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Y’A-T-IL UN PILOTE DANS L’AVION ?

Y’A-T-IL UN PILOTE
DANS L’AVION ?

Jim Abrahams, David Zucker, Jerry Zucker, 1980

LE COMMENTAIRE

Tout le corpus philosophique insiste sur l’importance de se concentrer d’abord sur soi-même. Pas dans un sens égoïste mais plutôt pour comprendre quelle est sa place au sein d’un système, sans se laisser influencer et pouvoir prendre ses propres décisions en son âme et conscience d’une manière rationnelle. Facile à dire. Parfois on préférerait avoir un casque anti-bruit plutôt que d’entendre tout ce qu’on entend.

LE PITCH

Un vol aérien est en danger à cause d’une intoxication alimentaire.

LE RÉSUMÉ

L’équipage du Los Angeles – Chicago se prépare pour le décollage. Les derniers passagers embarquent. Ted Striker (Robert Hays) prend un billet à la dernière minute en espérant pouvoir parler à son ex Elaine Dickinson (Julie Hagerty) qui travaille comme stewardess sur ce vol (cf Rien à Foutre).

La vie avec Ted n’était plus possible. Ancien pilote de l’US Air Force (cf Top Gun), Ted souffre de syndrome post-traumatique. Il ressasse les histoires du passé et fait face à un sérieux problème d’alcoolisme.

Le dîner est servi. Tout le monde va pouvoir dormir. Quand soudain, certains passager se sentent mal. Le Dr Rumack (Leslie Nielsen) est formel : le poisson n’était pas frais.

It starts with a slight fever and dryness of the throat. When the virus penetrates the red blood cells, the victim becomes dizzy, begins to experience an itchy rash, then the poison goes to work on the central nervous system, severe muscle spasms followed by the inevitable drooling. At this point, the entire digestive system collapses accompanied by uncontrollable flatulence. Until finally, the poor bastard is reduced to a quivering wasted piece of jelly.

Malheureusement, le capitaine Clarence Oveur (Peter Graves) et son assistant Roger Murdock (Kareem Abdul-Jabbar) ont mangé du poisson. Ils se retrouvent dans l’incapacité de piloter l’avion. Elaine lance une annonce.

Ladies and gentlemen, this is your stewardess speaking… We regret any inconvenience the sudden cabin movement might have caused, this is due to periodic air pockets we encountered, there’s no reason to become alarmed, and we hope you enjoy the rest of your flight… By the way, is there anyone on board who knows how to fly a plane?

Ted parvient à surmonter sa peur et prend les commandes pour l’atterrissage, avec l’aide de Rex Kramer (Robert Stack), son ancien commandant dans l’armée et qui est désormais reconverti dans l’aviation civile.

Encouragé par Elaine et Rumack, Ted parvient à stabiliser l’avion sur la piste et ne causer que quelques blessures mineurs parmi les passagers (cf Sully).

Elaine se remet avec Ted parce que, quand même, il a prouvé son héroïsme.

L’EXPLICATION

Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion ?, c’était une époque où l’homme blanc hétéro incarnait la figure du sauveur incontournable.

Un poète noir de la fin du XXe siècle affirmait que les temps changent. Cette réalité n’est pas forcément facile à intégrer pour tout le monde (cf No Country for Old Men), en particulier les réactionnaires de tout poil.

On ne peut pourtant pas dire que la société évolue vers le pire.

Aujourd’hui, on peut manger au restaurant, prendre le train ou l’avion sans être incommodé·e par de la fumée de cigarette comme à l’époque de Claude Sautet (cf Vincent François Paul et les Autres, Max et les Ferrailleurs, César et Rosalie). Même du point de vue de l’odeur de tabac froid, c’est incontestablement mieux.

Sur le plan de la santé, le nombre de cancers a doublé depuis les années 80 parce qu’on le dépiste mieux. Et le risque de mortalité associé a baissé. C’est quand même pas mal.

