ALIEN: COVENANT

ALIEN: COVENANT
Ridley Scott, 2017

LE COMMENTAIRE

Peu importe de quel côté du miroir on se trouve, on finira toutes et tous par passer à la casserole. S’il n’existe qu’une certitude c’est bien celle-là. Alors c’est pas la peine de crier ou de réveiller les voisins puisque la seule vraie question qui compte c’est de savoir qui sera le prochain ou la prochaine sur la liste? Tout le monde garde son calme ou prend son mal en patience jusqu’à ce que le prochain Alien sorte de sa tanière thoracique.

LE PITCH

11 ans après la mission Prometheus, le Covenant change de trajectoire.

LE RÉSUMÉ

Peter Weyland (Guy Pierce) admire son nouveau droïde (Michael Fassbender) qui décide de prendre le nom de David en hommage au Zizi de Michel Ange (par opposition au Zizi de Pierre Perret). Tandis que Weyland s’interroge sur l’origine du monde, David réalise que son maître n’est pas éternel.

I will serve you, yet you’re human. You will die, I will not.

2104. Le vaisseau colon Covenant fait route vers Origae-6 avec à son bord une quinzaine de personnes, un droïde du nom de Walter (Michael Fassbender) et un petit millier d’embryons. Une avarie envoie quelques membres de l’équipage ad patres, inclus le capitaine Jacob Branson (James Franco). Christopher Oram (Billy Crudup) se retrouve aux manettes et décide de faire un crochet sur une planète qui émet des transmissions radio, malgré les réticences de Daniels (Katherine Waterston).

La planète a des faux airs de Pompéi: une civilisation semble y avoir prospéré avant de s’éteindre. La planète est effectivement hostile. Ledward (Benjamin Rigby) et Hallett (Nathaniel Dean) sont tous les deux infectés par un virus alien. C’est une nouvelle fois le début de la fin. Les membres du Covenant tombent comme des mouches pendant que les deux droïdes philosophent. David qui se trouvait sur la mission Prometheus est à l’origine de ce bordel. Il a contaminé les Ingénieurs et cherche désormais à pouvoir décoller de cette planète fantôme. Il ne se considère pas comme un esclave, surtout pas celui des humains trop faibles à son goût. Walter désapprouve.

Daniels parvient à fuir cette planète maudite grâce à l’aide de Walter, dont elle finira par découvrir avec horreur qu’il s’agit en fait de David. Trop tard.

Don’t let the bedbugs bite.

Celui-ci prend les commandes et dépose deux foetus d’aliens parmi les autres embryons cryogénés.

alien-covenant-critique-du-film-de-Ridley-Scott-actuellement-au-cinéma

L’EXPLICATION

Alien: Covenant, c’est le paradoxe de l’oeuf et de la poule.

Il y a quelque chose d’inquiétant et de rassurant à la fois dans le fait de savoir qu’on en sera toujours au même point dans une centaine d’années, à se demander d’où l’on vient et où l’on va. Il n’existe cependant pas beaucoup de questions qui se mordent autant la queue que celle qui a trait à l’origine des choses. Weyland qui a tout réussi et a fini par se lasser de compter ses trillions est bien obligé de se frotter à ce genre de mystère qui nous dépasse tous. C’est plus fort que lui: il veut savoir. Pour lui, l’origine de l’humanité ne peut pas s’expliquer par de la chance ou une simple histoire de big bang. Ce serait trop facile, trop vulgaire.

All these wonders of art… design, human ingenuity… All utterly meaningless in the face of the only question that matters. Where do we come from? I refuse to believe that mankind… is a random by-product of molecular circumstance. No more than the result of… Mere biological chance. No. There must be more. And you and I, son, we will find it.

Non, l’humanité a définitivement besoin d’un point de départ divin. C’est peut-être parce que Weyland est obsédé par Wagner, la Philarmonie de Paris, le Musée du Quai Branly et Arte? Seul un architecte grandiose ou génial pourrait être à l’origine de tous ces trésors. Weyland oublie un peu vite que l’humanité c’est aussi le camping, TF1, Cyril Hanouna ou Michaël Youn. Quelle est l’origine de cette humanité là? Qui est le créateur de l’humanité qui roule en Renault?

Le Capitaine du Covenant lui aussi est secrètement hanté par cette question. Lorsqu’il reçoit des ondes radios d’une planète ignorée par ses équipes alors qu’elles ont quand même passé tout l’univers au peigne fin (et on se parle de l’infini), Oram préfère changer de cap sans réfléchir. Un peu parce qu’il craint une révolte de ses subalternes mais un peu aussi parce qu’il est séduit par l’idée de pouvoir trouver une planète où tout a peut-être commencé. Oram et ses potes sont tellement excités à l’idée de découvrir cette nouvelle planète qu’ils en oublieront les règles simples de sécurité comme par exemple de porter un scaphandre, ce qui aurait permis à Ledward et Hallett d’éviter d’être contaminés comme des imbéciles.

La question de savoir qui de la poule ou de l’oeuf est venu le premier prend des allures de puits sans fond. Elle taraude également les droïdes, notamment David. Les machines ont l’intelligence d’admettre qu’elles ne sont pas arrivées les premières. Alors plutôt que de tourner en rond et tomber dans le piège en essayant d’apporter une réponse impossible à ce dilemme, David s’intéresse au comment: la création.

What do you believe in, David?

Creation.

La création est un art subtile comme la cuisine ou la musique.

One wrong note eventually ruins the entire symphony.

David a trouvé son truc. Il s’occupe, seul sur sa planète islandaise, en jouant les Anthony Bourdain. Il concocte des recettes d’Aliens à toutes les sauces, tous plus redoutables les uns que les autres: des Aliens à l’ail, des Aliens cuits à l’eau, des Aliens tandoori… L’objectif de David, esclave affranchi, est de se débarrasser des humains, une race mortelle qui selon lui ne mérite certainement pas de coloniser l’univers. On est toujours le barbare de quelqu’un et le terroriste d’un autre.

David se pose aussi des questions qui sont davantage reliées au présent. Plutôt que de regarder en arrière comme Weyland, il se demande dans quel but il fait tout ça. Il vit dans l’instant. Face à Walter qui challenge l’éthique du comportement de David, celui-ci lui demande:

Serve in Heaven or reign in Hell?

Voilà où ça nous mène de nous poser trop de questions, qui ne sont pas forcément les bonnes d’ailleurs. On tourne en rond, comme un poulet sans tête. Libre à nous de se demander si ce poulet est venu avant son oeuf. À quoi ça sert de se poser des questions si c’est toujours la même histoire à la fin: une femme, un robot et un alien sont dans un vaisseau. La vérité c’est qu’on ferait mieux de regarder le foot. Encore que dans le foot on se pose aussi ces questions: Ne serait-il pas préférable pour le FC Metz de jouer le haut de tableau de la ligue 2 plutôt que de trainer sa misère en fin de classement de ligue 1? Faut pas croire…

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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