BORAT

BORAT

Larry Charles, 2006

LE COMMENTAIRE

Lorsqu’on se regarde danser rétrospectivement, on a toujours l’air d’un con. Sauf lorsqu’on s’appelle John Travolta (cf La Fièvre du Samedi Soir, Pulp Fiction), Patrick Swayze (cf Dirty Dancing) ou Louis de Funès (cf Les Aventures de Rabbi Jacob). Les images n’épargnent personne. Quand on veut s’amuser en souscrivant au folklore du moment, on en paie le prix dans le temps.

LE PITCH

Un reporter kazakh part en Amérique pour apprendre la vie.

LE RÉSUMÉ

Borat Sagdiyev (Sacha Baron Cohen) vit à Kuçzek au Kazakhstan. Il part en mission aux États-Unis, mandaté par le Ministère de l’Information pour comprendre comment améliorer le niveau de vie de son pays.

Although Kazakhstan a glorious country, it have a problem, too: economic, social, and Jew.

Après un long voyage, Borat arrive à New York assisté d’Azamat Bagatov (Ken Davitian). Il essaie d’établir le contact avec des locaux dans le métro ou dans la rue, sans grand succès.

What is your name?

My name is mind your fucking business.

Borat parle un anglais approximatif et ses manières interrogent. À l’hôtel, il regarde un épisode de Alerte à Malibu et tombe amoureux de Pamela Anderson.

This C.J. was like no Kazakh woman I have ever seen. She had golden hairs, teeth as white as pearls, and the asshole of a seven-year-old. For the first time in my lifes, I was in love.

Borat reçoit un télégramme. Il apprend une triste nouvelle, avec joie. Sa femme est morte.

My wife is dead? … High five!!

Borat traverse le pays pour se rendre en Californie et rencontrer l’actrice. Pour cela, il doit passer son permis de conduire et se procurer un véhicule.

Au cours de son voyage, Borat fait la rencontre de membres de la communauté gay à la marche des fiertés.

You telling me… the man who try to put a rubber fist in my anus was… a homosexual?

Il prend la parole pour chanter l’hymne national lors d’un rodéo et se fait siffler. Plus tard, il panique lorsqu’il réalise que le bed and breakfast où il a fait une halte est tenu par un couple juif.

La voiture tombe en panne. Borat fait de l’autostop. Des étudiants de Caroline du Sud le font monter à bord. Il découvre avec horreur que Pamela Anderson n’est pas vierge. Ce qui ne le décourage pas de poursuivre son périple.

The only thing keeping me going was my dream of one day holding Pamela in my arms and making romance explosion on her stomach.

À Los Angeles, Borat a la chance de voir l’actrice lors d’une séance de dédicaces. Il la demande en mariage. Pamela Anderson décline poliment.

Pamela, will you marry me?

Uh… no thanks. I’m sorry.

Agreement not necessary.

Puis Borat tente de l’enlever en lui mettant un sac sur la tête. La sécurité intervient aussitôt. Borat est immédiatement expulsé. Il retourne au Kazakhstan en compagnie d’une professionnelle (Luenell Campbell) qui est devenue sa femme. Son village est désormais équipé des dernières technologies.

L’EXPLICATION

Borat, c’est le choc des cultures.

Le fossé se creuse entre les classes sociales (cf Merci Patron!) mais aussi entre les civilisations. Certaines sont riches avec un confort de vie élevé – pas forcément pour tout le monde (cf Parasite). Tandis que d’autres sont à la traine. La grande partie de la population y vit dans des conditions archaïques (cf Capharnaüm).

C’est le cas de Borat qui représente un Kazakhstan caricatural : patriarcal, obtus, incestueux, antisémite et vulgaire. Son style est ridicule. Il en est presque drôle tellement cela parait exagéré.

Son séjour aux États-Unis va constituer un véritable choc des cultures dans la mesure où il s’agit de la rencontre entre quelqu’un issu du trou du cul du monde, et les habitants d’un pays qui faisait rêver Joe Dassin. La manière d’être et de penser de Borat est aux antipodes des standards américains. Il suffit de l’entendre parler à des représentantes d’un mouvement féministe.

Listen pussycat please smile a bit.

À de nombreuses reprises, il va choquer ses hôtes dont certain·es gardent parfois leur calme devant cet étranger sidérant.

That wouldn’t be funny in America…

Certain·es sont tellement surpris de son attitude qu’ils ou elles préfèrent carrément en rire.

D’autres ne s’embarrassent pas et appellent la police.

Que peut-on retenir de son voyage ?

Tout d’abord que l’on a encore une fâcheuse tendance à juger la culture des autres au prisme de ses propres repères, comme s’ils faisaient autorité. À Kuçzek, on peut être amené à devoir courir après les poules. On n’y est certainement moins habitué dans le métro de New York. Il y a des choses qui ne se font pas. Borat est considéré comme un indigène qui amuse, ou qui inquiète.

Il est peut-être plus choquant encore de constater que ces cultures sont finalement moins éloignées qu’elles n’en ont l’air. Au sens où l’Amérique peut faire peur elle-aussi (cf L’Âme divisée de l’Amérique). Lorsque Borat demande conseil pour acheter une arme afin de se protéger des Juifs, le vendeur ne saute pas au plafond. Au contraire, il répond précisément.

What is the best gun to defend from a Jew?

…. I would recommend a 9mm or a 45. 

Il en va de même avec le concessionnaire automobile. Sa conception du service client fait qu’il ne relève même pas le propos sexiste. Chaque question, même la plus imbécile, doit trouver une réponse commerciale appropriée.

I want to have a car that attract a woman with shave down below.

Well that would be a Corvette, or a Hummer.

Enfin, il n’est malheureusement pas surprenant de voir que l’homme des cavernes se comporte de la même manière qu’il vienne des États-Unis, du Kazakhstan ou d’ailleurs (cf Harvey Weinstein).

L’Américain moyen, s’il le pouvait, n’hésiterait sans doute pas à coller lui-aussi un sac sur la tête d’une femme rendue objet par l’industrie marketing pour mieux faire saliver les hommes (cf Barbie).

Lorsque Borat rentre chez lui et qu’il importe quelques produits américains, on peut se demander s’il a véritablement rempli sa mission. Son Kazakhstan n’a pas beaucoup évolué. L’herbe n’est décidément pas plus verte ailleurs.

LE TRAILER

Cette explication de film n’engage que son auteur.

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