INSIDE OUT

INSIDE OUT
Pete Docter, Ronnie del Carmen, 2015

LE COMMENTAIRE

Les jeux TV ça a l’air facile. Il y a d’abord la surprise de découvrir un plateau TV, la fierté de parler à des célébrités comme Nagui, Marie-Ange Nardi, Christophe Dechavanne, Tex, Jean-Luc Reichmann ou bien encore Thierry Beccaro. Et puis il y a l’excitation de peut-être gagner une somme d’argent (ou un voyage au ski). C’est que du bonheur. On oublie un peu vite l’angoisse de ne pas avoir la réponse, la peur de perdre et tout simplement la honte de passer pour un con devant la France entière.

LE PITCH

Riley quitte le Minnesota pour San Francisco.

LE RÉSUMÉ

Lorsque le père de Riley décroche un nouveau job à San Francisco, c’est toute sa famille qui le suit en Californie. Le déménagement est un peu compliqué pour Riley qui n’est encore qu’une enfant. Elle tente de s’adapter à sa nouvelle maison et ses nouveaux amis. Elle a quand même du mal à gérer les émotions qui la gouvernent: Joie, Peur, Colère, Dégoût et Tristesse.

Chaque expérience est transformée en souvenir qui se retrouve stocké dans sa mémoire à long terme composée de cinq grands domaines, tous joyeux. Ses grands domaines forment la personnalité de la petite fille. Joie est en charge de son poste de commandes.

Cette nouvelle vie est une épreuve pour Riley: la maison ne lui plait pas, ses affaires sont perdues pendant le déménagement, son père est stressé… Tristesse commence à toucher les souvenirs de Riley et les rend tristes. Pour son premier jour à l’école, Tristesse fait même pleurer Riley devant sa classe créant ainsi un nouveau domaine dans sa mémoire à long terme.

Dans la panique, Joie essaie de protéger les autres souvenirs. Elle fait une fausse manipulation, désactive la personnalité de Riley et se retrouve aspirée dans sa mémoire en compagnie de Tristesse.

Colère, Dégoût et Peur se retrouvent tous les trois à devoir gérer le quotidien, avec des résultats catastrophiques. Ses cinq domaines s’effondrent peu à peu et tombent dans l’oubli, dont ils ne reviendront pas. Joie s’active pour empêcher ce désastre pendant que Tristesse se lamente.

C’mon! Think positive!

I’m positive that you’ll get lost in there!

Au centre de commandes, Colère a pris la décision de fuguer. Riley veut repartir dans le Minnesota.

Grâce à l’aide d’un de ses jouets préférés, Bing Bong, Joie et Tristesse parviennent à regagner le centre de commandes. C’est un peu par hasard que Joie découvre le rôle de Tristesse.

Crying helps me slow down and obsess over the weight of life’s problems.

Certains des souvenirs les plus joyeux de Riley sont apparus après qu’elle soit triste.

Joy reprend le contrôle et empêche Riley de quitter la maison. Ses parents qui étaient morts d’inquiétude la réconfortent.

Un an plus tard, Riley s’est adaptée à sa nouvelle vie et s’est même faite de nouveaux amis et de nouveaux souvenirs. L’équipe des émotions travaille en bonne intelligence. Le poste de commandes s’est étoffé et permet à Riley de gérer des situations émotionnelles plus complexes.

We’ve been through a lot lately, that’s for sure. But we still love our girl. She has great new friends, a great new house. Things couldn’t be better. After all, Riley’s twelve now. What could happen?

inside out

L’EXPLICATION

Inside Out, c’est une politique émotionnelle qui fonctionne.

La réalité c’est que la vie n’est pas simple, en tout cas pas autant qu’on veut bien nous le faire croire. On nous élève dans un monde fait de gentils et de méchants, de comédies ou de drames, d’ancien et de nouveau Testament, de droite et de gauche. En gros on nous enseigne à réduire la fraction à son minimum parce que c’est plus facile à gérer. On nous enseigne à être fainéants et à faire au jour le jour.

All right! We did not die today, I call that an unqualified success.

Et ça n’est pas mal, c’est la base. Parfois il faut savoir y revenir. Ça n’est que la base. Il faut donc grandir et s’adapter à un monde dans lequel les choses ne sont ni blanches ou noires (cf Michael Jackson). On ne peut pas scinder la vie en deux avec l’amour d’un côté et la peur de l’autre comme dans Donnie Darko, ça ne fonctionne pas. La vie est un pot pourri, c’est ce qui la rend intéressante d’ailleurs, comme un film de Christopher Nolan dans lequel le héros n’est pas tout propre et le vilain n’est pas si méchant. La vie c’est un plat raffiné aux saveurs subtiles, ça n’est pas un burger de chez McDonald’s. C’est une chanson de Bashung, pas des Inconnus (cf Vice-Versa). En vrai, la vie c’est sens dessus dessous.

Quand on est un enfant, cette perspective est terrifiante. C’est trop. Surtout que nous sommes guidés par des émotions qui ne savent pas toujours travailler ensemble. Elles prennent tour à tour le pouvoir et leur centre de contrôle est limité. Ainsi les enfants sont soit en colère ou joyeux (cf Jean qui rit, Jean qui pleure). Ils sont entiers, et donc parfaitement ingérables.

Dans le cas de Riley qui est plutôt une petite fille enjouée, Joie règne en maîtresse absolue sur les autres, presque de manière tyrannique. Elle domine les autres. Joie s’active pour que tous les indicateurs de Riley soit toujours au vert. Elle va vite se rendre compte que la tâche est impossible. Faut pas croire…

Being cool is exhausting.

À travers ce voyage dans la personnalité de Riley, Joie va comprendre qu’elle n’est pas seule sur terre. Sa démarche était louable.

I just wanted Riley to be happy…

Joie va comprendre que c’est bien aussi de ne pas être heureux tout le temps. Ça arrive d’être triste. Et ça n’est pas grave.

I… I know you don’t want me to, but… I miss home. I miss Minnesota. You need me to be happy, but I want my old friends, and my hockey team. I wanna go home. Please don’t be mad.

Joie apprend à composer avec les autres et faire de la place à Colère, Peur, Dégoût et Tristesse. Riley va donc pouvoir piquer une crise quand c’est nécessaire. Elle n’aura pas à craindre d’avoir peur. Et elle sera très bien comme ça.

Joie allait faire de Riley une femme insupportable, pour ne pas dire une connasse, qui met la pression à son entourage pour toujours être heureux. Ces gens là sont insupportables. Dans un autre genre on trouve aussi Donald Trump qui ne fonctionne qu’à la colère ou la peur, comme un bloc bi-émotionnel. Inside Out c’est le projet d’Emmanuel Macron d’essayer de mettre Edouard Philippe à la même table que Nicolas Hulot, sans qu’ils s’écharpent. Croisons les doigts. Ou serrons les fesses.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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