HARRY POTTER
ET LES RELIQUES DE LA MORT
2E PARTIE
David Yates, 2011
LE COMMENTAIRE
À l’époque napoléonienne, les soldats gravement blessés se faisaient souvent amputer. Pour étouffer leurs cris, on leur plaçait une pipe en terre cuite entre les dents. Si l’amputation se passait mal, les muscles de la mâchoire se décontractaient automatiquement, libérant la pipe qui tombait par terre et se brisait. Aujourd’hui, on casse soi-même sa pipe. C’est plus pratique.
LE PITCH
La lutte finale contre les forces du mal touche à sa fin.
LE RÉSUMÉ
Les inséparables Harry Potter (Daniel Radcliffe), Hermione Granger (Emma Watson) et Ron Weasley (Rupert Grin) trouvent un horcruxe dans le coffre fort de Bellatrix Lestrange (Helena Bonham Carter) puis le détruisent. Voldemort (Ralph Fiennes) enrage.
Le trio retourne ensuite au chateau. Harry y trouve le Diadème de Rowena Serdaigle pendant que Ron et Hermione s’emparent des crochets de Basilic dans la chambre des secrets leur permettant de détruire les derniers horcruxes.
Voldemort s’agace que la baguette de sureau ne semble pas lui obéir. Il pense que Severus Rogue (Alan Rickman) en est la cause et le tue, via son serpent. Avant de mourir, Potter capte quelques larmes sur le visage de son ancien professeur, lui permettant de plonger dans ses souvenirs : Rogue était éperdument amoureux de la mère d’Harry.
C’est lui qui a demandé à Dumbledore (Michael Gambon) de mettre le petit à l’abri. Lui qui a tué le magicien qui se savait condamné, à sa demande, pour mieux tromper l’ennemi.
Harry découvre qu’une partie de Voldemort sommeille en lui, ce qui fait de lui un horcruxe. Il doit donc mourir lui-aussi.
A part of Voldemort lives inside him.
So when the time comes… the boy must die?
Acceptant son sort, il se rend dans la forêt où l’attend Voldemort.
Harry Potter, the boy who lived… come to die.
Victime du sortilège du magicien noir, Harry Potter retrouve son mentor dans un monde parallèle. Dumbledore l’informe que Voldemort n’a en fait tué qu’une partie de son âme. Harry n’est pas vraiment mort.
Avec la complicité de Narcissa Malfoy (Helen McCrory), Harry surprend Voldemort et s’engage dans une ultime bataille. Ailleurs dans le château, Fred Weasley (James Phelps), Remus Lupin (David Thewlis) et Nymphadora Tonks (Natalia Tena). Molly Weasley (Julie Walters) se défait de Bellatrix Lestrange.
Hermione et Ron viennent à bout de Nagini, le dernier horcruxe, permettant à Harry de retourner l’issu de la bataille. Désormais vulnérable, le Seigneur des Ténèbres est victime de son propre sortilège. Il retourne à l’état de poussière. C’est fini.
Alors que plus rien ne peut l’arrêter, Harry décide cependant de rompre sa baguette.
Quelques dix-neuf années plus tard, Harry, Ginny (Bonnie Wright), Ron et Hermione se retrouvent à la gare. C’est au tour de leurs enfants de prendre le train pour Poudlard.
L’EXPLICATION
Harry Potter et les Reliques de la Mort, c’est un rêve qui ne s’arrête jamais.
Quand on est petit·e, on a naturellement envie que tout tourne autour de soi. Le monde s’arrête au nombril.
Depuis qu’il s’imagine à Poudlard, le jeune Potter s’est fait bien des films : Reconnaître son statut de surdoué (cf Harry Potter à l’Ecole des Sorciers), dépasser les préjugés (cf Harry Potter et la Chambre des Secrets), vaincre ses peurs (cf Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban), apprendre à s’appuyer sur ses ami·es (cf Harry Potter et la Coupe de Feu), oser mener la fronde (cf Harry Potter et l’Ordre du Phénix) dans un monde pas toujours très net (cf Harry Potter et le Prince de Sang mêlé) et en acceptant des conséquences parfois pénibles (cf Harry Potter et les Reliques de la Mort, 1e partie).
Pour aller au bout de son rêve, il doit être capable de réaliser l’impossible. Il doit être prêt à donner sa vie, lui aussi. Faire tapis, en honneur à ses convictions (cf Des Hommes d’Honneur).
It is the quality of one’s convictions that determines success, not the number of followers.
Harry Potter a envie de s’imaginer comme quelqu’un qui n’a plus peur.
I’m ready to die.
La peur de la mort, c’est pour les nuls comme Voldemort si farouchement accroché à la vie qu’il est prêt à faire n’importe quoi, y compris commettre tous les crimes.
Only I can live forever.
Harry Potter s’imagine comme étant au delà de ces basses considérations égoïstes parce qu’il est mortel, et surtout parce qu’il s’inscrit dans une grande Histoire. Histoire dans laquelle figure à jamais des personnes illustres comme ses parents, Sirius Black (Gary Oldman) ou encore Dumbledore qui s’est sacrifié lui-aussi.
Tout comme Severus Rogue qui a du ravaler sa rancoeur de voir son amoureuse choisir l’arrogant James Potter et qui a malgré tout défendu le fils d’un autre, au nom de celle qu’il aimait.
After all this time?
Always.
Tous ces soldats ont donné leur vie pour la juste cause, ce qui leur permettra de vivre pour toujours (cf At Eternity’s gate).
Tout le contraire de Voldemort qui ne mérite pas la postérité. Ce monstre n’inspirait que la crainte et son nom finira par s’effacer à force de ne plus être prononcé.
Quand il se rend dans la forêt, Harry Potter finit d’accomplir sa mue. En parvenant à dépasser sa petite personne, cette expérience révélatrice lui offre une nouvelle perspective. Pour la première fois, il ne sait plus s’il rêve ou pas. Il a vraiment envie que ses projections se réalisent.
Is this all real? Or is it just happening inside my head?
Of course it’s happening inside your head, Harry. Why should that mean that it’s not real?
La mission d’Harry n’est pas kamikaze. Il ne cherche pas à devenir un martyr mais meurt pour que les autres puissent vivre. Plus rien ne peut l’atteindre désormais. Le fait qu’il soit prêt à se jeter dans le vide lui ouvre les portes de la liberté.
Do not pity the dead, Harry. Pity the living and above all, those who live without love.
Le triomphe modeste, Harry ne fait pas l’erreur de succomber à la vanité (cf L’Associé du Diable). Il aurait été facile de régner sur le monde grâce à la baguette de sureau, ce qui aurait sûrement permis au Dark Lord de réapparaître sous une forme ou une autre. Harry préfère rendre le pouvoir, avec beaucoup de sagesse (cf Gladiator). Ce que personne ne fait évidemment. On est dans une hallucination depuis le début.
L’aventure de Potter est terminée. À présent, il est un adulte et doit affronter le réel en retournant bosser à la mine (cf Brazil). Pas de regret. Il a bien profité. Avant de se réveiller, il s’imagine passer la main à son fils, Albus Severus, qui ira quand même à Poudlard plutôt qu’à l’école publique des moldus. On ne mélange toujours pas les torchons avec les serviettes. Même pas en rêve.

