GRAVITY

GRAVITY

Alfonso Cuarón, 2013

LE COMMENTAIRE

Cela fait des milliers d’année qu’Atlas porte le poids du monde sur ses épaules, condamné par Zeus après sa défaite dans la guerre des Titans contre les Dieux de l’Olympe. Atlas peut rentrer se reposer. La femme prend la relève. Désormais c’est elle qui joue les mécanos dans l’espace. La responsabilité du monde est maintenant à sa charge. L’époque des calendriers Pirelli cochons dans le bureau est bien révolue.

LE PITCH

Deux survivants d’une mission spatiale tentent désespérément de retourner sur terre.

LE RÉSUMÉ

Matt Kowalski (George Clooney) est un vieux de la vieille. Les missions dans l’espace, il connait. C’est un nouveau monde pour le Dr. Ryan Stone (Sandra Bullock). Houston les informe d’un problème, comme d’habitude (cf Apollo 13). Des débris spatiaux provenant d’une station russe arrivent dans leur direction. Pire qu’un orage de grêle.

La communication est coupée. Il faut rentrer sur terre, et vite!

We have to go, we have to go, go, go!

Kowalski et Stone parviennent à regagner la navette Explorer qui a subi des dégâts considérables. L’ensemble de l’équipage est mort.

Les deux rescapés ont 90 minutes avec le nuage de débris ne reviennent sur eux. Kowalski songe à rejoindre la station spatiale internationale qui se trouve à un millier de kilomètres. À pieds, ça use. Dans l’espace, ça ne veut plus dire grand chose.

En route vers la station, les deux astronautes discutent. Stone se confie sur sa fille, morte trop tôt dans un accident. À leur arrivée, ils constatent que la dernière navette Soyuz est hors de fonction. Faite confiance aux Russes… (cf Icarus)

Décision est prise de rejoindre la station Chinoise qui ne se trouve qu’à une petite centaine de kilomètre. Malheureusement, Stone se retrouve emmêlée dans un parachute Russe. Kowalski se détache pour sauver la vie de sa partenaire puis continue de lui parler pour la rassurer, à mesure qu’il dérive dans l’espace. Puis plus rien.

C’mon Matt, talk to me. Tell me where you are, give me your position. Where are you? Give me a visual, tell me what you see. C’mon, you’ve been yammering since we left Cape Canaveral, now you decide to shut up? Talk to me! Just say something, say anything, I don’t care!

Stone atteint la station Chinoise sans pouvoir établir un contact radio. Elle est désormais toute seule. Elle tente une manoeuvre : se rapproche de Soyuz. Elle traverse à nouveau le nuage de débris pour découvrir qu’il n’y a plus d’essence. Décidément…

Résignée, elle coupe son oxygène. Sorti du chapeau, Kowalski réapparait pour re-motiver Stone.

Listen, do you wanna go back, or do you wanna stay here? I get it. It’s nice up here. You can just shut down all the systems, turn out all the lights, and just close your eyes and tune out everyone. There’s nobody up here that can hurt you. It’s safe. I mean, what’s the point of going on? What’s the point of living? Your kid died. Doesn’t get any rougher than that. But still, it’s a matter of what you do now. If you decide to go, then you gotta just get on with it. Sit back, enjoy the ride. You gotta plant both your feet on the ground and start livin’ life. Hey, Ryan? It’s time to go home.

Il lui suggère d’utiliser l’une des fusée de Soyuz pour se propulser dans l’atmosphère. Idée judicieuse. Stone qui était en train d’halluciner reprend ses esprits et se re-mobilise. Sa manoeuvre fonctionne : la voilà en route vers la terre!

Un malheur n’arrive jamais seul. La capsule chinoise a été endommagée et prend feu. Par miracle, elle finit sa course dans un lac. Stone peut s’en extraire et nager vers la rive. Elle fait véritablement ses premiers pas sur terre, avec une petite pensée émue pour Kowalski dont le sacrifice lui a permis de continuer à vivre.

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L’EXPLICATION

Gravity, c’est la femme aux commandes.

Prolongeant la prophétie du professeur Malcolm, le Professeur Sattler avait ainsi affirmé : Dieu créée l’homme. L’homme détruit Dieu. L’homme créée les dinosaures. Les dinosaures détruisent l’homme. La femme hérite de la terre. (cf Jurassic Park). Elle avait raison, sans besoin des dinosaures.

Dans l’espace, l’Humanité est livrée à elle-même. Il ne reste plus qu’Adam / Kowalski et Eve / Stone. Leur collaboration est d’abord délicate puisque l’homme a tendance à jouer les patriarches sans qu’on ne lui ait rien demandé, ce qui a le don d’énerver Stone. Les deux ont un peu de mal à se supporter.

I had to listen to endless hours of your storytelling this week…

Il faut dire qu’ils sont profondément différent. Kowalski adore papoter, ce qui n’est pas le cas de sa partenaire.

So, what do you like about being up here?

The silence.

Premier problème, ou opportunité : on ne peut pas divorcer dans l’espace. Il faut donc faire avec.

Second problème, ou opportunité : Les débris. Ils représentent les aléas de la vie qui se présentent selon des cycles orbitaux bien réglés. Face aux difficultés, le couple va sortir renforcé (cf La Guerre est déclarée) grâce à sa complémentarité.

La femme assume parfaitement son état de panique.

What do I do? What do I do??

De son côté, l’homme maîtrise, en toute circonstance. Il est sûr de lui.

We’re going back to the shuttle.

Et puis la femme commet une erreur d’inattention qui compromet le couple. Bravo. Heureusement que l’homme est gentleman par nature et qu’il sait s’effacer pour laisser la place à sa compagne (cf Titanic, A Star is born, Mad Max). Les femmes et les enfants d’abord.

Avec lui disparait un machisme un peu old-school, qu’on regrette déjà.

I know I’m devastatingly good looking but you gotta stop staring at me.

Disparait également avec lui l’art du compliment.

You’re the genius up here. I only drive the bus.

Mais également quelques bons conseils.

You’ve got to learn to let go.

Stone a la sagesse de s’en inspirer plutôt que de les ignorer. Certes, elle pilote seule pour la première fois. Mais elle a une bonne étoile. Elle a encore besoin que le fantôme du mâle lui botte un peu les fesses de temps en temps pour se reprendre, surtout lorsqu’elle perd espoir.

You just point the damned thing at Earth! It’s not rocket science.

Alors que l’homme était insupportable de certitudes, la femme se perd dans ses doutes.

I know, we’re all gonna die. Everybody knows that. But I’m going to die today. Funny that… you know, to know. But the thing is, is that I’m still scared. Really scared. Nobody will mourn for me, no one will pray for my soul. Will you mourn for me? Will you say a prayer for me? Or is it too late… ah, I mean I’d say one for myself but I’ve never prayed in my life. Nobody ever taught me how… nobody ever taught me how…

Ces questions sont un moteur. Grâce à son instinct de survie, la femme s’accroche. Elle trouve un second souffle. Stone montre des ressources insoupçonnées : du courage et une créativité qui lui permettent de se remettre en direction de la vie sur terre. Car elle est portée par son devoir. Atlas portait le monde. Stone le fait tourner. Nous avons besoin d’elle.

Ses premiers pas sur terre sont hésitants, mais elle est revenue. Nous sommes entre de bonnes mains. Houston, nous avons une solution.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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