TO THE MOON

TO THE MOON

Greg Berlanti, 2024

LE COMMENTAIRE

Au siècle dernier, les garçons étaient conditionnés dès le plus jeune âge pour aller au carton, sur le vieux principe que c’est l’homme préhistorique qui part chasser le mammouth. Il n’y avait pas à réfléchir plus loin que de laisser parler la force. Heureusement quand même que la femme était là pour comprendre l’importance de l’image, et s’occuper un peu de son style.

LE PITCH

Une conseillère en communication aide les astronautes à décrocher la lune.

LE RÉSUMÉ

La guerre froide est à son meilleur dans les années 60. États-Unis et URSS se livrent une course acharnée à l’armement, et à l’espace. Les soviétiques sont les premiers à envoyer un satellite en orbite. Alors les Américains veulent reprendre la main en envoyant un astronaute sur la lune. Mais la NASA manque cruellement de moyens.

Cole Davis (Channing Tatum), en charge du programme, finit par en blâmer le chat noir qui rôde autour des bâtiments.

The last thing we need around here is a black cat!

Moe Burks (Woody Harrelson) travaille pour le Président. Il a pour mission de faire gagner l’Amérique. Cet agent a l’idée d’aller chercher Kelly (Scarlett Johansson), une publicitaire talentueuse, pour que l’opinion publique se passionne à nouveau pour ce sujet – ce qui permettrait de décrocher quelques fonds supplémentaires.

We need a marketing specialist.

Il faut détourner l’attention de la guerre du Vietnam qui occupe tout l’espace médiatique (cf Full Metal Jacket). Kelly débarque en Floride avec son assistante Ruby (Anna Garcia), et ne tarde pas à dépoussiérer l’endroit. Ce qui ne plait pas à Cole Davis pour qui l’espace ne doit pas servir à vendre du dentifrice.

I’m not turning this ship into a commercial billboard!

Kelly va cependant lui apprendre comment les choses fonctionnent sur terre. Il faut tout enjoliver pour passionner les téléspectateurs.

Alors que les astronautes d’Apollo 11 sont prêts à partir, Kelly suggère de placer une caméra sur le module d’alunissage pour tout filmer en direct et créer l’événement. Cole n’est pas à l’aise car l’opération est dangereuse. Moe adore l’idée et l’impose.

En plus, il réclame de recréer la scène en studio pour être sûr que la retransmission ressemble exactement à ce qu’il souhaite (cf Des Hommes d’Influence). Cole ne doit pas savoir.

This isn’t just a race for the moon (…), this broadcast should take place in a controlled setting. (…) We can’t afford to loose.

Après tous ses efforts, et conquises par le courage des équipes de la NASA, Kelly n’est pas non plus à l’aise avec l’idée de truquer la retransmission. Elle va révéler la supercherie à Cole. Tous les deux trouvent un subterfuge pour que la retransmission en direct soit celle de la caméra placée sur le module.

Neil Armstrong pose le pied sur la lune en direct devant des millions d’Américains conquis. Tout se passe très bien.

We’re making history!

Heureusement car en plateau, le chat noir a provoqué la panique.

Moe Burks est satisfait.

It was a perfect failure.

Kelly et Cole se sont rapprochés au cours de cette aventure.

Tout va pour le mieux dans le monde libre.

L’EXPLICATION

To the Moon, c’est encore mieux en vrai.

Les États-Unis ne sont pas le pays de l’American Dream pour rien. Là-bas, on sait très bien que le rêve est un levier efficace pour gouverner, au même titre que la religion ou la répression. En réussissant à inspirer un peuple, on peut décrocher les étoiles.

Les États-Unis excellent sur la forme. Ils ont développé quelques narrations qui ont marqué les coeurs. Un astronaute qui pose le pied sur la lune est certainement l’une des plus belles pages de l’histoire de l’humanité. Ces images ont généré des vocations (cf Interstellar).

Seeing that was life changing.

Les Américains savent y faire quand il s’agit de marketing (cf Hunger Games). Les ficelles paraissent grosses. Il n’empêche que le spectacle impressionne toujours. Parce que là-bas, on sait vendre. D’ailleurs Kelly pourrait vendre n’importe quoi. Elle peut travailler sur une campagne pour une voiture, du ketchup ou les voyages dans l’espace. Il ne s’agit que d’un produit et tout peut se vendre, y compris la lune.

We are working for NASA to sell the moon!

La NASA en a bien besoin car elle n’envoie pas du rêve : Les tests échouent souvent. Certains missions Apollo ont fini de manière dramatique. Il faut à tout prix redorer le lustre de l’Amérique dans ce domaine. C’est l’objectif de Moe Burks, et la mission de Kelly : Changer la perception des Américain·es et les passionner pour la course à l’espace (cf La Société du Spectacle).

A whole new way to see the world.

En Floride, Kelly rentre néanmoins en conflit avec Cole Davis qui ne voit pas les choses de la même façon du tout. Bien qu’Américain lui-aussi, il vit dans le concret. Il est responsable du projet, pas de la manière dont on doit en parler.

You dont give a shit about truth, (…) you can’t win people over without being who you are, (…) you can’t just fake people!

Cole pense que Kelly ne reflète pas les choses comme elles sont. Il a raison. Kelly pense profondément que les gens ne veulent pas voir les choses pour ce qu’elles sont. Personne ne veut prendre la pilule rouge (cf Matrix). On veut rester au pays des merveilles. Les gens achètent ce qu’ils veulent entendre. C’est pourquoi il faut embellir la réalité juste ce qu’il faut pour qu’elle plaise. Mettre un peu de maquillage. Beaucoup de maquillage parfois.

It’s nice to have some light back.

À la fin, tout le monde y gagne.

Don’t feel bad. Everyone gets what they want.

Kelly est ambitieuse. Plus que d’offrir une vitrine à la NASA, elle veut faire l’événement.

People don’t just want to hear the news, they want to see it in the making!

Moe est séduit par l’idée est va encore plus loin : il veut tout réaliser en studio. Reproduire le rêve que les astronautes sont sur le point de réaliser. Tout fabriquer comme si rien ne s’était passé.

Kelly n’est plus d’accord. Elle qui a passé du temps auprès des ingénieurs a appris à les apprécier pour ce qu’ils sont, et en dépit de tous leurs défauts. C’est la première fois qu’elle pense que le résultat peut être encore mieux en vrai.

I learned what it was to be part of something real.

Avec l’aide de Cole, Stu (Donald Elise Watkins) et Don (Noah Robbins), elle va permettre aux Américain·es de rêver – pour de vrai. Neil Armstrong (Dick Dillenburg) délivre sa punchline légendaire. Même Moe n’arrive pas à y croire lui-même.

Was it in the script? It’s a good line…!

La publicitaire découvre le pouvoir de réel. Rien de tel qu’une bonne vérité finalement. Cela permet d’écarter tous les doutes et d’éviter de croire que sous le vernis, la réalité n’est pas si belle que l’on soupçonne.

Voilà une belle histoire comme on aime, pour faire croire que la plus belle des histoires n’était pas une fausse histoire. cqfd.

LE TRAILER

Cette explication de film n’engage que son auteur.

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