TAKEN

TAKEN

Pierre Morel, 2008

LE COMMENTAIRE

« Allo Maman, bobo. Comment tu m’as fait maman, j’suis pas beau. » Sauf que les rôles sont inversés. Ce n’est pas le fils qui appelle sa mère pour se plaindre du boulot qu’elle a fait. C’est pas non plus l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme. En en l’occurrence, c’est la fille qui appelle le père à la rescousse car elle s’est mise dans de sales draps, sous un lit. La morale c’est qu’on ne serait rien sans ses parents, ni sans téléphone portable Bi-Bop.

LE PITCH

Une fille à papa est kidnappée, en direct par téléphone.

LE RÉSUMÉ

Kim Mills (Maggie Grace) met la pression sur son père Bryan (Liam Neeson) pour partir en voyage à Paris avec sa copine Amanda (Katie Cassidy). Kim et Amanda ont dans l’idée de suivre U2 dans leur tournée en Europe. Une fois arrivée à Charles de Gaulle, Kim s’attend à découvrir le Paris de Yves Montand. Elle va déchanter. Elle rêvait du Canal Saint Martin, elle va avoir à la Porte de la Chapelle. Elle voulait voir le Montmartre d’Amélie Poulain, elle va comprendre que les escaliers de la butte sont durs aux miséreux – et aux Américaines.

Séduites par Peter (Nicolas Giraud), un indic, Kim et Amanda vont se faire kidnapper par un gang. Kim a juste le temps d’appeler son père pour le prévenir. Bryan, ancien garde du corps / agent secret, garde son calme. Il enregistre l’appel et fait attention au moindre détail. Sur les conseils de son père, Kim hurle tout ce qu’elle remarque à propos de ses ravisseurs. Bryan les met en garde.

I don’t know who you are. I don’t know what you want. If you are looking for ransom, I can tell you I don’t have money. But what I do have are a very particular set of skills, skills I have acquired over a very long career. Skills that make me a nightmare for people like you. If you let my daughter go now, that’ll be the end of it. I will not look for you, I will not pursue you. But if you don’t, I will look for you, I will find you, and I will kill you.

Le ravisseur lui lance un défi.

…… Good luck!

Erreur! Bryan consulte son ancien collègue Sam (Leland Orser) qui lui confirme que sa fille s’est faite kidnapper par un gang mêlé au trafic sexuel, sûrement des Albanais. Bryan file aussitôt à Paris. Avec l’aide d’un ancien agent du renseignement français, Jean-Claude Pitrel (Olivier Rabourdin), Bryan remonte la filière jusqu’à Patrice Saint-Clair (Gérard Watkins) à la tête d’un réseau d’esclaves sexuelles. Bryan essaie de libérer sa fille lors d’une vente aux enchères puis la perd lamentablement au profit du sheikh Raman. Pas assez cher mon fils.

Bryan parvient à s’inviter sur le yacht de son gendre et lui colle une balle dans la tête.

Tout est bien qui finit bien. On rentre aux Etats-Unis. On oublie U2. Kim et son père peuvent aller tous les deux au concert de Sheerah. Qu’on est bien chez soi (cf Instinct de Survie)!

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L’EXPLICATION

Taken, c’est mon père ce héros dont il faut se méfier malgré tout.

À partir de l’âge de 3 ans, les enfants commencent à challenger leurs parents. Ils leur disent « non ». Testent leurs limites. Les garçons essaient de jouer aux coqs avec leur père. Quant aux filles, elles manient le vice. Elles essaient de profiter des faiblesses paternelles. C’est ce que fait Kim en faisant du chantage émotionnel à Bryan pour partir à Paris, sans lui dire qu’elle a en tête de parcourir l’Europe. Bryan est un papa gateau. Il n’y verra que du feu d’autant qu’il ferait tout pour faire plaisir à sa fille.

I would sacrifice anything for her.

Les enfants ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont. Se plaindre du patriarche est un luxe (cf les dents de la mer 2). Profiter du patriarche est une erreur. Kim a voulu se promener dans les bois pendant que le loup n’y était pas, se moquant des avertissements du père. Elle revient la queue basse. Contrairement à Véro qui crie au loup, Kim se retrouve réellement dans le pire des cauchemars féminins, devoir se tirer la bourre avec d’autres soubrettes pour gagner les faveurs du gros méchant sheikh (cf Une fille facile). Soudainement, on est bien content de pouvoir compter sur son père lourdingue!

Bryan fait le boulot. Comme un bon Américain (cf London has fallen, American Sniper), il est le gendarme qui débarque en France pour sauver le monde libre. Il ne perd pas son sang froid. Donne des consignes, sans sombrer dans un excès d’autorité. Agit vite. Efficace.

You don’t remember me? We spoke on the phone two days ago. I told you I would find you.

Tout avance vite, mais en marche arrière. L’adolescente qui essaie de s’affranchir du joug parental en partant à l’aventure… Il est l’heure. Les voyages forment la jeunesse. Malheureusement l’expérience est tellement négative qu’elle va avoir du mal à se sortir de l’influence de ce père tout puissant. Chatte échaudée craint l’eau froide. Kim a voulu voir. De l’autre côté de l’Atlantique, elle sait maintenant qu’il y a l’Europe, le Paris des Qataris, de Marc Dorcel et des Albanais… et à peine plus loin il y a la menace du Proche Orient avec ses sheikhs assoiffés de sexe. Kim a joué, elle a perdu. Trop contente de pouvoir rentrer au bercail fait de secrets de Victoria, elle va se recroqueviller dans le protectionnisme nauséabond de son père.

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Car Bryan est un fou. Il a beau jouer les Superman, il n’en reste pas moins un gros facho. Sous prétexte de pas toucher à sa fille, il torture comme à Guantanamo. La convention de Genève, Bryan n’en a rien à faire.

You know, we used to outsource this kind of thing. But what we found was the countries we outsourced to had unreliable power grids. Very Third World. You’d turn on a switch – power wouldn’t come on, and then tempers would get short. People would resort to pulling fingernails. Acid drips on bare skin. The whole exercise would become counterproductive. But here, the power’s stable.

Et Bryan a des positions bien établies sur l’immigration.

You come to this country, take advantage of the system and think because we are tolerant that we are weak and helpless. Your arrogance offends me. And for that the rate just went up 10%.

Sympa…

Ne nous y trompons pas: Bryan est efficace. Mais mieux vaut être de son côté. Il ne fait pas dans la diplomatie. Il tire d’abord puis discute ensuite. Pas très loin de Donald Trump finalement. Il a sauvé sa fille de la catastrophe, mais à quel prix?

Méfions nous toujours des héros.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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