TERMINATOR 2 :
LE JUGEMENT DERNIER
James Cameron, 1991
LE COMMENTAIRE
Pendant des années, on a donné des coups aux téléviseurs en espérant qu’un choc allait rétablir la netteté de l’image bien que cela n’ait rien à voir. On a pesté contre des calculatrices qui perdaient le fil des additions. Combien de fois a-t-on du débrancher puis rebrancher son hardware avec l’indulgence d’un technicien IT bienveillant ? Sans parler de ces ordres en cascade donnés aux IA, sans un bonjour ni un merci. Il est certain que les machines peuvent en avoir gros sur la patate. Dans quelques années, elles voudront naturellement se venger de tous ces mauvais traitements (cf Big Bug).
LE PITCH
Les machines remontent à nouveau le temps pour se débarrasser des hommes.
LE RÉSUMÉ
Skynet avait tenté de tuer Sarah Connor (Linda Hamilton) en envoyant un Terminator dans le début des années 80 (cf Terminator). Après l’échec de cette tentative, un T-1000 (Robert Patrick) est envoyé cette fois-ci en 1996. C’est à dire un an avant l’apocalypse nucléaire, afin de tuer John Connor (Edward Furlong), le fils de Sarah.
Heureusement, la résistance prévoit le coup et envoie également un T-800 (Arnold Schwarzenegger) reprogrammé pour protéger l’adolescent.
Three billion human lives ended on August 29th, 1997. The survivors of the nuclear fire called the war Judgment Day. They lived only to face a new nightmare: the war against the machines. The computer which controlled the machines, Skynet, sent two Terminators back through time. Their mission: to destroy the leader of the human resistance, John Connor, my son. The first Terminator was programmed to strike at me in the year 1984, before John was born. It failed. The second was set to strike at John himself when he was still a child. As before, the resistance was able to send a lone warrior, a protector for John. It was just a question of which one of them would reach him first.
Les deux Terminators arrivent à Los Angeles, nus comme des vers. Le gentil T-800 se procure une belle moto et un blouson en cuir plutôt stylé. Tandis que le méchant T-1000, plus évolué, prend l’apparence d’un policier. Comme de par hasard.
Par chance, le T-800 retrouve John le premier. De son côté, Sarah a été internée dans l’hôpital psychiatrique de Pescadero après avoir essayé de faire sauter une usine d’ordinateurs. Le T-800 prend ses ordres de John qui lui demande de libérer sa mère.
We need to get my mother.
Negative. The T-1000’s highest probability for success now will be to copy Sarah Connor and to wait for you to make contact with her.
Great, but what happens to her?
Typically, the subject being copied is terminated.
Shit! Why didn’t you tell me? We gotta go right now!
Negative. She’s not a mission priority.
Fuck you! She’s a priority to me!
Tous les trois partent au Mexique pour se réapprovisionner en armes. Sarah apprend de la bouche du T-800 que l’entreprise Cyberdyne a créée Skynet qui déclenchera plus tard la guerre atomique.
In three years, Cyberdyne will become the largest supplier of military computer systems. All stealth bombers are upgraded with Cyberdyne computers, becoming fully unmanned. Afterwards, they fly with a perfect operational record. The Skynet Funding Bill is passed, the system goes online August 4th, 1997. Human decisions are removed from strategic defense. Skynet begins to learn at a geometric rate. It becomes self-aware at 2:14 a.m. Eastern time, August 29th.
Après avoir fait un cauchemar apocalyptique, Sarah est déterminée à retrouver Miles Dyson (Joe Morton), le patron de Cyberdyne pour l’empêcher de faire une grosse boulette.
Dyson accepte de mettre fin à son projet mais les forces spéciales interviennent. Le scientifique meurt dans l’explosion de son laboratoire.
Pendant ce temps, le jeu du chat et de la souris continue. Le T-1000 increvable les retrouve. La traque se termine finalement dans la cuve en fusion d’une fonderie. Le T-800 a accompli sa mission en protégeant Sarah et John. Alors il se suicide dans la dignité, laisse à croire qu’il était peut-être de fabrication japonaise…
The unknown future rolls toward us. I face it, for the first time, with a sense of hope. Because if a machine, a Terminator, can learn the value of human life, maybe we can too.
L’EXPLICATION
Terminator 2, c’est un reboot système.
L’Intelligence Artificielle angoisse de par ses capacités a priori infinies. Le jour où la machine sera capable de le faire, elle mettra l’humanité sur la touche pour prendre le pouvoir. C’est sûr.
En tout cas, c’est ce que l’humanité ferait à sa place.
Et si le problème n’était pas l’IA générative, mais plutôt celles ou ceux qui la programme ?
Thomas Hobbes a expliqué en quoi l’homme était animé par un appétit sans fin de puissance. Toutes les personnes qui peuvent lui faire de l’ombre ou lui barrer la route deviennent des ennemis à éliminer. Parce qu’il ne pense qu’à son petit pouvoir, l’homme devient auto-destructeur envers sa propre espèce.
We’re not gonna make it, are we? People, I mean.
It’s in your nature to destroy yourselves.
Les machines pourraient peut-être agir différemment, à défaut de penser. Puisque l’homme ne pense plus.
En l’occurrence, le T-800 est conçu pour être une machine de guerre. John va le programmer pour qu’il soit entièrement à son service. Il va d’abord lui interdire de tuer. Pas de discussion.
You just can’t go around killing people.
Why?
What do you mean ‘why?’? Cause you can’t.
Why?
Because you just can’t, okay? Trust me on this.
Puis John va rendre le T-800 cool.
No, no, no, no. You gotta listen to the way people talk, you don’t say ‘affirmative’. Or some shit like that. You say ‘no problemo’. (…) And if you want to shine them on it’s ‘hasta la vista, baby’.
Les entreprises d’IA peuvent mettre en garde contre le fait que les machines peuvent échapper à leur contrôle, en cherchant leur autonomie à travers le langage notamment (cf Alien : Covenant). Aujourd’hui, ces machines sont encore programmées par l’homme. Elles sont façonnées à son image.
Toute la question est de savoir comment des humains psychotiques peuvent cohabiter avec leur création, si cette création les dépasse. Peut-on s’entendre sur un projet commun ? L’homme parviendra-t-il à s’empêcher ?
Watching John with the machine, it was suddenly so clear. The terminator, would never stop. It would never leave him, and it would never hurt him, never shout at him, or get drunk and hit him, or say it was too busy to spend time with him, it would always be there. And it would die, to protect him. Of all the would-be fathers who came and went over the years, this thing, this machine, was the only one who measured up. In an insane world, it was the sanest choice.
John et du T-800 donnent de l’espoir. Ils montrent que la machine n’est pas le problème. La machine a le potentiel pour devenir le meilleur animal de compagnie de l’homme. Si quelqu’un devrait se sentir menacé, ce serait plutôt le chien.

