L’AGENCE

L’AGENCE

George Nolfi, 2011

LE COMMENTAIRE

Les modes passent. Certaines choses ne se démodent cependant jamais, comme le déséquilibre des rapports hommes/femmes, et ce malgré un féminisme acharné (cf Je ne suis pas un homme facile). Les mâles seront toujours cravatés tandis que les femelles seront toujours décolletées. L’un prendra toujours l’autre de haut grâce aux lois immuables de l’anthropométrie qui font que la corpulence masculine reste dominante dans la plupart des cas. Et quand on compte une femme dans la pièce, on comptera toujours un homme + l’homme dans le miroir si cher à Michael Jackson (cf This is it).

LE PITCH

Un marionnettiste réalise avec effroi qu’il n’est qu’un parmi parmi d’autres.

LE RÉSUMÉ

David Norris (Matt Damon), un jeune élu à l’allure Macronienne, répète le message qu’il s’apprête à adresser après avoir perdu les élections. Elise Sellas (Emily Blunt) sort soudainement des toilettes. Leur conversation le détend. Elle l’embrasse. Et le voilà en train de donner un discours décomplexé devant ses conseillers en communication médusés.

That’s bullshit. 

Son honnêteté le place néanmoins parmi les favoris pour les élections de 2010.

Deux hommes munis de chapeau se réunissent à Central Park. Harry Mitchell (Anthony Mackie) doit empêcher David Norris de prendre son bus. L’homme s’endort. Norris monte dans le bus et y retrouve Elise par hasard.

Quand il arrive au bureau, chaque collaborateur est immobilisé. Ausculté par des hommes en chapeau. Norris prend peur. Il est immédiatement capturé. Richardson (John Slattery) lui parle de l’Agence qui contrôle tout. Son rôle, depuis des années, est de faire respecter le Plan définit par le Patron.

Interdiction formelle de révéler ce secret à qui que ce soit. Interdiction également de revoir Elise, sinon c’est la lobotomie (cf Vol au dessus d’un nid de coucou).

Very few humans have seen what you’ve seen today. And we’re determined to keep it that way. So, if you *ever* reveal our existence, we’ll erase your brain. The intervention team will be sent, your emotions, your memories, your entire personality, will be expunged. Your friends and family will think you’ve gone crazy. You, well, you won’t think anything…

David croise Elise à nouveau trois ans plus tard. Le couple est immédiatement pris en filature par des agents. C’est au tour de Thompson (Terence Stamp) de prendre en main le cas de ce Norris qui veut être capable de décider par lui-même. Thompson lui explique que l’homme ne sait pas exploiter le libre-arbitre. L’Agence est là pour s’assurer que le monde tourne et David fait partie du plan.

You can matter David.

Si David et Elise ne se rencontrent pas, lui finira Président des États-Unis et elle danseuse étoile. S’ils se rencontrent, c’est la fin des haricots. Alors David n’insiste pas.

11 mois plus tard, alors qu’Elise est sur le point de se marier, Harry Mitchell avoue à David que Thompson a un peu exagéré. Il montre à Norris comment utiliser des portes pour échapper aux autres agents et voyager à travers les couloirs spatio-temporels.

David retrouve Elise et lui fait l’une de ces déclarations qu’on ne refuse pas.

I can go through this door alone. You’ll never see me or the people chasing us again, or you can come with me, and I don’t know what’s on the other side, but you’d be next to me and that’s all I’ve wanted since the minute I met you.

Le couple se réfugie sur un toit et échange un dernier baiser avant la synthonisation (cf Dark City).

Changement de programme de dernière minute. Un telex. Selon une directive du patron, Norris et Sellas peuvent repartir libres de droits, au grand damn de Thompson. Tous les deux ont pris tous les risques et sont récompensés par une page blanche. Ils sont désormais affranchis.

Most people live life on the path we set for them, too afraid to explore any other. But once in a while people like you come along who knock down all the obstacles we put in your way. People who realize freewill is a gift that you’ll never know how to use until you fight for it. I think that’s the chairman’s real plan. That maybe one day, we won’t write the plan, you will.

adjustmentbureau

L’EXPLICATION

L’Agence, c’est l’amour comme GPS pour trouver la sortie.

Partons du principe que la vie soit régie par un grand ordinateur de l’univers. À ne pas confondre avec Allo Allo Monsieur l’Ordinateur, dites-moi dites-moi où est passé mon coeur. Cela suppose que l’on fasse des religions monothéistes un postulat. Admettons.

Ce fameux grand ordinateur de l’univers décide de tout. Il écrit une histoire dans laquelle nous avons tous un rôle à jouer. Tout est scripté jusque dans le moindre détail. Certains trouvent cette réalité réconfortante. Ils demandent au Tout Puissant de ne pas les soumettre à la tentation et de les délivrer du mal, tant qu’à faire. Chaque événement de la vie a été voulu à l’avance, donc pourquoi se stresser la vie? Il ne suffit que d’accepter son destin et s’en remettre à Dieu. C’est écrit. Francis Cabrel. Un peu fataliste.

Selon cette vision des choses, le monde n’est pas parfait évidemment. Mais au moins le monde a le mérite d’être. C’est déjà pas mal.

So you handle the important things? The last time I checked, the world is a pretty screwed-up place.

It’s still here. If we had left things in your hands, it wouldn’t be.

D’autres au contraire refusent purement et simplement l’idée que tout puisse être joué à l’avance. Ces personnes ont une affection toute particulière pour les Inconnus lorsque ceux-ci invitent leurs fans à se prendre en main. Car tout reste à faire, comme le pense Lawrence d’Arabie. C’est le cas de David qui, bien que séduit par l’idée de devenir Président des États-Unis en mode auto-pilote, a cependant envie de mener la vie qui lui plait. Il veut être son propre auteur. Or de libre arbitre il n’est point question.

You don’t have free will, David. You have the appearance of free will.

David s’accroche à ses choix. Il ne veut pas qu’on décide pour lui puis qu’on le débranche (cf Matrix). Quitte à faire des erreurs, il préfère que ça soit ses erreurs. Il est prêt à endosser la responsabilité de ses décisions. Et en l’occurrence, il choisit la femme.

All I have are the choices I make, and I choose her, come what may.

Son obstination étonne les membres de l’agence.

Your entire world has turned upside down, and you’re thinking about a woman!

C’est pourtant cet amour qui lui permet d’accéder à un autre monde où tout est envisageable (cf Oblivion). L’amour comme une récompense. Elise est la lumière de David au bout de son tunnel. Elle lui permet d’ouvrir des portes (cf Truman Show). La femme qu’il croise encore et toujours, comme si c’était la seule chose qui soit véritablement incontournable. Celle sans laquelle il ne peut pas être pleinement celui qu’il a envie d’être.

La liberté s’acquiert à partir du moment où l’on accepte de jouer notre partition à quatre mains plutôt que seul. Peu importe la suite puisque David et Elise sont ensemble. L’histoire ne peut-être que belle. Beethoven a raté le rendez-vous de sa vie, ce qui l’a condamné à un célibat triste bien que musicalement productif.

David et Elise ont tout pour être heureux. Pourvu que ça dure (cf Les noces rebelles).

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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