YES MAN

YES MAN

Peyton Reed, 2008

LE COMMENTAIRE

Tout n’est qu’affaire de perception. On peut passer son quotidien en ayant l’impression d’être emprisonné seul derrière un grillage. Pour peu qu’on prête attention aux personnes autour de nous, on réalise qu’il y a toujours quelqu’un présent à nos côtés dans cette prison (cf Les Évadés). Et que la porte du grillage n’est pas fermée à clé. Il nous suffit de la pousser pour nous libérer. Ce n’est pas très compliqué.

LE PITCH

Un simple mot change radicalement la vie d’un homme.

LE RÉSUMÉ

Depuis son divorce, Carl Allen (Jim Carrey) s’est quelque peu coupé du monde. Son ami Pete (Bradley Cooper) lui tend régulièrement une main que Carl se fait un plaisir de refuser. Quand il ne veut pas, il ne veut pas.

‘No’ means ‘no’.

Nick Lane (John Michael Higgins), un ancien pote dont il avait perdu la trace, réapparait dans sa vie, comme métamorphosé. Il invite Carl à participer à une convention organisée par Terrence Bundley (Terence Stamp). Son énergie négative lui vaut de vite se faire remarquer. Terrence le confronte devant tout le monde et, de par son charisme, parvient à le convaincre de dire ‘oui’ à toutes les opportunités qui vont se présenter, sans réfléchir.

YES! Say it a million times. Then say it a million more.

Plus tard dans la soirée, Carl donne tout son argent à un SDF. Sa voiture tombe en panne. Il n’a plus de batterie et doit donc se rendre à la station service la plus proche. Il y fait la rencontre d’Allison (Zooey Deschanel) qui le ramène chez lui en scooter au beau milieu de la nuit.

Cette expérience lui fait reconsidérer son attitude. Peut-être pas au point de tout accepter… Surtout pas quand sa voisine octogénaire Tillie (Fionnula Flanagan) lui propose une fellation pour le soulager. En quittant son appartement, Carl tombe dans les escaliers et manque de se faire dévorer par un chien enragé. Désormais sensible au monde autour de lui et attentif aux conséquences de ses décisions, Carl remonte aussi sec chez sa voisine pour accepter sa proposition initiale. Contre toute attente, il profite de ce moment. Sa vie bascule.

En disant ‘oui’ à tout, il s’ouvre au monde comme il ne l’avait jamais fait auparavant (cf Un jour sans fin). C’est ainsi qu’il se rapproche de son patron Norman (Rhys Darby), de ses amis Pete et Rooney (Danny Masterson), qu’il prend des cours de Coréen et de guitare, sauve un homme du suicide puis de fil en aiguille se retrouve dans un bar pour le concert du groupe Munchausen by Proxy dont la chanteuse se trouve être… Allison.

Tous les deux tombent amoureux et se rendent à l’aéroport pour un voyage spontané, sans destination. Juste le prochain avion qui décolle. Ils se retrouvent à Lincoln, dans le Nebraska, où ils parviennent malgré tout à passer un super weekend. À leur retour, le FBI attend Carl de pied ferme. Il est soupçonné de terrorisme : des cours de pilotage, des leçons de Coréen qui le rapprochent de Pyongyang, son mariage à une Iranienne pendant seulement quelques mois… Tout ça, mis bout à bout, semble très louche.

Allison découvre que Carl dit oui à tout. Elle questionne le bien fondé de leur relation. Le couple se sépare et Carl retombe dans une sorte de dépression.

Son ex-femme Stephanie (Molly Sims), dont il était encore très épris récemment, se sépare de son nouveau compagnon. Lorsqu’elle revient vers lui, Carl trouve bizarrement la force de lui dire ‘non’. En tout cas, il n’arrive pas à lui dire ‘oui’.

La galère continue. Carl est persuadé qu’il doit demander à Terrence de rompre son engagement pour pouvoir retrouver une vie normale. Il se cache à l’arrière de sa voiture pour le surprendre, provoquant un accident spectaculaire.

À l’hôpital, Terrence explique à Carl que cet engagement était plus symbolique qu’autre chose. On n’est pas obligé de dire ‘oui’ à tout. Il était plutôt question d’aider à Carl à ne plus être enfermé dans sa spirale négative afin qu’il puisse s’ouvrir à d’autres choses.

Totalement libéré, Carl retrouve Allison pour lui dire qu’il ne se sentait effectivement pas prêt pour emménager avec elle, mais qu’il l’aime sincèrement. Le couple se réconcilie.

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L’EXPLICATION

Yes Man, c’est sucer la moelle de la vie – sans en avaler l’os (cf Cercle des Poètes Disparus).

Le véritable souci de Carl n’est pas qu’il soit fermé à tout, c’est plutôt qu’il soit extrême. Il est beaucoup trop intense, dans un sens comme dans l’autre. Ce qui rend la vie avec lui plutôt compliquée, voire impossible. Stephanie n’a pas tenu. Allison ne tiendra pas longtemps. Il doit absolument apprendre la nuance.

Si l’on pouvait placer les émotions sur une ligne, Carl se situerait du côté sombre de la Force (cf Star Wars). Sa rencontre avec Terrence va lui faire voir le monde sous un nouvel angle. Très vite, il va s’apercevoir qu’une autre vie est possible quand on sort des ténèbres pour laisser rentrer la lumière. On commence par des choses pas toujours forcément plaisantes, comme se faire rançonner par un sans-abris…

Hey, Carl… you wanna give your money away to some homeless guy? Yes, yes I do. How ’bout letting him use up the phone battery so that you can’t get help when your car runs out of gas? You know what? That sounds like a fuckin’ great idea!

Quand on se sent à l’aise avec l’idée de pouvoir vivre en ayant tout perdu, les belles histoires peuvent naître (cf The Game). Carl ne se protège plus. Allison peut rentrer en scène car il y a de la place pour la rigolade.

The world’s a playground. You know that when you are a kid, but somewhere along the way everyone forgets it.

Pour autant, Carl ne doit pas oublier que regarder le soleil sans lunettes de protection est quand même déconseillé par le corps médical (cf Sunshine). Dire oui permet de s’ouvrir à de belles surprises certes. Mais à dire oui à tout, on finit par faire un peu n’importe quoi. Celui qui acquiesce sans réfléchir peut aussi faire preuve de manque de conviction, ou de discernement. C’est le doute qui s’empare d’Allison lorsqu’elle découvre la philosophie de Carl : est-il vraiment sincère? Comment le savoir?

Parce qu’il sait aussi dire ‘non’ à Stephanie par exemple. C’est le ‘non’ de Gabrielle Chanel qui marque un affranchissement des conventions. La déclaration de guerre aux cheveux cassants des studios L’Oréal. Le début d’une révolution. Ne pas tout accepter. Le pouvoir de dire ‘oui’ de la BNP, tout en s’octroyant le droit de dire ‘non’ quand même de temps en temps. Carl s’inspire de Michel Pape (cf Harry, un ami qui vous veut du bien) qui sait écouter son instinct créateur mais qui sait aussi l’enterrer dans le puisard quand c’est nécessaire. Il s’approprie la devise de Horace : il faut de la mesure dans toutes choses. Plus rien ne peut l’empêcher de voter Modem.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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