NYMPHOMANIAC – VOLUME 2

NYMPHOMANIAC – VOLUME 2

Lars von Trier, 2013

LE COMMENTAIRE

On passe notre vie à tenter d’éduquer nos enfants par le biais de comptines plus ou moins inspirées, et donc plus ou moins efficaces. Mon corps c’est le mien ça n’est pas le tien. Ou encore À dada sur mon bidet, quand il trotte il fait des pets. Des années à répéter ce genre d’inepties pour dresser nos chères têtes blondes. Et pour quel résultat? Des années plus tard, les femmes prennent volontairement la place du cheval dans des positions pour le moins incommodantes.

LE PITCH

Une jeune femme fait le tour de la question et en profite pour boucler la boucle.

LE RÉSUMÉ

Joe (Charlotte Gainsbourg) poursuit son histoire (cf Nymphomaniac – volume 1). Elle n’apprécie guère l’attitude de Seligman (Stellan Skarsgård) qu’elle juge condescendante car ce récit ne semble lui faire ni chaud ni froid. En réalité, le vieil homme est tout simplement un vieux garçon.

Le prochain chapitre concerne les hommes que Joe qualifie de dangereux. À l’époque, elle souffre toujours d’avoir perdu son plaisir. Elle tombe enceinte et souhaite ardemment une césarienne afin de pouvoir retrouver le pouvoir de son vagin. Après la naissance, Jerôme (Shia LaBeouf) comprend bien qu’il va devoir laisser un peu latitude à Joe si il veut qu’elle s’épanouisse sexuellement.

Elle tente une double pénétration avec deux africains, sans que cette expérience soit concluante. Puis elle consulte K (Jamie Bell), un sadique qui consulte sur rendez-vous. Plus elle se rend chez lui et plus elle devient négligente. Un soir où elle brille par son absence, son fils manque de tomber du balcon. Maman était trop occupée à se faire prendre la fessée.

Jerôme avait déjà montré des signes de jalousie (cf L’Enfer). Cette fois s’en est trop, il la quitte et dépose le bébé dans une famille d’accueil car il n’a pas de place pour un enfant dans sa vie. Sympa.

Tout le monde au travail est désormais au courant des habitudes sexuelles de Joe. Sa patronne lui réclame de suivre une thérapie pour soigner son addiction (cf Shame).

Entre temps, Joe cherche à se faire avorter. Devant le refus du médecin, elle s’en occupe elle-même. À l’ancienne.

Sa thérapie de groupe ne la mène nulle part. Après trois semaines, elle claque la porte en insultant tout le monde.

Dear everyone, don’t think it’s been easy, but I understand now that we’re not and never will be alike. I’m not like you, who fucks to be validated and might just as well give up putting cocks inside of you. You already got your bloody kick a long time ago when it turned out that someone was even bothered to fuck you. And I’m not like you. Eat yourself to death if you want. I have no pity for you. All you want is to be filled up and whether it’s by a man or by tons of disgusting slop makes no difference because it’s all just a pathetic attempt at filling out your own resounding emptiness and hiding your ridiculous egocentric self-loathing. And I’m definitely not like you. That empathy you claim is a lie because all you are is society’s morality police whose duty is to erase my obscenity from the surface of the Earth so that the bourgeoisie won’t feel sick. I’m not like you. I am a nymphomaniac and I love myself for being one, but above all, I love my cunt and my filthy, dirty lust.

Enchaînant sur le chapitre suivant, Joe raconte comment elle a rejoint l’organisation criminelle de L (Willem Dafoe) comme agent de recouvrement. Elle rencontre un homme (Jean-Marc Barr) qu’elle n’arrive pas à déchiffrer sexuellement car il est un pédophile refoulé. Pour le récompenser, elle lui fait une fellation – ce qui révolte Seligman et déclenche même une dispute.

No matter how much I try, I can’t find anything laudable in pedophilia.

That’s because you think about the, perhaps 5% who actually hurt children. The remaining 95% never live out their fantasies. Think about their suffering. Sexuality is the strongest force in human beings. To be born with a forbidden sexuality must be agonizing. The pedophile who manages to get through life with the shame of his desire, while never acting on it, deserves a bloody medal.

