THE MASK

THE MASK

Chuck Russell, 1994

LE COMMENTAIRE

Il faut se méfier de l’eau qui dort. Attention aux anonymes. Aux fantômes du quotidien. Toutes celles et ceux dont les personnalités effacées se font piétiner au quotidien sans même que personne n’y prêt la moindre attention attention (cf Joker). Un jour, elles se relèveront. Vertes de rage.

LE PITCH

Un homme tombe son masque d’employé de banque.

LE RÉSUMÉ

Stanley Ipkiss (Jim Carrey) n’est pas un trader (cf Le Loup de Wall Street), il n’est qu’un vulgaire banquier. Sa cravate est à la hauteur de son manque de caractère. Tout le monde abuse de sa gentillesse.

You’re the nicest guy.

Tina Carlyle (Cameron Diaz) en profite également pour venir en repérage pour le compte de son petit ami Dorian Tyrell (Peter Greene) qui compte cambrioler les lieux.

C’est un peu par hasard que Stanley découvre un masque aux propriétés magiques. Dès qu’il le porte, il se transforme en un personnage haut en couleur, cartoonesque et complètement désinhibé.

When I put on that mask, I can do anything. Be anything.

Derrière le masque, plus rien ne lui fait peur. Certainement pas séduire Tina Carlisle qui lui semblait pourtant hors de portée.

A girl like that is always looking for the BBD: Bigger Better Deal. 

Il attire l’attention de Tina, inquiète les forces de police du Lieutenant Kellaway (Peter Riegert) et suscite la convoitise de Dorian. Celui-ci monte une manigance pour mettre Stanley derrière les verrous et s’emparer de son précieux masque. Il se transforme en une force du mal inarrêtable.

Stanley va devoir trouver en lui un courage qu’il ne soupçonnait pas pour affronter Tyrell. Avec l’air de Tina, et de son chien, il parvient à déjouer les plans du monstre.

Tina avoue être amoureuse de l’homme derrière le masque.

You know that night at the club? I knew I’d found someone special.

The Mask?

No, it was the guy inside the mask. It was you all along. (…) Thanks.

For what?

Lots of things. Sharing the sunset with me. For being the only guy whose ever treated me like a person and not some sort of party favor. For being any kind of romantic. Even a hopeless one.

Stanley se débarrasse définitivement de son objet pour embrasser sa princesse.

L’EXPLICATION

The Mask, c’est réussir à décrocher de la cocaïne.

Stanley Ipkiss est un homme qui souffre d’un déficit de confiance. Persuadé qu’il ne peut intéresser personne, il ne se donne aucune chance d’être aimé. Il surjoue en permanence. Enchaîne les mauvaises blagues les unes après les autres. Épuisant. Une sorte de George McFly (cf Retour vers le Futur) qui sert de pâté pour les mâles alpha ou de confident aux coeurs féminins brisés.

Lorsqu’il veut inviter une collègue à un date, non seulement il échoue mais en plus il propose ses billets afin que la belle puisse aller au rendez-vous avec un autre. Incroyable.

You’re mister Nice guy!

Pour toutes ces raisons, il est un potentiel consommateur de drogues (cf Panique à Needle Park). Sa découverte du masque va d’ailleurs tout changer. Il agit sur lui comme de la cocaïne.

It’s like it brings your innermost desires to life. If deep down you’re a little repressed, and a hopeless romantic, you become some kind of love-crazy wild man.

Stanley sort de son costume de looser pour devenir quelqu’un d’absolument magnétique.

It’s party time!

Plus rien ne lui résiste. Il crève l’écran. Se libère de ses doutes pour suivre son instinct. Stanley se surprend à réaliser des choses dont il se croyait tout simplement incapable (cf Limitless).

It was a dream.

C’était bien là le fameux paradis. Stanley y met un pied marin mais il se sent saisi. Il devient un autre. Basculant dans une autre dimension où il est sur tous les radars.

Porter le masque n’est pas anodin. Cela nécessite d’assumer la popularité qui vient avec. Stanley était habitué à conduire sa vieille voiture pétaradante. À présent, il doit apprendre à piloter une Ferrari.

Le masque lui permet de réaliser son rêve, c’est à dire conquérir le coeur de Tina Carlyle.

Ou plutôt, se prouver qu’il en est capable. Car il semble en être capable. Par contre, pas sans son masque. Pas sans tricher.

La cocaïne l’a d’abord aidé à exister en sortant de lui même. Cependant cette drogue crée une nouvelle dépendance et continue de l’enfermer sur lui-même. Pire, elle le met en danger en lui faisant perdre peu à peu le sens des réalités.

Stanley doit revenir sur terre. Grâce au masque, il a pu comprendre que la vie n’est qu’une histoire d’apparences. Nous jouons tous des rôles, plus ou moins consciemment (cf Truman Show).

We all wear a mask, metaphorically speaking.

Maintenant que Stanley est conscient de cette histoire de masque, il doit réussir le plus dur : s’en affranchir. Se faire suffisamment confiance pour ne plus utiliser de maquillage, ni se poudrer le nez. Plus besoin. L’homme qu’il est, avec sa fragilité, n’en est pas moins prince charmant comme le lui confirme le Dr Neuman (Ben Stein).

Go as yourself and as the Mask because they are both one and the same beautiful person.

Stanley doit réconcilier ses multiples personnalités. Évidemment Tina est sous le charme de ce super héros. Tout comme elle sait que rien de tout cela n’est réel. Impossible d’imaginer un avenir avec le masque. Par contre, on peut vivre avec Stanley. Un homme qui peut accepter sa part d’ennui. Quelqu’un de vrai qui, contrairement à la majorité des hommes, ne la considère pas comme une poupée gonflable.

En vérité, Tina est même touchée par sa dévotion. Alors que tout le monde cherche à rattraper le masque, Stanley se concentre sur celle qu’il aime pour la délivrer du joug de Tyrell. Romantique.

Stanley a donc littéralement fait le plus dur et malgré tout, il est aussitôt rattrapé par ses mauvais réflexes.

You sure you’re not gonna miss this guy? Once he’s gone, all that’s left is me.

Pénible.

Alors Tina prend les devants, en appliquant le précepte d’un philosophe de la fin du XXe siècle: Embrasse-moi idiot. C’est vraiment beaucoup beaucoup mieux que des mots. Embrasse-moi idiot, et j’oublierai tes défauts.

Les voilà tous les deux libérés des fantasmes. Par contre, ils risquent de souffrir un peu le lendemain au moment de la descente. C’est la vraie vie qui commence…

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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