Certes, les réseaux sociaux créent de la dépendance et abrutissent la planète entière (cf The American Meme). Mais internet a par ailleurs démocratisé l’accès au savoir et permis l’émergence de certaines formes de contre-pouvoir informationnels (cf Les nouveaux Chiens de Garde). L’intelligence artificielle va bouger aussi beaucoup de choses, et pas qu’en mal.

Tout n’a pas toujours été aussi rose. Il fut une époque où un enfant pouvait se permettre de confondre ouvertement un homme avec un joueur de basket sur la simple base d’un préjugé raciste. Comme si les noirs n’étaient pas capables d’être pilotes de ligne (cf Flight).

Wait a minute. I know you! You’re Kareem Abdul-Jabbar, you play basketball for the Los Angeles Lakers.

I’m sorry, son, but you must have me confused with someone else. My name is Roger Murdock. I’m the co-pilot.

Une époque où l’on pouvait poser des questions déplacées à des enfants. (cf 1 sur 5).

You ever been in a cockpit before?

No sir, I’ve never been up in a plane before.

You ever seen a grown man naked? Joey… Have you ever been in a Turkish prison? Do you like movies about gladiators?

Une époque où une femme se définissait à travers son mari.

Well, to be honest, I’ve never been so scared. But at least, I have a husband.

Une époque où des passagers se relayaient pour calmer à coups de claques dans la tête une femme qualifiée d’hystérique, alors qu’elle était logiquement inquiète des turbulences.

Un temps où un passager pouvait quitter le cockpit un peu gêné d’avoir cru voir une hôtesse en train de pratiquer une fellation à une poupée gonflable. Parce que c’était forcément normal à l’époque. La même hôtesse pouvait plus tard se défaire de cette poupée gonflable un peu trop collante. La notion de harcèlement sexuel n’était pas encore inscrite dans le droit français.

Cela parait incroyable. Il est encore plus incroyable d’imaginer que l’on pouvait plaisanter de tout cela.

Savait-on mieux manier l’ironie à l’époque, avec des passagers en danger de mort parce que les pilotes ont la nausée (cf Sans Filtre) ?

The life of everyone on board depends upon just one thing: finding someone back there who can not only fly this plane, but who didn’t have fish for dinner.

Ou se rend-on plutôt compte aujourd’hui que c’était immanquablement les mêmes qui rigolaient, au détriment d’autres pour qui le sujet n’était évidemment pas drôle ?

C’était une autre époque que certain·es regrettent, au prétexte d’une soi-disante insouciance ou liberté de moeurs. Comme si l’on ne pouvait plus rien dire ou plus rien faire aujourd’hui.

Pourtant, il reste encore beaucoup de dossiers sur la table : la xénophobie, le dopage dans le sport, la pédophilie (cf les Chatouilles), l’homophobie, la misogynie et les violences faites aux femmes (cf American Murder), le harcèlement, les abus sexuels (cf Promotion Canapé, Harvey Weinstein, Comme si de rien n’était)…

Au moins, on ne vit plus dans un monde où l’homme blanc hétéro est le seul recours.

Heureusement pour l’homme blanc hétéro, qui n’a plus à supporter le poids de cette lourde responsabilité qu’on lui confiait sans réfléchir. Il était injuste de lui coller autant de pression.

Surtout, heureusement pour les autres qui ont maintenant la possibilité de montrer leur bravoure.

Quand il n’y a plus de pilote à bord, on ne se tourne plus forcément vers l’homme blanc hétéro pour jouer les pompiers de service. L’homme de la situation peut être une femme. Un·e personne LGTBQA+ pourrait également faire le job. Pourquoi pas un·e noir·e ou un·e asiatique ?

Peut-être pas un·e arabe par contre. Les arabes qui pilotent des avions n’ont pas laissé que de bons souvenirs aux États-Unis (cf Fahrenheit 9/11).

LE TRAILER

Cette explication de film n’engage que son AUTEUR.

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