MIDNIGHT IN PARIS

MIDNIGHT IN PARIS
Woody Allen, 2011

LE COMMENTAIRE

Paris est moins visitée que Londres : 17 millions de touristes en 2017 contre 20 millions pour la capitale anglaise, malgré le Brexit (source : Forbes). La ville lumière reste malgré tout exceptionnelle. Son patrimoine culturel est unique. Quoi de plus romantique que de longer les quais de Seine ou marcher la nuit dans le Quartier Latin? C’est en tout cas bien plus agréable que de faire son shopping de Noël un samedi aux Halles ou de commencer son week-end bloqué dans le RER A.

LE PITCH

Un scénariste américain est en vacances à Paris.

LE RÉSUMÉ

Gil Pender (Owen Wilson) passe quelques jours à Paris avec sa douce fiancée Inez (Rachel McAdams) et ses riches parents. Gil a du succès grâce à des blockbusters de piètre qualité. Il aimerait profiter d’être à Paris pour écrire une oeuvre dont le thème serait la nostalgie. Inez l’encourage à ne pas s’acharner. Sa formule fonctionne. Pourquoi changer? Elle ne comprend pas la passion de l’artiste. Son ambition à elle c’est de s’installer à Malibu.

Le couple fait la rencontre de Paul (Michael Sheen) et Carol (Nina Arianda), des amis d’Inez. Paul se bombarde guide et va même jusqu’à contredire la guide officielle du Musée Rodin (Carla Bruni) – ce qui agace Gil qui prétexte de vouloir rentrer à pieds pour être un peu seul.

C’est alors qu’un carrosse vient le chercher pour le faire voyager dans le Paris des années 20. Il rejoint une fête où il fait la rencontre de Cole Porter (Yves Heck), Zelda (Alison Pill) et Scott Fitzgerald (Tom Hiddleston). Il aperçoit Joséphine Baker (Sonia Rolland) puis demande son opinion à Ernest Hemingway (Corey Stoll).

Would you read it?

Your novel?

Yeah, it’s about 400 pages long, and I’m just looking for an opinion.

My opinion is I hate it.

Well you haven’t even read it yet.

If it’s bad, I’ll hate it because I hate bad writing, and if it’s good, I’ll be envious and hate all the more. You don’t want the opinion of another writer.

Bouleversé par cette nuit improbable, Gil tente de raconter son expérience à Inez qui reste hermétique. Gil s’offre une nouvelle nuit parisienne. Hemingway l’introduit à Gertrude Stein (Kathy Bates). Chez la dramaturge, il rencontre Picasso (Marcial Di Fonzo Bo) et tombe amoureux de sa muse Adriana (Marion Cotillard).

Les nuits s’enchaînent. Gil sympathise avec Salvador Dalí (Adrien Brody), Man Ray (Tom Cordier), and Luis Buñuel (Adrien de Van). Il est comme un poisson dans l’eau.

Tandis qu’Inez continue son tour de France avec ses parents au Mont Saint Michel, Gil fait la rencontre de Gabrielle (Léa Seydoux), une antiquaire. Il retrouve dans un vieux livre un message d’amour Adriana qui lui est destiné. Il la retrouve la nuit suivante pour un voyage à la Belle Époque qu’elle considère être l’âge d’or de Paris. Au Moulin Rouge, ils croisent  Henri de Toulouse-Lautrec (Vincent Menjou Cortes), Paul Gauguin (Olivier Rabourdin) et Edgar Degas (François Rostain). Ils discutent ensemble de la Renaissance puis s’accordent à dire que chaque époque peut ressemble à un triste présent. Le plus important c’est de vivre avec son temps.

Nostalgia is denial – denial of the painful present… the name for this denial is golden age thinking – the erroneous notion that a different time period is better than the one one’s living in – it’s a flaw in the romantic imagination of those people who find it difficult to cope with the present.

Gil se remet à son roman et s’interroge sur le fait que le personnage principal, inspiré de lui, n’a pas remarqué que sa fiancée, inspirée d’Inez, a une affaire avec un homme qui pourrait être Paul. Gil confronte Inez qui avoue le tromper. Gil ne s’énerve pas. Il la quitte calmement et décide de rester vivre à Paris, peut-être avec Gabrielle.

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L’EXPLICATION

Minuit à Paris, c’est quitter le côté obscur de la force.

Inez représente le monde dont Gil aimerait pouvoir se défaire. C’est l’Amérique et ses gros sabots. Inez préfère la vulgarité de Malibu à la sophistication parisienne. Elle est séduite par l’arrogance de Paul. Elle ne comprend pas le délire de son fiancé.

You’re in love with a fantasy!

Einstein parlait du côté mystérieux de la vie et prônait la simplicité plutôt que la simplification. Inez et sa famille simplifient tout. Tout est blanc ou noir. Si on n’est pas capitaliste, on est forcément un communiste, donc un ennemi du bien.

You always take the side of the help. That’s why Daddy says you’re a communist.

Si on n’est pas progressiste, on ne peut être que populiste.

Gil est aux antipodes de tout ça. Il est un Américain à la solde d’Hollywood qui souffre à l’idée de servir le néant culturel (cf Neverending story). Les blockbusters auxquels il participe anesthésient la pensée plutôt qu’elle ne la stimule. Comme Riggan Thompson (cf Birdman), il aimerait se prouver qu’il est capable de mieux faire. Comme beaucoup de professionnels en quête de sens (cf Promised Land), il se dit que son talent pour être utilisé à meilleur escient. C’est un romantique. Lorsqu’Adriana s’interroge sur Paris, Gil lui apporte une réponse toute en nuance.

I can never decide whether Paris is more beautiful by day or by night.

No, you can’t, you couldn’t pick one. I mean I can give you a checkmate argument for each side. You know, I sometimes think, how is anyone ever gonna come up with a book, or a painting, or a symphony, or a sculpture that can compete with a great city. You can’t. Because you look around and every street, every boulevard, is its own special art form and when you think that in the cold, violent, meaningless universe that Paris exists, these lights, I mean come on, there’s nothing happening on Jupiter or Neptune, but from way out in space you can see these lights, the cafés, people drinking and singing. For all we know, Paris is the hottest spot in the universe.

Qu’est-ce que Gil fait avec Inez? Qu’est-il venu chercher à Paris? Gertrude Stein va lui apporter une réponse.

We all fear death and question our place in the universe. The artist’s job is not to succumb to despair, but to find an antidote for the emptiness of existence.

En tant qu’artiste, il doit arrêter de regarder sans cesse en arrière avec admiration. Ceux qui ont fait Paris lui rappellent que seul le présent mérite d’être vécu, bien qu’il soit toujours insatisfaisant. Gil fait l’expérience du carpe diem (cf Dead Poet Society). Le présent, il peut l’investir maintenant. C’est pourquoi il laisse Inez repartir vers Donald Trump. Gil va pouvoir vivre heureux à St Germain des Prés, loin des banlieues (cf La Haine), à siroter des Spritz pendant que les gilets jaunes rejouent les Misérables sur les Champs-Elysées.

LE TRAILER

Cette explication n’engage que son auteur.

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