GONE WITH THE WIND

GONE WITH THE WIND
Victor Fleming, 1939

LE COMMENTAIRE

Le temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître d’Aznavour fait référence à une époque révolue où les hommes n’étaient pas encore des porcs. Leurs manières étaient marquées d’une élégance teintée de respect. On baisait courtoisement la main d’une fille pour la séduire (tout en la baisant tendrement du regard). La femme, pudique, cachait son trouble à l’aide d’un mouchoir. Ce qui lui permettait aussi de masque son haleine parfumée au brandy. Car la femme picolait déjà à l’époque (cf Le Cousin).

LE PITCH

Une femme rêve de la rue de la Paix et finit par retourner à la case départ (sans toucher les francs 20,000).

LE RÉSUMÉ

Les jours se suivent et se ressemblent à Tara, une plantation de coton de la Géorgie de 1861. Le Sud connaît son âge d’or.

There was a land of cavaliers and cotton fields called Old South. Here is this pretty world gallantry took its last bow. Here was the last ever to be seen of knights and their ladies fair, of master and slave… Look for it only in books, for it is no more than a dream remembered. A civilization gone with the wind.

La jeune et jolie Scarlett O’Hara (Vivien Leigh) se fait régulièrement courtiser bien que son coeur appartienne à Ashley Wilkes (Leslie Howard) même si ce dernier compte épouser sa cousine Melanie (Olivia de Havilland). Le coeur à jamais brisé, Scarlett devient insupportable. Elle promet à Charles Hamilton de l’épouser, par dépit. Parallèlement elle fait la rencontre de Rhett Butler (Clark Gable), un homme énigmatique qui ne fait pas dans la langue de bois – y compris à propos de la guerre de Sécession sur le point d’éclater.

I think it’s hard winning a war with words gentlemen.

I mean Mr Hamilton there not a cannon factory in the whole South.

What difference does that make sir to a gentleman.

I’m afraid it’s going to make a great deal of difference to a great many gentlemen, sir. (…) I’m sorry if the truth offends you.

Les hommes partent au front. Charles Hamilton n’en reviendra pas. Scarlett, veuve avant même d’avoir été mariée, travaille comme infirmière dans un hôpital de fortune d’Atlanta où elle doit veiller sur Melanie, après en avoir fait la promesse à Ashley.

Rhett réapparait dans sa vie de manière épisodique pour lui faire des avances.

I love you. Because we’re alike. Bad lots, both of us. Selfish and shrewd. But able to look things in the eyes as we call them by their right names.

 Il reviendra la sauver des Yankees qui gagnent Atlanta après avoir remporté la bataille de Gettysburg. De retour à Tara, Scarlett retrouve un domaine désert. Sa mère est morte. Son père a perdu les pédales. Et il ne reste plus que deux esclaves. Scarlett n’a pas dit son dernier mot.

If I have to lie, steal, cheat or kill. As god is my witness, I’ll never be hungry again!

Elle vole Frank Kennedy (Carroll Nye) au nez et à la barbe de sa soeur Suellen (Evelyn Keyes) afin de payer ses taxes et pouvoir conserver Tara. Leur magasin prospère mais Kennedy meurt également. Rhett ne laisse pas passer sa chance. Il force le destin et se marie avec Scarlett qui lui donne une petite Bonnie. Néanmoins, elle ne lui donnera pas d’autres enfants. Elle fait même chambre à part! Il semble que Scarlett ne parvienne pas à oublier Ashley.

Puis Scarlett fait une fausse couche. Bonnie meurt dans un accident de cheval. Et Melanie décède à son tour. Cet épisode scelle la fin du couple. Rhett, au bout de sa patience, s’en va.

Rhett, if you go, where shall I go? What shall I do??

Frankly my dear : I don’t give a damn.

Scarlett, en larmes, n’a toujours pas dit son dernier mot.

Tara! Home. I’ll go home. And I’ll think of some way to get him back.

ap061005022555

L’EXPLICATION

Autant en emporte le vent, c’est demain est un autre jour.

Un jour ou l’autre, tout est amené à disparaître. Tout, ou presque. Car la terre dure pour l’éternité. C’est ce qu’expliquait d’ailleurs M. O’Hara à sa fille avec beaucoup de fierté. La terre c’est sacré, surtout dans cette contrée sudistes à la culture agricole. Il faut donc préserver la terre. C’est le noyau.

Land is the only thing in the world worth working for, worth fighting for, worth dying for because it’s the only thing that lasts.

Pour le reste, tout peut foutre le camp. La vie conduit à la mort – avec certitude. Les mariages peuvent conduire au divorce. Les amitiés peuvent se déliter. Et les civilisations disparaissent, comme le Sud. Encore que son hospitalité légendaire et ses coutumes traditionnelles (cf Mississippi Burning) lui ont survécu.

On n’a pas vraiment de temps à perdre ou à gaspiller (cf Interstellar). Surtout quand on sait que le temps, c’est finalement ce qu’on a de plus important (cf Lucy).

Malgré toutes les péripéties de la vie, Scarlett ne s’en rend pas compte. Elle se réfugie dans une histoire impossible avec Ashley pour mieux se faire plaindre. C’est son tempérament, dramatique.

My life is over. Nothing will ever happen to me anymore.

Alors que Rhett est de toute évidence, l’homme qui lui faut. Il comprend la comédie du monde. Les nombreux caprices de Scarlett ne fonctionnent pas sur lui. Il sait très bien que les esclaves ne sont pas heureux, comme on essaie de nous le faire avaler. Il sait aussi que les Confédérés se bercent de l’illusion de croire qu’ils peuvent gagner la guerre sans canon. On ne la lui fait pas. Il est comme Georges McFly après le coup de poing (cf Back to the Future). Et en plus il a des faux airs de George Clooney! Scarlett a définitivement besoin d’un homme comme Rhett pour s’épanouir. Depuis leur première rencontre, il lit en elle comme dans un livre ouvert.

He looks like as if… as if he knows what I look like without my shimmy.

Au lieu de ça, Scarlett préfère minauder. Elle joue les Madame Bovary, éternellement insatisfaite. Même quand elle vit avec lui, ses pensées sont pour Ashley. En fait, elle esquive dès qu’elle en a l’occasion. Sa technique est de remettre à demain ce qu’elle peut faire aujourd’hui.

I can’t think about that now. If I do I’ll go crazy. I’ll think about that tomorrow.

Elle repousse tout pour ne pas avoir à prendre ses responsabilités. Elle agit comme une petite fille qui a peur de tout perdre. Alors qu’elle a pourtant tout à gagner à se comporter comme une adulte. Les aléas de la vie vont finir par lui rappeler qu’on n’a qu’une vie et qu’elle passe trop vite. Elle a déjà perdu tout, sauf son identité (Tara), alors il n’y a plus rien à perdre.

After all… tomorrow is another day.

Il est temps pour Scarlett de prendre les choses avec un peu de légèreté. On peut envisager le verre à moitié plein. C’est possible. Scarlett doit sortir du confort de sa maison de poupées pour se confronter au réel, sans peur. Ses esclaves l’ont fait pendant des années, en gardant l’espoir, et ça a finit par payer (cf 12 years a slave). Que cette pimbêche en tire la leçon.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

Commentez ou partagez votre explication

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.