PULP FICTION

PULP FICTION
Quentin Tarantino, 1994

LE COMMENTAIRE

Il y a des signes qui ne trompent pas. Quand la salle se lève, c’est l’artiste qui sait qu’il a réalisé une performance mémorable. Quand la salle (de réunion) sa marre, c’est le client qui sait qu’il est le plus drôle. Quand le virage se met à chanter, c’est tout le stade qui va s’enflammer. Et quand une fille vous regarde comme un chat regarderait un petit morceau de gruyère, alors vous savez qu’il va falloir passer à la caisse.

LE PITCH

Les destins se croisent à Los Angeles.

L’HISTOIRE

Pumpkin (Tim Roth) et Yolanda (Amanda Plummer) sont sur le point de braquer un grill.

Jules Winnfield (Samuel L. Jackson) et Vincent Vega (John Travolta), deux tueurs à gages rendent visite à Brett (Frank Whaley) pour récupérer une mystérieuse mallette appartenant à leur patron Marsellus Wallace (Ving Rhames). Jules liquide Brett après avoir cité Ézéchiel (25:17).

And you will know I am the Lord when I lay My vengeance upon you!

Vincent et Jules se rendent dans un strip-club appartenant à Marsellus. Vincent se fait chambrer car il doit bientôt sortir avec Mia Wallace (Uma Thurman), sur ordre de son patron. Celui-ci est d’ailleurs en train de soudoyer le boxeur Butch Collidge (Bruce Willis).

In the fifth, your ass goes down.

Le soir de son date avec Mia, Vincent s’arrête chez Lance (Eric Stoltz) pour faire une recharge d’héroïne. Bien shooté, il emmène Mia au Jack Rabbit Slim’s où ils remportent tous les deux un concours de danse. De retour chez Mia, elle fait une overdose. Vincent en panique l’emmène chez son dealer et lui sauve la vie in-extremis par une piqûre d’insuline en plein cœur.

Quelques minutes avant son combat, Butch se rappelle du Major Koons (Christopher Walken) qui lui avait fait don de la montre en or de son père, décédé pendant la guerre au Viet-Nam. Une montre en or que le Major avait courageusement planquée dans son cul.

Butch gagne le combat qu’il devait perdre puis prend la fuite. Il rejoint son amie Fabienne (Maria de Meideros) à son Motel avant de mettre les voiles le lendemain avec l’argent des paris. Fabienne a fait les valises. Elle a malheureusement oublié la montre de Butch à l’appartement.

I specifically reminded you not to forget the fucking watch!

Il prend le risque de retourner à son appartement où il surprend Vincent en train de poser un pêche. Il l’abat. Il reprend la route convaincu qu’il est tiré d’affaire.

That’s how you gonna beat them Butch. They keep underestimating you.

Comble de malchance, il tombe sur Marsellus à un feu rouge. Il lui échappe puis finit sa course chez Maynard (Duane Whitaker) un prêteur sur gages sodomite qui l’assomme, ainsi que Marsellus, avant d’appeler son pote Z (Peter Greene). Butch et Marsellus sont faits prisonniers et c’est Marsellus qui va prendre un tarif tandis que Butch est surveillé par la Crampe.

Butch parvient à s’échapper. Il ne peut pas laisser Marsellus dans ce traquenard. Il redescend à la cave et tue Maynard. Marsellus va pouvoir se venger de Z. Bon prince, il laisse Butch s’en aller.

Après avoir tué Brett, Jules et Vincent se sont fait tirer dessus par un troisième larron sorti des toilettes. Ils s’en sortent miraculeusement. Ils font la morale à Marvin, leur indic. Jules est bouleversé pendant que Vincent disserte dans la voiture, son arme à la main. Il demande son avis à Marvin et lui explose la tête par accident.

Oh man, I shot Marvin in the face!

Jules et Vincent s’arrêtent en catastrophe chez Jimmy (Quentin Tarantino) pour trouver une solution. Les gangsters n’ont que très peu de temps pour nettoyer leur connerie avant que Bonnie, la femme de Jimmy, ne rentre à la maison. Marsellus leur envoie The Wolf (Harvey Keitel).

I’m Winston Wolfe. I solve problems.

Sous sa baguette, tout le monde s’en sort dans les temps.

Jules et Vincent s’arrêtent au grill que Pumpkin et Yolanda s’apprêtent à braquer. Jules explique à Vincent que ce miracle est le signe qu’il est temps de prendre sa retraite. Vincent n’en croit pas ses oreilles. Par contre, il doit aller chier. Pendant ce temps, Pumpkin et Yolanda passent à l’action. Jules désarme Pumpkin. La tension est à son comble. Vincent menace de tirer sur Yolanda qui menace de tirer sur Jules qui menace de tirer sur Pumpkin. Jules explique à Pumpkin qu’il pense avoir mal interprété les évangiles depuis trop d’années et qu’il veut se ranger. À ce titre, il lui laisse la vie sauve et le laisse partir avec Yolanda.

L’EXPLICATION

Pulp Fiction c’est l’histoire telle qu’on rêverait qu’elle se passe.

Comme quand on braque un grill en couple, à l’image de Serge Gainsbourg & Brigitte Bardot, et qu’on repart sain et sauf avec l’épargne de la caisse.

Comme quand on passe entre les balles.

What just happened was a fucking miracle!

Comme quand on est toxicomane qui arrive encore à kiffer son héroïne, à l’inverse du toxicomane cadavérique qui n’arrive plus à dormir sous les ponts (cf The Panic in Needle Park).

Comme quand on gagne un concours de twist malgré de nombreux kilos en trop.

Comme quand on sauve la femme de son patron d’une overdose.

Comme quand on sauve les fesses (en chou-fleur) du mec qui voulait encore notre peau il y a cinq minutes.

So we cool?

Yeah, we cool.

Comme quand deux paires de fesses débarquent dans la boutique.

Z? Meynard… The spider just caught a couple of flies.

Comme quand on peut tirer en plein dans les parties génitales de celui qui vient de nous la mettre bien profond, avant de le finir à la pince et au fer à souder (bien moyen-âgeux).

I’m get medieval on your ass.

Comme quand on peut prendre sa retraite et avoir la chance de faire le tour du monde plutôt que chauffeur Uber.

Comme quand on retrouve sa montre sur le kangourou.

Comme quand le cunnilingus arrive avant la fellation.

Will you give me oral pleasure?

Will you kiss it?

Yeah. But you first.

Okay.

Comme quand on est dans la merde et qu’on nous envoie The Wolf.

Comme quand on est vieux et que les jeunes font preuve de respect.

Mr Wolfe, I just wanted to tell you it was a real pleasure to watch you work.

Comme quand on bouffe au McDo, avec classe.

Well, a Big Mac’s a Big Mac, but they call it « le » Big-Mac.

C’est plaisant car tout cela n’arrive tout simplement jamais, en vrai.

La fiction pulpeuse se situe quelque part très loin de la triste réalité chantée par Amadou et Mariam. C’est la fantaisie d’une Amérique des années 90 qui finit de surfer sa vague face au pragmatisme du Mali déjà victime de la montée du terrorisme à peine dix ans plus tard. Ce sont deux mondes qui se croisent comme à un carrefour sur Fletcher Drive.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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