LE FUGITIF

LE FUGITIF

Andrew Davis, 1993

LE COMMENTAIRE

Les Neg’ Marrons l’avaient chanté haut et fort : Si je dois te lyncher, je vais te lyncher. T’auras beau crier à l’aide. Inutile de crier au loup ou de prendre son téléphone pour appeler la Policìa Federal ne quittez pas (cf Sicario). Ça ne marche pas comme ça. De tout temps, quand on est dans les troubles, on ne peut s’en remettre qu’à soi (cf The Game). Il faut se prendre en main. C’est notre destin, en quelque sorte. Les Inconnus l’avaient compris bien avant tout le monde.

LE PITCH

Un homme accusé de meurtre se bat pour faire éclater la vérité.

LE RÉSUMÉ

Richard Kimble (Harrison Ford) est un chirurgien vasculaire réputé à Chicago. De retour à la maison, il trouve sa femme en train d’agoniser au sol puis il se fait agresser par un bandit manchot (Andreas Katsulas).

Tout est contre lui : pas de trace d’infraction, une police d’assurance conséquente, et un message troublant laissé par sa femme à Police Secours :

Richard… he’s trying to kill me…

La justice de l’Illinois ne traine pas. Kimble est inculpé de meurtre et prend la peine de mort. Il profite d’une tentative d’évasion de ses co-détenus pour se faire la malle.

Le U.S. Marshal Samuel Gerard (Tommy Lee-Jones) arrive sur les lieux de l’accident. Il lance immédiatement les recherches.

All right, listen up, ladies and gentlemen, our fugitive has been on the run for ninety minutes. Average foot speed over uneven ground, barring injuries, is 4 miles per hour. That gives us a radius of six miles. What I want from each and every one of you is a hard-target search of every gas station, residence, warehouse, farmhouse, henhouse, outhouse and doghouse in that area. Checkpoints go up at fifteen miles. Your fugitive’s name is Dr. Richard Kimble. Go get him!

De son côté, Kimble se rend à l’hôpital incognito pour se munir de quelques médicaments afin de guérir de ses blessures et se raser la barbe afin d’être moins facilement reconnaissable. Convaincu d’avoir été victime d’un coup monté, Kimble veut prouver son innocence comme il l’indique à son ami le Dr Charles Nichols (Jeroen Krabbé).

Gerard retrouve Kimble et l’invite à se rendre. Les deux hommes se retrouvent nez à nez dans un tunnel. Le fugitif clame son innocence. Gerard s’en moque.

I didn’t kill my wife!

I don’t care!

Puis Kimble saute dans le vide afin de s’échapper à nouveau. La traque continue, ainsi que l’enquête de Kimble. Le manchot qui l’a attaqué s’appelle Fredrick Sykes, un ancien flic peut-être ex-fan des sixties désormais employé du laboratoire pharmaceutique Devlin MacGregor. Tiens tiens. Le même laboratoire qui produit le Provasic, un médicament qui n’a pas pu être approuvé par la FDA suite à un rapport de Kimble.

Le chirurgien est surpris de découvrir que c’est son ami Charles Nichols qui est derrière la molécule. Que c’est également lui qui a embauché Sykes pour l’éliminer. Sa femme n’était pas censée être là. C’est une victime collatérale.

Gerard fait la même découverte. Il arrive juste à temps pour sauver la mise à Kimble, heureux désormais de se rendre aux forces de police.

I thought you didn’t care?

I don’t. Don’t tell anybody, okay?

Les véritables coupables sont arrêtés. La chaises électrique va chauffer…

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L’EXPLICATION

Le Fugitif, c’est parvenir à faire réfléchir les autorités supposées compétentes.

Samuel Gerard est un executant. Il applique des directives au nom du maintien de l’ordre. Ironique.

Il a pour habitude que son équipe travaille pour lui.

Dr. Nichols lied to me. Go find him.

À l’image d’un gouvernement qui garde son cap, Samuel Gerard ne négocie pas, pas son genre.

I… don’t… bargain.

Il ne pense pas non plus et n’encourage pas ses équipes à le faire. Pour quoi faire au juste?

Newman, what are you doing?

I’m thinking.

Well, think me up a cup of coffee and a chocolate doughnut with some of those little sprinkles on top, while you’re thinking.

Samuel Gerard ne cherche pas à résoudre quoi que ce soit. Il n’est pas Colombo. Kimble a été condamné / Il s’est sauvé / Il faut le retrouver. Point final. On n’est pas là pour refaire l’histoire.

That’s right Richard… I don’t care. I’m not trying to solve a puzzle here…

Well, I am trying to solve a puzzle.

Gerard est même vicieux puisqu’il tente de convaincre Kimble de céder à la facilité.

Give it up, Richard, it’s time to stop running!

Voilà le profil d’un représentant de police dont le métier est aussi de protéger les innocents, au delà du maintient l’ordre. Samuel Gerard s’apparente plutôt à une sorte de Robocop qu’il ne vaut mieux pas avoir sur son dos, surtout s’il est programmé pour vous retrouver et vous conduire à la chaise électrique (cf Terminator).

Plutôt que de perdre son temps à essayer de convaincre un homme avec lequel on ne peut pas discuter, Kimble évite les débats stériles pour se concentrer sur l’essentiel : prouver son innocence, comme Steve Avery dans Making a Murderer. Sa stratégie est de trouver le coupable. Pour cela, il doit s’improviser détective en fouillant les poubelles. Ce qu’on y trouve n’est jamais plaisant (cf Ne le dis à personne). En l’occurrence, son meilleur ami a voulu le tuer et a fait tuer sa femme, au nom du profit. Pas sympa.

La détermination de Kimble va d’abord interpeller Samuel Gerard. Puis son obstination va l’inspirer. C’est énorme. C’est parce que Kimble finit par faire le job du Marshal que Samuel Gerard va se remettre un tout petit peu en question, même s’il ne le reconnaitra jamais évidemment. Un homme dans sa position ne peut se le permettre. Au contraire, Samuel Gerard va plutôt se concentrer à mettre la touche finale et s’attribuer tout le mérite. Certaines personnes ont l’art de ne rien faire, tout en parvenant à se retrouver sur la photo à la fin (cf Shining).

Les deux protagonistes vont néanmoins développer une belle relation. Peut-être qu’à l’avenir, Samuel Gerard regardera un peu mieux la situation avant de foncer tête baissée. Sa rencontre avec Kimble lui permet déjà de révéler quelques signes d’humanité, derrière sa carapace.

They killed my wife.

I know it Richard. But it’s over. You know I’m glad. I need the rest.

Lui aussi a visiblement besoin de prendre des vacances de temps en temps.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

2 commentaires

  • Ça fait drôle de voir un français utiliser le créole. C’est « nèg mawon » si tu commences en créole faut finir en créole, a moins que tu utilises « nègres marrons » mais l’explication est tellement 😍 pour ce classique

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