Sur les conseils de L, Joe forme une apprentie P (Mia Goth) d’une quinzaine d’années. Tous les deux développent des sentiments. Au hasard d’une mission, Joe doit collecter de l’argent de Jerôme (Michaël Pas). Elle préfère laisser P s’occuper de l’affaire. Malheureusement P va développer une liaison avec Jerôme, ce que Joe ne peut supporter. Elle surprend les deux amants en pleine rue et menace de tuer Jerôme, en oubliant d’enlever le verrou de sécurité du revolver. Jerôme la frappe, couche avec sa maîtresse devant Joe. Puis P lui urine dessus.

Soulagée d’avoir vidé son sac, Joe réclame à dormir chez Seligman. Le vieil homme accepte et se permet de poser un diagnostic sur les maux de son invitée. Un peu plus tard dans la soirée, il se permettra aussi d’essayer de la pénétrer, sous prétexte qu’elle a couché avec de nombreux partenaires.

But you… you’ve fucked thousands of men.

Joe le tue puis se rhabille et s’en va.

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L’EXPLICATION

Nymphomaniac – volume 2, c’est tous les mêmes.

Joe fait l’effort de parler de sa vie avec un inconnu. Ce n’est pas forcément évident. Elle a écarté ses jambes tant de fois sans que ça ne veuille dire rien. À présent, elle ouvre des chapitres de sa vie qui sont pénibles, le coeur ouvert, la sensibilité à fleur de peau, s’entretenant de sa relation malsaine avec les hommes… à un homme. Elle parle donc avec le diable.

Seligman n’est même pas un professionnel. Il pourrait avoir l’humilité de rester à sa place. Écouter. Celui qui se revendique neutre trompe pourtant la confiance de Joe car il finit par juger, comme les autres. Il prétend ne rien ressentir, prétextant sa pucellerie. Ce qui ne l’empêche pas de vouloir profiter de la belle malgré tout, pendant qu’elle dort. Seligman n’est finalement qu’un sale hypocrite, comme les autres.

The human qualities can be expressed in one word: hypocrisy.

Il fait mine d’écouter, enchaine des références savantes sans que personne ne le lui demande (cf Da Vinci Code). Le vieux garçon se cache derrière sa condition. Le vieux pervers joue les faibles pour attendrir sa proie mais lui réserve le même traitement que les autres. Seligman pourrait incarner une figure paternelle dont on sait qu’elle compte énormément pour Joe. Il rassure, puis trahit.

We elevate those who say right but mean wrong, and mock those who say wrong but mean right.

Seligman est infiniment décevant. On le voit pitoyable sur ce lit, avec son petit zizi à l’air qui pendouille au bout de ses doigts. Cet andouille n’est même pas foutu de bander correctement. Il réclame en clamant que lui aussi a droit à son petit tour de manège, comme les autres. Tout ce temps pour finir de la sorte. Il ne faut jamais nier aux hommes la possibilité d’être capable du pire. Minable. À ce titre, Seligman ne mérite qu’une petite balle, rien de plus.

Cette homme est l’horizon que la femme doit dépasser : accepter que oui, peut-être, les hommes sont tous les mêmes. On se confie à cet homme comme s’il était son propre père en comptant sur le fait que les papas font preuve de compréhension. On peut dormir tranquille. Ils sont là pour nous protéger.

Joe va accepter que cette croyance puisse s’effondrer, pour mieux se relever. On n’est jamais à l’abri de quoi que ce soit puisque même ce père de circonstance, ce père adoptif d’un soir, cherche à abuser de sa fille quand elle a le dos tourné. Honte à lui.

En se libérant de cet homme, Joe saisit l’occasion de reprendre sa vie en main. Rétablir l’équilibre. Arrêter de courir après un plaisir qui se dérobe sans cesse pour retrouver la jouissance de l’enfance. Ne plus être l’esclave sexuelle des mâles dominants.

L’histoire fut longue et douloureuse mais pas vaine.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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