors, HAL.

I’m sorry, Dave. I’m afraid I can’t do that.

What’s the problem?

I think you know what the problem is just as well as I do.

Bowman parvient néanmoins à réintégrer le vaisseau par un accès de secours au prix d’une manoeuvre périlleuse. Une fois à bord, il désactive HAL.

I’m afraid. I’m afraid, Dave. Dave, my mind is going. I can feel it. I can feel it. My mind is going. There is no question about it. I can feel it. I can feel it. I can feel it. I’m a… fraid. Good afternoon, gentlemen. I am a HAL 9000 computer.

Il découvre par hasard un message pré-enregistré du Dr Floyd précisant que l’onde magnétique était pointée vers Jupiter.

Now that you are in Jupiter’s space and the entire crew is revived it can be told to you. Eighteen months ago the first evidence of intelligent life off the Earth was discovered. It was buried 40 feet below the lunar surface near the crater Tycho. Except for a single very powerful radio emission aimed at Jupiter the four-million year old black monolith has remained completely inert.

Désormais à proximité de la planète, Bowman part en mission de reconnaissance autour du monolithe et se fait soudainement aspirer par un vortex fluorescent. Après un voyage étrange à travers différents univers, il se retrouve dans une chambre neo-futuriste où il s’aperçoit mourant dans un lit au pied duquel se trouve le fameux monolithe.

Lorsque Bowman le touche il se métamorphose en foetus flottant autour de la terre.

L’EXPLICATION

2001 l’Odyssée de l’Espace c’est le mystère de la vie.

Tout semble indiquer que la réponse à ce mystère s’articule autour du monolithe qui est toujours présent pour l’homme à des moments importants de sa carrière intergalactique.

Ce monolithe se pose comme un gigantesque point d’interrogation auquel il convient d’essayer de répondre.

Its origin and purpose are still a total mystery.

À quoi sert-il? Les australopithèques le vénèrent un peu comme les Musulmans vénèrent la Kabaa ou les Juifs le Mur des Lamentations, comme si cet objet avait une valeur mystique ou religieuse. Il sert clairement d’inspiration. Le monolithe leur permet de gagner une bataille essentielle à la survie de l’espèce. Des années plus tard, le même monolithe est caché comme un trésor. Il donne une direction, celle de Jupiter. Puis comme une drogue qui permet à Bowman de tripper en se projetant dans un espace inter-sidéral, lui faisant découvrir d’autres horizons et d’autres possibilités. Enfin le monolithe perpétue le cycle de la vie en établissant un trait d’union entre le vieillard dans son lit et le foetus qui veille sur la planète.

Autour de ce monolithe, il se passe des choses liées à l’humanité: des conflits, des secrets, des soupçons, des manigances comme si la vie ressemblait à un épisode de Santa Barbara. Le monolithe semble toujours marquer une étape. À chaque fois que l’humanité se retrouve face à un obstacle, elle le surmonte: qu’il s’agisse de remporter une victoire sur soi-même, trouver un indice qui nous fait progresser dans une enquête sans issue ou se montrer capable de l’impossible.

Alright, HAL. I’ll go in through the emergency airlock.

Without your space helmet, Dave? You’re going to find that rather difficult.

Le monolithe nous permet de repousser nos limites. Il nous fait reconsidérer les choses sous un autre angle. Il offre une nouvelle perspective. Bowman ne voit plus la maladie comme une fin en soi, plutôt comme une transition vers autre chose. Le monolithe devient le fil directeur d’une histoire commune dans laquelle nous pouvons tous nous inscrire.

On bute sans cesse contre la signification du monolithe.

Don’t suppose you have any idea what the damn thing is, huh?

Il est l’inexplicable. Il nous donne une leçon d’humilité, presque Socratique, et nous oblige à accepter qu’il n’y a peut-être pas de réponse à tout – ni scientifique ou religieuse. On ne sait pas. Au moins on s’interroge. Peut-être représente-il juste une excuse pour rappeler à l’homme que quand il cherche, il finit par trouver?

Une chose est sûre par contre, c’est qu’on est déjà en retard de quelques années sur la feuille de route. L’ambitieux Stanley Kubrick a peut-être un peu pêché par excès d’optimisme en pensant que nous sillonnerions l’espace juste après l’an 2000. Charly et Lulu ont pris beaucoup moins de risques dans leurs prévisions et l’histoire leur a donné raison. Ça n’est pas forcément un motif de satisfaction.

NOTE : « You’re free to speculate as you wish about the philosophical and allegorical meaning of the film—and such speculation is indication that it has succeeded in gripping the audience at a very deep level—but I don’t want to spell out a verbal road map for 2001 that every viewer will feel obligated to pursue or fear he’s missed the point. »
(Stanley Kubrick)

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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