VOL AU DESSUS D’UN NID DE COUCOU

VOL AU DESSUS D’UN NID DE COUCOU

Miloš Forman, 1975

LE COMMENTAIRE

Harvey Weinstein n’est plus intouchable. Les remous de son affaire ont cependant conduit les unes et les autres à faire des amalgames, mettant tous les hommes dans la même porcherie. Internés en hôpital psychiatrique à la merci d’infirmières vengeresses, certains tentent garder leur bonne humeur pour ne pas perdre définitivement la boule.

LE PITCH

Un repris de justice débarque chez les fous.

LE RÉSUMÉ

Randall Patrick McMurphy (Jack Nicholson) choisit l’hôpital psychiatrique pour éviter la prison, après avoir été accusé de viol sur mineure. Il veut jouer le jeu.

I’m here to cooperate with you a hundred percent. A hundred percent.

McMurphy hallucine de voir où il vient de mettre les pieds. Entouré de gentils barjots à l’image de Cheswick (Sydney Lassick), Martini (Danny de Vito), Harding (William Redfield), Taber (Christopher Lloyd) ou encore Sefelt (William Duell). McMurphy se prend d’affection pour le jeune Billy Bibbit (Brad Dourif). Le Chef indien (Will Sampson) l’intrigue également.

Dans cet asile, impossible d’éviter l’autorité de l’infirmière en chef Miss Ratched (Louise Fletcher) dont le rôle est de maintenir les patients sous contrôle.

The best thing we can do is go on with our daily routine.

McMurphy fait très vite preuve d’insubordination. Il refuse de prendre son traitement. Il promet au groupe qu’il s’enfuira en arrachant une gigantesque fontaine à eau pour la passer par la fenêtre. Il s’oppose à Miss Ratched à plusieurs reprises refuse. La guerre est officiellement ouverte.

McMurphy n’a peur de rien. Il kidnappe les patients et les emmène en vadrouille. Il en profite au passage pour voir sa copine Candy (Marya Small). De retour à l’institution, il subit un traitement à base d’ondes de choc en guise de punition. Les docteurs ont le pouvoir de l’interner à vie (cf Side effects). Le piège se referme. Il est temps de déguerpir.

Le Chef s’avère ne pas être sourd et muet comme tout le monde le soupçonne. McMurphy élabore un plan pour se faire la belle avec lui mais tient à organiser une petite sauterie avant de s’évader, comme un pied de nez à la mère Ratched.

L’alcool coule à flot. Tout le monde s’amuse, notamment Billy. Le lendemain matin, Ratched constate le carnage et se fait un malin plaisir d’humilier Billy.

Aren’t you ashamed?

Rongé par les scrupules, le jeune homme se suicide. McMurphy saute sur Ratched pour l’étrangler. Le personnel de sécurité emmené par le violent Washington (Nathan George) le neutralise. McMurphy va subir une lobotomie. Cette fois-ci, plus de son ni d’image.

Le Chef comprend que son ami est parti définitivement. Il le prend dans ses bras puis étouffe ce qu’il reste de McMurphy à l’aide d’un oreiller. Comme l’avait annoncé la prophétie, le Chef arrache la fontaine à eau avant de s’enfuir par la fenêtre vers les montagnes.

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L’EXPLICATION

Vol au dessus d’un nid de coucou, c’est se faire la belle.

McMurphy est un visiteur dans ce monde de cinglés. Il ne croit pas la comédie qui se joue devant ses yeux.

Is that crazy enough for ya’? Want me to take a shit on the floor?

C’est une mascarade parce que par définition, le coucou ne fait pas de nid. McMurphy vole au dessus de rien. L’hôpital est une illusion. Les internés sont volontaires. Tout cela n’est qu’une farce qui se passe dans la tête (cf Treasures from the wreck of the unbelievable). D’ailleurs, le fou n’est finalement personne d’autre que celui qui se trouve du mauvais côté de la vitre. La preuve : quand McMurphy emmène ses potes en bateau, il les fait passer pour des scientifiques et personne n’y voit que du feu.

You’re not a goddamn looney now, boy. You’re a fisherman!

McMurphy se pose la question de savoir comment il a atterri là mais il n’est pourtant pas là par hasard. Il a violé une fille. Puis il a demandé à se faire interner (cf The Platform). Il est un fou parmi les autres (cf L’Armée des douze singes).

I must be crazy to be in a loony bin like this.

Ce planqué cherche à fuir la prison de ses responsabilités, finalement au même titre que les autres. Ils ont tous démissionné en quelque sorte, bercés par la douce mélodie que leur joue Miss Ratched chaque jour. Les hommes sont redevenus des enfants à la merci d’une mère castratrice. Candy débloque Billy qui ne bégaie plus. Ratched la paralyse à nouveau.

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L’heure de la révolte a sonné. Les plus libéraux verront dans l’hôpital une métaphore de l’État Providence. Les patients sont trop contents de prendre leur pilule comme les chômeurs prennent leurs allocations. Rien ne les incite à entreprendre. Les plus anarchistes d’entre nous verront dans l’hôpital une représentation du système dans lequel Miss Ratched est la garante de l’ordre.

Il ne faut jamais perdre sa flamme. Don’t go gentle (cf Interstellar)… McMurphy est devenu paresseux. Sa rencontre avec le Chef va le réveiller à nouveau. Le moment où il découvre que le Chef comprend tout ce qui se passe est une révélation. Cela coïncide aussi avec le moment où il se prend des électrochocs la première fois. Un coup de pied aux fesses. Le moment est venu de se bouger. Le chef lui ouvre les yeux sur ce qu’il est en train de se passer, au cas où McMurphy ne s’en rende pas compte. Il a été happé par la routine, devenant l’ombre de lui-même. Sur la durée, l’institution aura raison de McMurphy.

I’m not saying they killed him. They just worked on him. The way they’re working on you.

McMurphy et le Chef se trouvent. Ils sont les deux seuls à vraiment vouloir évoluer. L’énergie de McMurphy réanime le Chef qui était devenu complètement transparent lui-aussi. Si McMurphy perd sa bataille en se mettant hors-jeu avec Miss Ratched, tout n’est pas perdu puisque le Chef va parvenir à s’enfuir. C’est McMurphy qui lui en a donné la force, ou plutôt l’esprit de McMurphy.

I’m not goin’ without you, Mac. I wouldn’t leave you this way… You’re coming with me.

Dans ce quotidien qui nous ramollit sans cesse, il faut savoir prendre appui les uns sur les autres pour toujours rester libre. Comme le disait fièrement Pascal Légitimus : continuer la lutte (cf Les Trois frères).

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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